9 janvier 2017

Thee Oh Sees - A Weird Exits, Live In San Francisco et Odd Entrances (2016)

John Dwyer est incontestablement l'homme de cette année 2016. Alors que seulement une année s'est écoulée depuis la sortie de Mutilator Defeated At Last voilà qu'en 2016 les Oh Sees ont sorti la bagatelle de trois disques !

Le premier disque à voir le jour est un live, dans la désormais mythique série Live In San Francisco. Un live qui permet de donner un aperçu de la puissance scénique du groupe, de la machine à groove que sont Dwyer et sa bande. Toute personne ayant assistée à un concert des Oh Sees vous le dira, les californiens sont un des meilleurs groupes de rock and roll en activité. Si rien ne vaut l'expérience du live cet enregistrement à le mérite de capter et de restituer un peu de la magie de la bande. Un aperçu qui rappellera des souvenirs heureux à celles et ceux qui ont eu la chance de les voir et qui devrait convaincre les autres de la nécessité d'assister une fois dans leur vie à un concert des Oh Sees.
Le tracklisting fait la part belle à Carrion Crawler/The Dream (2 titres), Floatin Coffin (3 titres) et Mutilator Defeated At Last (3 titres). Un tracklisting complété d'un titre du futur album A Weird Exits et deux singles du groupe (dont le mythique Tidal Wave enregistré en 2010).

Tracklist : I Come From The Mountain / The Dream / Tunnel Time / Tidal Wave / Web / Man In A Suitcase / Toe Cutter Thumb Buster / Withered Hand / Sticky Hulks / Gelatinous Cube / Contraption


Après cette mise en bouche, place à A Weird Exits la nouvelle production studio du groupe. Disons le sans ambages il s'agit là du meilleur album enregistré par les Oh Sees depuis Carrion Crawler. Rien que ça. Si la formule depuis lors est bien connue, mélange de garage rock high energy, de heavy et de kraut, les Oh Sees sous la houlette d'un Dwyer plus aventureux que jamais insuffle un vent nouveau, une vague de fraîcheur à leur recette qui menaçait de les voir tourner en rond.
Les expérimentations de Dwyer avec son projet parallèle Damaged Bugs servent désormais à enrichir la palette musicale du groupe ("Jammed Entrance"). S'il on devait faire une comparaison, ce Weird Exits c'est le Fun House des Oh Sees. Et pas seulement parce que certains titres font penser immanquablement aux Stooges (flagrant sur les attaques de guitare de "Dead Man's Gun") mais surtout par cette esprit de liberté, de créativité artistique qui habite ce nouvel album. On sent les Oh Sees libérés comme jamais comme si le renouveau apporté par le changement de personnel avait requinqué Dwyer et que Mutilator Defeated At Last malgré ses nombreuses qualités n'avait été au final qu'un brouillon, un nécessaire album de rodage pour ses nouveaux compagnons de jeu.
Résultat on est à la fête sur chaque titre, l'apport des deux batteurs (comme désormais en live) apportant un vrai plus.
Si "Ticklish Warror" est dans le plus pur style Oh Sees, sur "Plastic Plant" le côté plus aventureux plus débridé, dope le morceau. Un morceau époustouflant.
Weird Exits est un album varié aux multiples facettes et rend la facilité avec laquelle le groupe enquille les perles plus fascinante encore.
Aussi à l'aise quand il fait sortir l'artillerie lourde ("Gelatinous Cube") que quand il faut prendre son temps pour poser les bases avant de faire décoller le morceau ("Unwrap The Fiend pt2"). Et que dire de la fin de l'album - toute la deuxième partie de l'album revêt une tonalité différente - avec "Crawl Out From The Fall out" titre planant bien psyché s'étalant sur près de huit minutes ou "The Axis" ballade nimbée d'échos noyés, portée par des nappes d'orgue pour se conclure dans un maelström de guitares noisy digne d'un Neil Young.
Avec Weird Exits les Oh Sees viennent de sortir ni plus ni moins qu'un des meilleurs albums de 2016 mais aussi un de leurs meilleurs disques à ce jour.
Chapeau bas.

