20 septembre 2016

Left Lane Cruiser - Beck In Black (2016)

Nous n'avions pas vraiment réalisé mais cela fait exactement dix ans que les Left Lane Cruiser on sorti leur premier album, l'auto produit Gettin' Down On It.
Après une signature chez Alive Records, six albums suivront : Bring Yo' Ass to the Table (2008), All You Can Eat (2009), Junkyard Speed Ball (2011), Painkillers en collaboration avec James Leg (2012), Rock Them Back to Hell! (2013) et enfin Dirty Spliff Blues (2015). Dirty Spliff Blues avait d'ailleurs marqué un tournant puisque Brenn Beck quittait le groupe remplacé par Pete Dio et passait en mode trio avec l'arrivée de Joe Bent.
C'est sans doute la raison de la sortie de ce Beck In Black, la volonté de "marquer le coup", de faire une mini rétrospective d'une décennie de collaboration entre Beck et Joe Evans.

Beck In Black mélange ainsi huit titres issus de leurs précédents albums : "G Bob", "Heavy" et "Amy's In The Kitchen" de Bring Yo' Ass To The Table, "Crackalacka" de All You Can Eat, "Circus" et "Hip Hop" (avec James Leg) de Junkyard Speed Ball, "Chevrolet" (avec Jim Diamond) de Painkillers et "Zombie Blocked" de Rock Them Back To Hell!.
Et comme les Left Lane Cruiser ont pensé à tout le monde néophyte comme inconditionnels du groupe, ce Beck In Black est complété de quelques inédits (avec Brenn Beck derrière les fûts bien entendu) qui ne déparent pas aux côtés des pistes sus-mentionnés.
L'excellente "The Pusher" relecture d'un titre de Hoyt Axton popularisé par Steppenwolf en 1968 et le film Easy Rider l'année suivante, la frontale "Bloodhound", "Sausage Paw" condensé de tout ce qui fait le sel des enregistrements du duo, la surprenante quasi-ballade "Maybe", la sautillante "Chicken" et "Juice To Get Loose" qui était présent sur Rock Them Back To Hell! mais qui est présenté ici en version instrumentale.

Au final ce disque en plus d'être une belle porte d'entrée à l'univers du groupe, présente quelques titres qui feront le bonheur des fans du groupe. Fans dont nous faisons bien évidemment partis.

Frank

A noter que cette chronique a été écrite sur la base d'une version cd, une version vinyle existe mais raccourcie à dix titres.

Enfin cette chronique est l'occasion de rappeler l'interview que nous avions réalisée du duo en 2013 (merci John !) : http://www.rawpowermagazine.com/2013/07/interview-de-left-lane-cruiser-par-john.html

Tracklisting :
01-The Pusher
02-Circus
03-G Bob
04-Bloodhound
05-Zombie Blocked
06-Chevrolet (feat Jim Diamond)
07-Sausage Paw
08-Crackalacka
09-Hip Hop
10-Heavy
11-Maybe
12-Amy's In The Kitchen
13-Chicken
14-Juice To Get Loose

Audio et vidéo :

24 juin 2015

Left Lane Cruiser - Dirty Spliff Blues (2015)

Depuis Bring Yo' Ass To The Table, tels des métronomes, les Left Lane Cruiser nous avaient habitué à notre dose annuelle de rock and roll. Il aura cette fois-ci fallu attendre deux ans pour écouter le successeur du mitigé  Rock Them Back To Hell qui, malgré ses qualités, ne faisaient pas le poids face à ses prédécesseurs.

Les Left Lane Cruiser reviennent donc avec ce Dirty Spliff Blues au son moins roots et plus heavy, qui risque de diviser les fans de la première heure.
Un changement déjà perceptible sur leur massif précédent album mais également sur Junkyard Speedball qui présentaient quelques titres plus métal. Pas vraiment de quoi être surpris quand on sait qu'en interview les deux larrons vouent un amour aussi bien à Bob Log III qu'à Clutch !
Mais le plus gros changement sur ce disque c'est celui du line-up. Un changement qui n'est pas étranger au son désormais déployé par le groupe. Ainsi si Freddy J IV reste fidèle au poste, Brenn Beck a quitté le groupe pour laisser sa place à Pete Dio. Sans doute conscient que le duo avait atteint ses limites, l'habituel duo se fait trio avec l'apport de Joe Bent à la basse (et accessoirement au skateboard électrique !).
Résultat le groupe évite l'écueil de leur précédent opus, en sonnant tout aussi lourd mais aussi nettement plus varié et abouti.
On y retrouve ce qui faisait le charme des précédents opus mais également des éléments bienvenus qui viennent dynamiser l'ensemble.
Dirty Spliff Blues évoque aussi bien le ZZ Top de Tres hombres version loud, les australiens de Rose Tattoo (flagrant sur "Tangled Up In Bush" qui rappelle les auteurs de "The Butcher And Fast Eddy") mais également une proximité inattendue avec ce que peut proposer les gallois d'Henry's Funeral Shoe, autre signature Alive records, la basse en plus ("Whitebread N' Blues").

