30 octobre 2014

White Fence - For the Recently Found Innocent (2014)

S'il y a bien un artiste californien que l'on souhaitait voir évoluer, c'est bien White Fence. Il faut dire qu'après cinq galettes enregistrées dans son appartement, des dizaines de titres noyées sous des couches de filtres et d'échos et nécessitant de l'auditeur un effort conséquent pour en apprécier la valeur, tout cela risquait à un moment ou un autre de se répéter voire de sentir le renfermé...
On espérait de Presley qu'il fasse respirer ses compositions qui n'ont pas besoin de ces effets pour briller de mille feux. En gros on attendait de lui qu'il nous ponde un album studio dans la veine de son génial album live (Live In San Francisco).
Celles et ceux qui ont eu la chance d'assister à une prestation scénique du garçon le savent : c'est sur scène qu'il donne la pleine mesure de son talent. C'est sans fard que la fulgurance de ces titres s'impose.
A ce titre, avec ce For the Recently Found Innocent on est comblé. Enregistré chez Ty Segall à Los Angeles où ce dernier s'est bâti un studio d'enregistrement, il permet d'écouter un White Fence (presque) à nu.
S'il n'en abandonne pas pour autant les artifices qui ont fait sa renommée et sa marque de fabrique, les compositions de ce nouvel album font la démonstration de l'assurance qu'à prise Presley qui avance ici à découvert, sans doute rassuré par la présence à ses côtés de son pote Segall (aux manettes mais aussi aux fûts qu'ils partagent avec Nick Murray habituel batteur en live)(1).
Le travail de Segall sur cet enregistrement est à souligner puisqu'on retrouve ici cet équilibre subtil dont bénéficie les enregistrement de ce dernier, ce juste milieu entre lo-fi et mise en valeur des morceaux.

Résultat, White Fence n'a sans doute jamais aussi bien sonné.
"Anger! Who Keeps You Under?" en est le parfait exemple avec ces vocaux particulièrement audibles mais qui, si on prête plus attentivement l'oreille, contient finalement tout ce qui faisait le sel des albums précédents. Presley n'a pas viré sa cutie.
On trouvera donc sur cet album un condensé des influences du californien : "Like That" sonne comme un inédit des Who période Sell Out, "Sandra (When the Earth Dies)" rappelle que Donovan fait partie des influences du bonhomme, tandis que "Afraid of What It's Worth" a un côté qui rappelle les Kinks. Quelques titres plus lourd, plus trépidants mais sur lesquels il ne se départit jamais de son potentiel mélodique ("Arrow Man" ; "The Light" ; "Paranoid Bait"). Mais aussi un "Wolf Gets Red Faced", sur lequel le jeu de guitare de Presley fait des merveilles, qui s'annonce comme un des cheval de bataille du groupe sur scène.
Disque varié, For the Recently Found Innocent contient également quelques pépites pop ("Fear") ou folk ("Goodbye Law") ainsi que quelques inflexions vers le country rock ("Hard Water") qui viennent faire la démonstration du potentiel de Presley qui appose sa patte sur chacune de ces pistes.

For the Recently Found Innocent est un de ses meilleurs albums à ce jour, en tout cas celui qui devrait convaincre les derniers sceptiques que l'on tient là l'un des artistes les plus enthousiasmants de notre époque.

Frank

(1) Mikal Cronin vient également jouer du piano sur "Raven On White Cadillac"

Tracklisting :
1-The Recently Found
2-Anger! Who Keeps You Under?
3-Like That
4-Sandra (When the Earth Dies)
5-Wolf Gets Red Faced
6-Goodbye Law
7-Arrow Man
8-Actor
9-Hard Water
10-The Light
11-Afraid of What It's Worth
12-Fear
13-Raven on White Cadillac
14-Paranoid Bait


Audio et vidéo :





29 décembre 2013

White Fence - Live In San Francisco (2013)

