19 août 2015

James Luther Dickinson - Dixie Fried (1972)

James Luther "Jim" Dickinson est dans le monde du rock ce qu'il convient d'appeler une légende.
Musicien de studio, on peut l'entendre au piano sur l'extraordinaire "Cadillac Man" des Jesters, "Wild Horses" des Stones, mais également sur Teenage Head des Flamin' Groovies. Il a, entre autre, joué avec Ry Cooder, Dylan, les Cramps, Spacemen 3...
Producteur de génie, il a également travaillé avec Big Star, Alex Chilton solo, Green On Red, Mojo Nixon, The Replacements, Tav Falco, Mudhoney, Primal Scream, T-Model Ford ...

Mais au final c'est peut être son oeuvre solo que l'on connaît le moins, occulté donc par ces multiples collaborations.
Pourtant Dixie Fried son premier album sorti en 1972 mérite vraiment que l'on s'y attarde. Cocktail rafraîchissant de rock and roll old school, de rythm'n blues endiablé, de country et de boogie rock, les neuf titres de ce premier album hétéroclite sont autant de preuve de l'indéniable talent de son auteur.
Capable d'alterner éructations comme sur l'over-the-top, "Wine" qui en fait l'héritier des pionniers Esquerita / Little Richard, relecture d'un titre des Nightcaps de 1962, (version qu'ont surement beaucoup écouté les membres de Slade) ou chant poignant mais garanti sans guimauve ("Strenght Of Love"), Jim Dickinson est un très bon entertainer.

Un Dickinson qui égrène ballade country façon Exile On Main Street ("Louise"), se la joue R'n B ("Dixie Fried") tandis que "Judgement" s'apparente sans doute au résultat qu'a souhaité (en vain) atteindre Clapton tout au long de sa carrière.

Production aux petits oignons avec renfort de choeurs féminins, piano forcément, Dixie Fried est symptomatique de ce que le bonhomme produira par la suite, maîtrisant à fonds tous les courants musicaux américains, s'en inspirant pour offrir ... autre chose.
Ainsi s'il paye son due à Dylan sur "John Brown" morceau de 1962, il  transforme radicalement ce morceau pour en offrir une relecture éminemment personnelle. Autre exemple, "O How She Dances", qui présente quelques similitudes avec ce qu'offrira quelques années plus tard un Tom Waits.

Dixie Fried est ainsi un disque curieux, empreint d'un grand classicisme mais qui entre les mains de son auteur, sonne très moderne dans l'approche pour l'époque.

Frank

Tracklisting :
1. Wine
2. The Strength Of Love
3. Louise
4. John Brown
5. Dixie Fried
6. The Judgement
7. O How She Dances
8. Wild Bill Jones
9. Casey Jones (On The Road Again)

Audio et vidéo :




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