On se mentira pas, si on a beaucoup aimé leurs précédents albums, on craignait aussi l'essoufflement. Cette nouvelle orientation, courageuse qui plus est, a le mérite d'amener à la fois fraîcheur et surprise pour l'auditeur. Et ce pari risqué les Left Lane Cruiser le gagne haut la main.

Il faut dire que le trio enchaîne les morceaux de bravoure comme d'autres enfilent les perles. Outre les titres précités, "Heavy Honey" qui apporte sa petite dose Led Zep, "Tres Borrachos" hymne à la plante qui orne la pochette du disque et parfaite mise en bouche, le bien nommé "Elephant Stomp", le bien lourd "Dirty Spliff Blues" ou l'entêtant "Cutting Trees" sont à ajouter à la (longue) liste des morceaux de bravoure composés par le groupe.

Avec ce Dirty Spliff Blues, les Left Lane Cruiser se réinvente sans rien changer, font taire les détracteurs qui auraient pu croire avec la sortie de Rock Them Back To Hell qu'ils étaient arrivés au bout de leur formule et annoncent fièrement qu'ils sont de retour.

Un retour gagnant.

Frank

Tracklisting :
01. Tres Borrachos
02. Elephant Stomp
03. Whitebread n' Beans
04. Tangled up in Bush
05. Heavy Honey
06. Dirty Spliff Blues
07. Cutting Trees
08. All Damn Day
09. Skateboard Blues
10. She Don't Care

Audio et vidéo :






28 janvier 2014

Left Lane Cruiser - Rock Them Back To Hell (2013)

Souvenir, souvenir. Quelques heures avant leur concert à Paris (lors du festival "Blues Rules") en juin dernier, Rawpowermag' avait pu interviewer longuement Joe (Freddy J IV - guitariste) et Brenn (batteur) de Left Lane Cruiser. Ils nous avaient laissé entendre que le son serait plus riche en bruits de canettes ainsi qu'en overdubs, qu'ils avaient été accompagnés par Kevin Jackson (oncle de Brenn) à l'harmonica... D'après eux, c'était un disque auquel Left Lane Cruiser serait particulièrement attaché car ils avaient (enfin) eu les moyens d'enregistrer un album sans les limites éprouvées sur les précédents albums.

Une pochette dessinée est une première pour Left Lane Cruiser: une fausse photo de famille zombie [décidément, cette mode...] où sont regroupées 3 générations, une cabane en bois typique des premiers colons (avec son fameux porche) et un système artisanal de distillation (de moonshine?) au sommet de la colline se détachent sur un ciel de lune... En même temps, avec un titre comme "Rock Them Back To Hell" (que n'aurait pas renié AC/DC), on pouvait se douter de la présence de morts-vivants, non? Des costumes de la Guerre de Sécession, une allusion au tableau "American Gothic" de Grant Wood (1930) et un personnage central attaché à défendre sa terre (une ancienne version de la loi "stand your ground" actuelle?) renforcent l'allégeance du groupe à la culture du Middle West. Le groupe a d'ailleurs enregistré sur ses terres, à Fort Wayne, et le mixage s'est fait dans l'Etat voisin du Michigan - sous la vigilance de Jim Diamond (Ghetto Recorders, Détroit) qui avait déjà œuvré sur Junkyard Speed Ball.

L'auditeur est accueilli par "Zombie Blocked" et sa rythmique à base d'objets délaissés puis ramenés à la vie par le duo de Fort Wayne. Assailli, il faut attendre les 2 min 15 pour entendre réellement la guitare et sa réverb' s'exprimer un peu. "Electrify" fait la part belle à l'harmonica, malgré une guitare assez heavy. Le break plus accoustique au milieu du morceau permet de reprendre un peu d'air avant d'être soufflé à nouveau par la guitare et l'harmonica.