Quiconque a assisté à un concert de White Fence le confirmera : la musique proposée par le californien n'a que peu à voir avec ses albums studios. Exit le côté pop folk un peu chiche noyé sous des couches d'effets en tout genre. White Fence en concert, c'est une formidable expérience, un rock psyché dans la grande tradition du genre, dépouillé de ses oripeaux mais gorgé de fuzz comme il se doit.
C'est pourquoi quand on a appris que Castle Face (label de John Dwyer des Oh Sees) allait sortir un album live du garçon, la nouvelle fut accueillie, avec un enthousiasme non feint.
Notre seul inquiétude venait du son du disque, car même si les productions californiennes récentes ont eu tendance à s'éclaircir et à s'éloigner du lo-fi, White Fence n'est pas spécialement coutumier des sons clairs et amples. Produit par Dwyer, ce Live In San Francisco bénéficie d'une production ,si ce n'est mirifique, du moins équilibré et tout à fait acceptable pour jauger du talent de Presley sur scène.

Le résultat est à la hauteur des attentes et retranscrit parfaitement la magie du live. Epaulé par un backing band, talentueux de surcroît, les compositions de Presley prennent une autre dimension, tout simplement parce qu'elles ne sont pas le seul fait d'un compositeur doué, enfermé dans son sous-sol, trafiquant ses bandes, mais bien l'oeuvre d'un vrai groupe. Un groupe qui transcende des morceaux qui ne manquaient déjà pas de qualités.
Le tracklisting laisse plus ou moins de côté les titres de Cyclops Reap (deux titres) pour se concentrer sur le premier album et Family Perfume (4 titres chacun). Deux titres de Growing Faith et une face B de single ("The Pool") complètent le tableau.
Le traitement est si radical que l'on a l'impression de redécouvrir sous un autre jour ces titres, la splendeur des arpèges de "Mr Adams", la furia de "Baxter Corner" que le groupe étire sur plus de huit minutes, "Lizards First", "The Pool", "Chairs In The Dark", etc ...
Quarante minutes de bonheur sur microsillon qui raviront les fans mais devrait également convertir les réfractaires.

White Fence est sans doute l'un des artistes californiens le plus époustouflant à voir sur scène. Ce live en atteste tout simplement.

Frank

Face A : Swagger Vets And Double Moon / Mr Adams-Who Feels Right? / Baxter Corner / The Pool / Harness / Lizards First
Face B : Chairs In The Dark / Tame / Pink Gorilla / Enthusiasm / Be Right Too / Breathe Again

Audio et vidéo :


29 avril 2013

White Fence - Cyclops Reap (2013)

A peine la digestion du dyptique Family Perfume terminée que White Fence revient avec un nouvel album sous le bras ! Bon, on va pas jouer les blasés, on adore se perdre dans l'oeuvre du californien.
Ce nouvel album marque d'ailleurs une nouvelle étape dans sa discographie déjà bien fournie : Cyclops Reap semble être pour White Fence l'album du compromis. Compromis entre les mélodies envoûtantes d'Is Growing Faith et la maturité dans le son de Hair, sa brillante collaboration avec Ty Segall.
White Fence n'a pas pour autant abandonné filtres et effets en tous genres qui constituent son fonds de commerce depuis trois ans déjà. Mais pour une fois, ceux-ci ne nuisent jamais aux mélodies comme cela fut le cas sur certains passages de Family Perfume.

"Beat", "Trouble Is Trouble Never Seen", "Live On Genevieve", "To The Boy I Jumped In The Hemlock Alley", sont ainsi autant de pistes qui ne donnent pas l'impression, malgré une production toujours aussi volontairement lo-fi, que les mélodies sortent d'un épais brouillard. Le timbre "nasal" de Presley conférant une fois encore un cachet très particulier à ces compositions qui semblent issues d'une autre époque.

Mieux, un titre comme "Pink Gorilla" donne un léger aperçu de ce que donne l'artiste sur scène. On conseille d'ailleurs vivement à celles et ceux qui en ont l'occasion de découvrir l'artiste en concert. Ses prestations scéniques étant aux antipodes de ce qu'il propose sur disque, offrant un éclairage nouveau sur l'oeuvre du californien. La marque d'un artiste insaisissable, aux multiples facettes.