Tracklist : Dead Man’s Gun / Ticklish Warrior / Jammed Entrance / Plastic Plant / Gelatinous Cube / Unwrap the Fiend Pt. 2 / Crawl Out From the Fall Out / The Axis

Et alors que l'on pensait les agapes terminées voilà que déboule dans les bacs Odd Entrances composé de pistes enregistrées lors des mêmes sessions que Weird Exits. Six nouveaux titres qui prolongent, avec une égale qualité, le plaisir de ce dernier. Une part plus grande étant consacré aux titres au long cours puisque trois des six compositions excédent les six minutes.
"You Will Find It Here" qui ouvre l'album est de ceux là. Une odyssée sonore superbe, planante à souhait, sorte de mille feuilles sonique (à chaque écoute on découvre une couche nouvelle).
Rupture de ton avec "The Poem" qui convoque Donovan au banquet. Un titre tout en retenue qui permet de constater la maîtrise nouvelle du groupe de ces nouveaux tempos tout en permettant une pause avant l'arrivée des huit minutes de "Jammed Exit" le bien nommé sur lequel Dwyer et sa bande s'essayent à moules expérimentations (bidouillages électroniques, flûte. ..). "At The End On The Stairs" résonne à nouveau comme du Donovan, cette fois période Barabajagal, la démesure des Oh Sees en sus tandis que "Unwrap the Fiend pt1" paye son dû à Brian Eno influence revendiquée de Dwyer comme l'attestait la sortie de son album sous le nom de Damaged Bugs.
Même si les titres de Odd Entrances prolongent ceux de Weird Exits, on recommandera de ne pas commencer par ceux-ci, souvent moins abordable dans leur excentricité comme "Nervous Tech (Nah John)" qui clôt le disque par une jam entrecoupée de saillies de guitares... De plus Weird Exits à le mérite malgré sa variété d'avoir une réelle unité qui manque fatalement vu l'exercice à Odd Entrances.
Néanmoins on aurait tort de bouder notre plaisir en ne faisant pas l'acquisition de cette autre galette du groupe, n'en déplaise à nos banquiers.

Tracklist : You Will Find It Here / The Poem / Jammed Exit / At the End, On the Stairs / Unwrap the Fiend, Pt. 1 / Nervous Tech (Nah John)

On vous l'indiquait en introduction, on le réaffirme en conclusion : John Dwyer est le grand bonhomme de cette année 2016. Vivement 2017...

Frank


Audio et vidéo :








5 commentaires:

  1. Perso cette quantité astronomique de disques commence à me courir sérieusement. 2 choses :

    1/ C'est bien beau de sortir 5 disques par an (t'as oublié deux singles en début d'année !), mais la moindre des choses serait de les rendre accessibles au petit pécore dans mon genre : ses doubles vinyles à 35 balles pour 30 minutes de musique, ça commence à devenir un peu insultant, surtout quand tu sors un deuxième album de 20 minutes un mois après le premier.

    2/ C'est bien beau de sortir 5 disques par an pendant 10 ans, mais quand est-ce qu'on trouve le temps de les réécouter ?

    J'ajouterais même que And Odd Entrances relève très fortement du foutage de gueule : y a trois morceaux, le reste c'est du boucan complaisant (pardon, velvetien) que Dwyer nous ressort toutes les fois qu'il a besoin de remplir les trous sur son dernier album trimestriel.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hello Léo, je comprends ton ressentiment mais il y a quand même une bose dose de mauvaise foi !