Indépendamment des paroles de "Neighborhood", il est facile de voir que l'espace occupé par Left Lane Cruiser a pour voisin celui du clavier de James Leg et des Black Diamond Heavies.

Les paroles de "Juice To Get Loose" renvoient au répertoire partagé par tous les bluesmen [traduction approximative...]: Give me whiskey when I get dry 'Lord / Give me 'shine all the time babe / Get a bowl when I get low/  Give a middle light when I make right... On évoquera (par exemple) l'épitaphe au dos de la pierre tombale de James "Son" Thomas (Leland, Mississippi - USA) tirée du titre "Breakfast Blues": Give me beefsteak when I'm hungry / Whiskey when I'm dry / Pretty women when I'm living / Heaven when I die. Le choix de jouer au bottleneck n'est probablement pas anodin sur ce titre mais Left Lane Cruiser en use sur de nombreux morceaux.

L'ambiance d' "Overtaken" avec sa simili-ligne de basse tranche complètement avec le titre précédent et va rejoindre les influences plus "métal", déjà rencontrées sur l'album Junkyard Speed Ball. "Be So Fine" est plus lent et retourne jouer sur les terres indiennes du drone blues avec le bottleneck.

"Jukebox", titre le plus long (5 min 31) de l'album, devient presque un montage époustouflant et iconoclaste de riffs/solos de la part de Joe. "Coley" tient plus de la balade country-rock que d'un blues, ce qui permet de regarder avec dédain les tenants auto-proclamés du country-rock FM et leurs niaiseries: Rodney Atkins, Jason Aldean, Toby Keith... [Oui, sur Rawpowermag', on sait aussi dire du mal]. Sans harmonica, "Paralyze Ya" permet de remettre la pression et sert de tremplin pour "Righteous" et sa rythmique lourde qui résonnent comme un appel pour la réalisation d'une suite (nécessaire!) à cet album.

En résumé, "Rock Them Back To Hell" n'est pas le climax ni le point faible dans la discographie de Left Lane Cruiser, mais plutôt la fin d'une première "boucle". Quelques titres semblent sortir immédiatement du lot: "Zombie Blocked", "Neighborhood", "Juice to Get Loose"... Le groupe a maintenant derrière lui plusieurs albums, de nombreuses tournées [etc.] et s'est offert de nouvelles possibilités (tant désirées) d'enregistrement. Cette nouvelle sortie chez Alive Records est peut-être une bonne façon de constater le chemin parcouru - même si personnellement on a une tendresse particulière pour les premiers enregistrements ("Gettin' Down" On It et "Bring Yo' To The Table") - et d'attendre avec impatience leur prochaine sortie.

John the Revelator

Tracklist:
Zombie Blocked
Electrify
Neighborhood
Juice to Get Loose
Overtaken
Be So Fine
Jukebox
Coley
Paralyze Ya
Righteous

Vidéos:
 L'intégralité de l'album est écoutable sur Youtube


PS: 2014 étant pleine de bonnes résolutions, c'est promis: on reviendra bientôt sur les Hooten Hallers et Tito Discovery (entre autres).

8 juillet 2013

Interview de Left Lane Cruiser par John the Revelator (Blues Rules 2013, Flèche d'or - Paris)

Pour la 1ère fois, Rawpowermag' a l'occasion d'interviewer en direct un groupe auquel toute l'équipe est attaché depuis plusieurs années: Left Lane Cruiser. Sans verser dans le mélo', je suis très reconnaissant envers Nicolas (Nayati Dreams) sans qui cette interview n'aurait jamais existé, ainsi que Vincent et Lucie (Blues Rules) pour avoir accepté de m'offrir cette possibilité incroyable. Leur accueil a été à la hauteur de l'énergie qu'ils mettent à faire connaître le blues, sous toutes ses formes, en France, en Suisse, et bien au-delà... Quant à Brenn et Joe de Left Lane Cruiser, leur spontanéité et leur gentillesse ont permis de faire de cette interview de 30 minutes: une super "première expérience". Un grand merci.

Spoiler:
(Une pensée également à celles/ceux qui ont rendu tout ça possible en prêtant un enregistreur, me laissant squatter leur appart, etc.)

L'interview ayant duré trente minutes RawPowerMag' et Planetgong se partageront son contenu, permettant ainsi à une partie de leurs lecteurs respectifs de découvrir un autre blog et des rédacteurs de haut-vol !