Comme à l'accoutumée, tout n'est pas parfait sur ce nouvel album, notamment la face B, un cran en dessous. Mais Tim Presley est ainsi, adoptant une méthode simple et authentique : il compose, enregistre et distribue sans véritablement se soucier du potentiel commercial de son oeuvre. D'ailleurs, à la base, ce Cyclops Reap devait être un album rétrospective regroupant des titres mis de côté lors de ces quatre précédents enregistrements solo (1). Et puis finalement en regroupant ces titres, il s'est mis à en écrire de nouveaux qui constitueront donc ce nouvel album (à l'exception de Make Them Dinner At Our Shoes qui date de 2009) !

Pour le néophyte, ce Cyclops Reap sonnera comme la porte d'entrée idéale pour découvrir l'univers de White Fence. Pour les afficionados, pas d'inquiétudes ce nouvel opus contient son lot de compositions marquantes, de quoi les satisfaire en attendant la suite.

Frank

(1) http://thefirenote.com/2013/02/15/white-fence-announces-new-lp-cyclops-reap-hear-a-new-track-now/

PS : l'édition limitée contient un flexi 7" avec un inédit  "Birth Control". Démarche que semble avoir adopté Castle Face le label de John Dwyer puisque le nouvel Oh Sees est également doté de son flexi.

Tracklisting :
1. Chairs In The Dark
2. Beat
3. Pink Gorilla
4. Trouble Is Trouble Never Seen
5. Live On Genevieve
6. To The Boy I Jumped In The Hemlock Alley
7. New Edinburgh
8. Make Them Dinner At Our Shoes
9. White Cat
10. Only Man Alive
11. Run By The Same

Vidéos :






30 octobre 2012

White Fence - Family Perfume Vol 2 (2012)

Sorti dans la foulée du premier volume, ce Family Perfume vol 2 a passé quelque temps dans nos rayonnages, attendant que l'on daigne enfin se pencher sur son cas. Il était nécessaire de faire une pause avant de faire une overdose de pop psyché lo-fi, ce qui guette tout amateur se jettant à corps perdu dans l'oeuvre du californien.

Comme pour le premier, il faut un temps d'adaptation pour appréhender ce second volume. D'autant que sur ce second volet, le ton est plus léthargique, la musique plus contemplative, notamment sur cette face A sur laquelle aucun morceau ne se dégage vraiment. Tout sonne comme une lente complainte traversée d'éclairs de guitares et de vocaux trafiqués, à mi-chemin entre Donovan et Syd Barrett. Seule submerge la comptine "Lizard's First", en milieu de face, confirmant ce que l'on disait sur le premier album : c'est quand il n'abuse pas des filtres et qu'il ne recouvre pas ses morceaux de fuzz que White Fence touche au génie.

D'ailleurs, c'est sur la deuxième face du disque que l'on retrouve les meilleures pistes, le son s'éclaircit comme si on sortait enfin du brouillard permettant à White Fence d'offrir des joyaux comme "A Good Night", "Anna" ou "Be At Home" et de s'imposer comme le digne successeur des artistes susmentionnés (ou d'un Ray Davies).

Que retenir de ces deux disques ?
Il ne faut pas considerer ceux-ci comme un double-album. Mais comme une invitation à pénétrer dans l'univers si familier et en même temps si singulier de White Fence. L'écoute successive de ces 29 pistes donne le tournis... mais subjugue.
Là où d'autres en auraient ressortis dix-douze titres aux allures de best-of, Presley lui préfère refiler les clefs de chez lui et offrir deux disques mal dégrossis, inégaux aussi, mais qui sont pourtant passionnants.

Family Perfume c'est le Cullinan de la pop psyché, un diamant brut, qui demande un peu d'effort pour en apprécier l'incroyable pureté.