      Sur les cinq disques par ans, on est loin du compte, 2016 est une année faste qd même, même si les Oh Sees ont toujours été productifs. Par contre additionner des singles et des albums est un procédé un peu limite pour se plaindre non ? :)

      Sur le prix maintenant tu avances 35 euros, diantre je l'ai acheté 24 ce qui est déjà cher mais pas 35 ... et le disque prend ces 40 minutes facile pas 30 ...
      Ensuite dois-t-on imputer ce tarif à Dwyer ? Le priix aux US (18 dollars de mémoire) est raisonnable. Le Live est à 12 dollars aux states. Est-ce la faute de Dwyer si les frais de port et les marges en France sont indécentes ?

      Sur les 3 morceaux "velvetiens" désolé je n'en vois qu'un.

      Enfin, sur le temps de réécouter les disques j'ai envie de dire que c'est ton problème pas celui des groupes. J'ai chez moi de quoi écouter 8 ou 9 albums par jour... c'est l'inconvénient d'être à fond dans le truc :)
      Et c'est encore pire maintenant que tu t'es lancé dans la tâche de chroniqueur de disques sur Planetgong : tu consacres tellement de temps à décortiquer des nouveautés que tu prends plus la peine de regarder en arrière, de te poser et d'écouter ceux des années précédentes !

      Bref je comprends ce que tu dis mais je partage pas tout !

      Supprimer
    2. Ouais j'avoue, mon argumentation est un peu malhonnête ^^

      N'empêche, je maintiens, je trouve que Dwyer abuse : on ergotera tant qu'on veut sur les prix (je sais pas d'où tu sors les tiens d'ailleurs, sur le site de CF le live et A Weird Exits sont à 25$), un double ça coûte beaucoup plus cher qu'un simple et trois albums par an c'est trop.

      Même si je suis parfaitement d'accord avec toi ("c'est aussi mon problème"), je trouve quand même difficile de concevoir comment on peut assimiler trois disques par an tout en trouvant le temps de réécouter régulièrement les disques sortis les années précédentes (minimum deux albums en moyenne depuis 10 ans, quand même, en comptant ceux de Damaged Bug et les compiles de singles)... et ceux des autres artistes qu'on aime ! Y a un côté zapping très typique de l'époque que je trouve un peu gênant, surtout de la part d'un outsider comme Dwyer.

      En plus, j'ai un peu le même sentiment que VSIM : je parlerais pas vraiment d'auto-parodie (parce que, en vrai, Thee Oh Sees ça reste toujours la grosse classe :P ), mais je trouve qu'il y a pas mal de redite sur l'ensemble de sa discographie - je trouve aussi, d'ailleurs, très étonnant que ce soit pas souligné plus souvent. J'ai réécouté The Master's Bedroom... y a pas très longtemps : le chant de Dwyer et sa manière de placer sa voix n'ont pas évolué d'un iota, les riffs sont majoritairement très semblables, le son diffère finalement assez peu... De ce fait, je vois pas trop l'intérêt de sortir 2 ou 3 albums par an, et je pense sincèrement qu'il gagnerait à faire un peu plus de tri. Presque tous ses morceaux défoncent, mais y en a quand même un paquet qui sont interchangeables. (Cette critique est moins justifiée pour A Weird Exits, qui témoigne plus ou moins d'une certaine volonté de changement, que pour An Odd Entrances qu'il a déjà fait deux ou trois fois, avec notamment Putrifiers II et Drop.)

      (Je trouve l'hyperactivité de Segall moins embarrassante, tu vois : il explore des styles beaucoup plus variés, collabore avec plein de gens, cherche à progresser, etc.)

      Supprimer
    3. http://www.mowno.com/news/prochaines-sorties/john-dwyer-trouve-temps-de-reactiver-damaged-bug/

      :P

      Supprimer
  2. Quand même assez d'accord avec Léo. Ca rest toujours globalement très bon, mais je trouve qu'ils s'auto-parodient un peu et que leurs disques sont chers. J'ai le meme sentiment avec King Gizzard.

    RépondreSupprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...