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(Robert Belfour assurant son sound check en fond sonore)

John the Revelator : Commençons par les origines du groupe. On sait que tu (Joe) as rencontré ta femme au lycée de Brenn. Elle t'a dit de faire un essai avec Brenn, qui était à l'époque un batteur de blues de renommée locale. Le groupe s'est alors formé... Néanmoins, nous aimerions savoir si vous avez joué tous deux dans des groupes avant votre rencontre, et si oui, lesquels ?

Brenn (Left Lane Cruiser) : Nous avons joué tous les deux dans des groupes séparés, et n'avions jamais joué ensemble auparavant. J'ai joué dans un groupe nommé Black Cat Bone, un groupe de blues.

JtR : As-tu sorti un CD ou un LP avec ce groupe ?

Brenn : Nous avons fait un CD, mais juste dans notre coin. Il n'y avait pas de label ou autre. C'était un groupe monté “juste pour le plaisir”. En fait, il y a eu 2 CDs.

JtR : Ton père était batteur aussi, il a joué dans des groupes publiés chez Arista Records si je me souviens bien.

Brenn : Oui, le nom de groupe est Happy The Man, plutôt dans le style prog-rock des années 70's - début 80's, un peu à la Peter Gabriel...

JtR : Un style très différent donc.

Brenn: Ouais, ouais vraiment différent. Il joue beaucoup de reggae maintenant. Un truc complètement différent [rires]

JtR [plaisantant] : Espérez-vous jouer aussi du reggae dans le futur ?

Joe [riant] : Lorsqu'on sera vieux...

JtR: A propos de toi (Joe), as-tu joué dans un groupe avant Left Lane Cruiser ?

Joe: Juste un groupe au lycée, avec quelques potes. On n'a rien enregistré.

JtR: C'était un genre de groupe de garage ?

Joe: Ouais, il y a un petit peu de ça. Nous avons joué une fois à un festival local, c'est tout.

JtR [sentant un peu d'hésitation] : Jouer dans ce groupe a été une bonne période de ta vie ?

Joe: Ouais, ouais.

JtR: Je n'ai aucune idée de la façon dont vous avez choisi le nom du groupe ?

Brenn: Ca vient de ma mère. Lorsque j'étais au lycée, avant que je joue d'un quelconque instrument, elle a eu un rêve dans lequel j'étais devenu célèbre en jouant dans un groupe nommé Left Lane Cruiser. Et, lorsqu'on a commencé à réfléchir au nom du groupe, celui-là est apparu comme une bon choix.

JtR [plaisantant]: Ok, alors elle vous a obligé à choisir celui-là !

Brenn: Ouais, les mères savent ce qu'y a de mieux (pour nous).

JtR [riant]: Je comprends ce que tu veux dire. [Reprenant son sérieux] Bon, une autre queston:à quoi ressemble la scène musicale à Fort Wayne à l'époque ? Avez-vous galéré à trouver des endroits pour jouer ?

Plus d'infos »

3 juin 2013

FESTIVAL BLUES RULES CRISSIER TOUR 2013 - Fleche d'Or (Paris) - 1er juin.

 Après avoir dégusté une bonne andouillette dans un restau tout proche de la Flèche d'Or, c'est l'estomac bien rempli et l'haleine chargé au rouge que nous entrons dans cette chouette salle du 20ème.

Mister Lightin' Malcolm, sourire aux lèvres, yeux plissés, est d'ors-et-déjà en train d'asséner ses riffs sur un public visiblement ravi d'avoir coché "samedi = soirée blues" dans son agenda. En allant chercher une binouze au bar, on se fait d'ailleurs la remarque que, pour une fois, il y a pas mal de clients bien plus vieux que nous. Marrant. La seconde réflexion qui suit : mais que diantre certaines de ces mamies aux cheveux blanc vont bien pouvoir entraver à Left Lane Cruiser ?? Les voies du punk blues sont impénétrables...Mais revenons-en à Malcolm. Le mec est doué, pas de doute, en one-man band aguerri, on a presque l'impression que quelqu'un d'autre que lui martèle les fûts. Son accent fleure bon les grands espaces américains, sa gentillesse transparaît dans son attitude, son blues est sans fioritures et ça fait du bien.