Frank

Tracklisting :
Side A :
1-Groundskeeper’s grass (Man’s Man)
2-She relief
3-I’d sing
4-Real smiles
5-Lizard’s First
6-It’s confusing when you wake up
7-Upstart girls
8-Stomach sexes
Side B :
1-A good night
2-Latchkeys
3-Anna
4-Be at home
5-Makers
6-Tame
7-King of the decade

Vidéo :




30 mai 2012

Ty Segall & White Fence - Hair (2012)

Quand on demandait à Eddie Phillips guitariste des Creation, auteurs de l'inoubliable "How Does It Feel To Feel" de décrire leur musique il avait eu cette phrase désormais légendaire "Our music is red...with purple flashes". Cette phrase nous est immédiatement venue à l'esprit quand on a procédé à l'écoute de ce Hair, fruit de la collaboration de quelques unes des fines gâchettes de San Francisco. Car même si seuls Ty Segall et White Fence sont crédités comme auteur, on retrouve en guests Mikal Cronin, Mike Donovan des Sic Alps et Sean Presley, le frère de l'autre qui co-signe "Tongues".
Avec un tel line-up, des références qui fleurent bon le rock psychédélique à la charnière des sixties et des seventies, c'est peu dire que l'on attendait beaucoup de ce disque.

Malgré nos attentes fatalement élevées, on ne pensait pas être aussi surpris du résultat : cet album est un petit chef d'oeuvre. Contrairement à beaucoup de "super groupes" hâtivement construits, l'association de ces personnalités est presque une évidence, et ce bien qu'elle se fasse sur le plus petit dénominateur commun, à savoir l'univers psyché de White Fence. Chaque musicien se fond ici dans le collectif (Ty Segall tient entre autres les fûts et Mikal Cronin la basse sur "Crybaby").
Un disque entre amis qui tire donc le meilleur de chacun d'entre eux. Et on aurait tort de penser que les titres les plus calmes sont l'oeuvre de White Fence et les plus enlevées ceux du Ty car à l'écoute des huit titres présentées ici, on peine à déterminer la part de chacun (pas aidé en cela par des notes de pochette pour le moins laconiques).
Emballé en huit titres et trente minutes environ, on retrouve sur ce disque quelques pistes acid-folk d'excellente tenue, parmi ce qu'à fait de mieux White Fence en solo comme "Time", "(I Can't) Get Around You" ou "The Black Glove/ Rag" qui fait plus qu'évoquer le Donovan d' "Hurdy Gurdy Man" (avant de sérieusement s'exciter sur la fin). Un genre où s'illustre même Segall avec "Easy Rider" qu'il écrit et chante. Placé en début de face B, "Crybaby" aux accents fifties sonne presque de façon incongrue mais s'impose très vite comme un très bon titre.

Et puis comme dans tout chef d'oeuvre, en sus de ces compositions excellentes, il y a ces deux titres extraordinaires, un par face qui font que ce Hair bien plus qu'un excellent disque est un futur classique. En face A c'est "I Am Not A Game", tourbillon sonore, toutes fuzz dehors, porté par une extraordinaire partie de clavier, et en face B, "Scissor People" au gimmick irrésistible, à la partie de guitare inspirée et qui prend sur la fin des allures kraut. Deux réussites incontestables. Des groupes tueraient pour écrire ce genre de pistes que dégainent le duo avec une facilité déconcertante.

Un mot sur la production, parfaite, sans l'abus de filtres qui est la marque de fabrique de White Fence. Ici, point d'effets superflus, on se rapproche plus au niveau du son de Goodbye Bread de Segall ou du Cronin, que de Family Perfume. Et cela n'est pas pour rien dans la réussite d'un tel album.

Vous l'avez compris à la lecture de ces quelques lignes, Hair s'impose comme LE disque de ce début d'année, une réussite à tous points de vue, la preuve si besoin était que cette scène californienne dont on vous rabâche les oreilles depuis quelques années maintenant, regorge de talents comme nulle autre pareille.

Frank

1. Time
2. I Am Not a Game
3. Easy Ryder
4. The Black Glove/Rag
5. Crybaby
6. (I Can’t) Get Around You
7. Scissor People
8. Tongues





et en live ça fait envie aussi :





15 mai 2012

White Fence - Family Perfume Vol 1 (2012)

Tim Presley est l'artiste d'avril-mai sans aucune discussion possible. En effet, il a proposé en ce mois d'avril pas moins de deux albums, l'un en collaboration avec Ty Segall et l'autre, le premier à sortir, sous le sobriquet de White Fence.
Ce Family Perfume est en fait un double album dont le premier volet "Vol 1" vient de sortir et dont le "Vol 2" sortira en mai et ce, exclusivement en vinyle (la version cd et K7 sortira en même temps que le vol 2 mais reprendra alors les deux volumes). Il s'agit donc là du troisième album de Presley en solo sans ses compagnons de Darker My Love après un premier album homonyme sorti en 2010 et Is Growing Faith en 2011.
L'hyperactivité de la scène californienne n'en finit donc jamais de nous surprendre.

Sur ce nouvel opus rien n'a vraiment changé, toujours le même folk/rock psychédélique, ce même attrait pour les sons de guitares distordus, cette voix nimbée d'échos, tout juste peut-on noter une place plus importante accordée à la fuzz sur quelques titres.

L'enrobage lo-fi rend toujours aussi difficile l'appropriation des morceaux de Presley, même si ici on est plus sur l'abus de filtres que sur un véritable enregistrement lo-fi. Ceci explique qu'il faille un petit temps d'adaptation pour apprécier toutes les saveurs de ce Family Perfume Vol 1. D'ailleurs, c'est quand il laisse sa voix percer derrière l'épaisse brume de ces filtres et qu'il ne recouvre pas cette dernière de fuzz, que Presley révèle tout son talent, ce remarquable don pour les mélodies folk qui font de lui le descendant d'un Donovan par exemple ("Balance Yr Heart", "Hope! (Servatude, I Have No!)" ou Hey! Roman Nose).
Entre pépites psychés digne d'un Barrett (“Take Away Life’s Endless Take” ; "Breath Again"), ritournelles pop aux airs de comptines ("Do You Know Ida No?" écrit par un certain John Dust), des improvisations qui évoquent le temps des expérimentations sous acide ("Down PNX" ; "Soaring, Daily Pique Num.2"), ce Family Perfume résume assez bien les obsessions de Presley. Et puis il y a ces deux titres, "It Will Never Be" soutenu par un harmonica discret, d'une beauté à couper le souffle et le dynamique "Herman Blues"...

Cet album, si on lui laisse le temps de faire son effet, se révèle être son meilleur disque solo à ce jour, certes, sans la fulgurance de certains titres qui émaillaient ses deux précédents efforts, mais avec une plus grande homogénéité. On a enfin l'impression d'avoir affaire à un véritable album et non à des bandes enregistrées dans les sixties, retrouvées dans une malle, au fonds d'un grenier.
Pour autant, et même s'il on attendra la sortie du deuxième volet pour apporter un jugement définitif, ce Family Perfume n'est pas encore l'aboutissement du travail de Presley,  pas encore son chef d'oeuvre. Juste un très bon disque. Ce qui vous en conviendrez est déjà énorme.

Frank

PS : son chef d'oeuvre on en parle bientôt, c'est sa collaboration avec Ty Segall...

Tracklisting :
01. WF FP Intro
02. Swagger Vets & Double Moon
03. Long White Curtain
04. Balance Yr Heart
05. Do You Know Ida Know?
06. Down PNX
07. Take Away Life’s Endless Take
08. Hope! Servitude, I Have No!
09. It Will Never Be
10. Soaring, Daily Pique Number 2
11. A Hermes Blues
12. Hey! Roman Nose
13. Breathe Again
14. Daily Pique



25 août 2011

White Fence - S/T (2010) et Growing Faith (2011)

De cette prolifique scène californienne actuelle, il y a encore quelques pépites que l'on a pas évoqué. Soit par manque de temps (Bare Wire, Sonny & The Sunset) ou tout simplement parce que les disques ne nous sont pas encore parvenus (compilation Group Flex et Blasted Canyon). Mais dans le cas de White Fence, on a peu d'excuses. S'il on a tardé à vous parlé de ces deux disques c'est tout simplement que l'on a zappé le premier et que le deuxième a mis du temps à nous convaincre.
Sous le patronyme saugrenu de White Fence se cache Tim Presley, membre des excellents Strange Boys 1 et chanteur compositeur des tout aussi recommandables Darker My Love.


Sorti en 2010, le premier effort de Presley est un disque à part et ce à plusieurs titres. Alors que ses productions au sein des Darker My Love se caractérisent par une production aux petits oignons, cet album homonyme ferait passer la production du premier Strange Boys pour un travail d'orfèvre ! Comprenez là que Presley repousse les limites du lo-fi. A un tel point d'ailleurs que l'on pourrait se demander s'il s'agit bien là d'un album officiel, le son étant digne d'un infâme bootleg capté avec un micro au fin fonds d'une salle de concert. Bon on exagère un peu mais il faut bien reconnaître que l'on se demande aussi si le but de Presley est de vendre des disques...
Cet écueil risque d'en rebuter plus d'un. Et pourtant, sur ce disque, que de pépites ! 16 titres souvent très courts (le plus long "I'll Follow You" dure... 3'55), 16 vignettes, des ballades délicates, bancales aussi, au charme aussi évident que suranné.
Le Graal en quelque sorte pour l'amateur de pop psychédélique sixties. Un disque imparfait naïf même dans une certaine mesure mais aussi profondément humain et qui devient très vite attachant. Finalement on éprouve autant de plaisir à écouter ce disque que lorsque l'on dégote une perle rare dans une brocante : du bonheur simple sur une galette vinyle, un disque dont on a l'impression (fausse) d'être le seul à posséder.
A tel point que l'on peut se demander quel aurait été la destinée du disque avec une meilleure production. Aurait-il su conserver autant de charme ?

Tracklisting : 1-Mr. Adams / 2-Who feels right ? / 3-Slaughter on Sunset Strip / 4-I’ll follow you / 5-The Love between / 6-Sara Snow / 7-Baxter Corner / 8-The Gallery / 9-Tildas / 10-Destroy everything / 11-Ring around a square / 12-Box disease - Today bond / 13-Hard finish on mirror mile / 14-A need you / 15-Sick doctor blues / 16-Be right too

Moins d'un an après ce premier album, Presley remet le couvert avec Is Growing Faith. On ne sait si le fait d'avoir enregistrer son premier album lui a donné la foi mais le moins que l'on puisse dire c'est que cela n'a eu que peu d'incidences sur ce second disque. On y retrouve le même style de vignettes pop-folk-psyché qui faisaient le charme du premier opus. Tout juste peut-on noter un son un peu plus clair, du moins plus ample mais rien de foncièrement différent.
Presley fait preuve du même soin à emballer ces chansons désuètes dans un emballage lo-fi au possible. Pour autant et à la différence du premier album, quelque chose nous à déranger, comme si sur ce Is Growing Faith tout était plus forcé que sur le premier album. A force de rechercher l'accord dissonant, de multiplier la réverb' ou autre effet (certaines pistes donnent l'illusion que la courroie de votre platine s'est détendue !), on a comme l'impression que le disque a perdu si ne n'est de sa fraîcheur, du moins de sa spontanéité.
Cette impression curieuse on a pas su s'en défaire malgré de nombreuses écoutes. Et pourtant malgré tout ce deuxième album contient quelques titres tout simplement remarquables : "Your Last Friend Alive", "When There Is No Crowd", "Stranger Things Have Happened (To You)", "Tumble, Lies & Honesty" et surtout "A Pearl Is Not a Diamond" somptueuse ballade aux accents country autant de titres sur lesquels d'ailleurs Presley n'en rajoute pas, laisse parler son talent, sans effets superflus, faisant mouche à chaque fois.
Un deuxième album, certes bancal, mais qui conserve suffisamment d'attraits pour que les amateurs du premier album y trouve leur compte.

Tracklisting : 1 And by Always / 2 Growing Faith /3 Sticky Fruitman Has Faith / 4 Your Last Friend Alive / 5 Enthusiasm / 6 A Pearl Is Not a Diamond / 7 Tumble, Lies & Honesty / 8 Lillian (Won't You Play Drums?) / 9 Get That Heart / 10 Harness / 11 Stranger Things Have Happened (To You) / 12 Body Cold / 13 The Mexican Twins/Life Is...Too $hort / 14 Art Investor Collector / 15 When There Is No Crowd / 16 You Can't Put Your Arms Around a Memory

Frank

1 en fait il s'avère que Presley n'est que passé chez les Strange Boys le temps de l'enregistrement de Be Brave. on s'est fait avoir par les informations trouvées sur le net...

(http://www.myspace.com/whitefenceband)

Vidéos :
De White Fence :




De Is Growing Faith :