Bonne première partie, la soirée commence au poil. Le temps d'aller s'en jeter un autre dans le gosier, c'est au tour de la légende (ou de l'antiquité sera-t-on tenté de dire ensuite) Robert "Wolfman" Belfour de faire son entrée. Derrière ses grosses montures, le gaillard de 72 ans (qui en fait facile dix de plus) sourit à l'assemblée, balance quelques paroles inintelligibles et commence à tripoter sa guitare en essayant de l'accorder. C'est long. Très long. On se demande bien pourquoi cette guitare semble ne pas avoir été touchée depuis son arrivée sur le sol français...Quand le bougre finit par ânonner son premier morceau, d'une voix rocailleuse bien typique, certes, mais joué de façon tellement approximative, on ne peut masquer notre circonspection. Mais notre hermétisme et notre intransigeance ne semblent pas gagner l'ensemble du public, des applaudissements salueront le vieux bonhomme à l'issue du (court) set. On devient alors un peu nerveux. Left Lane Cruiser, le parangon du punk blues actuel, va t-il vraiment dynamiter l'assistance comme on l'a espéré en ayant réservé cette soirée ?

La réponse ne se fera pas attendre bien longtemps. Les deux gaillards tatoués font irruption sur scène, canette à la main, et semblent ne pas venus conter fleurette. C'est clair, on veut du punk, on veut du blues ? Et bien c'est maintenant qu'on va la prendre notre bonne grosse baffe sonore dans la gueule. Le son de la salle est fort heureusement impeccable, pas de brouhaha, on profite pleinement du duo visiblement en grande forme. Certes, musicalement, ça reste limité. Mais bordel, quelle putain d'énergie ! Il faut les voir se démener comme des vikings avec leurs instruments, ivre de matraquer leur blues en fil barbelé.
Après deux ou trois chansons, Lightin' Malcolm vient rejoindre le groupe le temps de deux titres. On passe alors en mode plus "blues" et moins "punk", apportant une respiration au public. Mais lorsque Malcolm sort sous une ovation, c'est reparti de plus belle pour un tabassage dans les règles de l'art (ou du lard, on ne sait plus trop). Un mec monte sur la scène et tend une bouteille de Jack Daniel's au batteur, puis au guitariste, ne se faisant pas prier pour s'envoyer une bonne rasade du nectar du Tennessee au goulot. On est hilare, le show est assuré par un Frederick Evans hystérique, se laissant porter par la foule de bras en bras, avant de repartir sur scène, grimpant après un échafaudage, manquant de renverser un ampli en retombant lourdement sur ses pieds...Et pour finir, se fout un soutien-gorge sur les yeux et descend de la scène en aveugle pour aller en direction du bar. Voilà comment se termine - abruptement - ce concert tendu comme un arc. C'est simple, on a même pas vu le batteur quitter la scène. Pas de rappel. Lumières.

Jouissive, cette soirée blues fut un régal même si la prestation de Belfour nous aura laissé de marbre. On quitte la Flèche d'Or (avec un vinyle de Left Lane Cruiser sous le bras) en se disant que ce festival, qui tourne en Suisse sur deux jours avec bien plus de groupes, doit valoir son pesant de cacahuètes. Et de Jack Daniel's bien entendu.

Rick.

24 mai 2013

Les Bons Plans du Mustélidé (25/05 au 07/06 - Paris)





















Enorme actu Raw Blues sur Paris...

...tellement que votre Ratel hibernant grognon en ressort le museau.
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  • Samedi 25/05, 20h, au sympathique Saint-Nicolas du Plessis-Bouchard, vous pouvez encore attrapper la dernière date de la tournée de printemps de David Evans. Le vieux maître partagera la scène avec Cory Seznec, bien connu des amateurs de old-time et downhome blues parisiens, qui nous quitte après pour l'Ethiopie.

  • Dimanche 26/05, 16h, le Sheriff et moi vous proposons de retrouver l'ami romain The Blues Against Youth, en tournée avec une nouvelle excellente galette, au Bar des Sports, 52 rue Robespierre, Montreuil. Entrée libre / chapo + conso

  • Mardi 28/05, 20h, dernière des Sawmill Sessions avec son fondateur Cory Seznec, et donc le meilleur de cette excellente jam old-time fêtera son départ. Péniche Demoiselle, 5 euros

  • Samedi 01/06, 20h, évènement absolument incontournable : le Blues Rules en version tournée nous offre l'humble mais immense Robert Belfour - un des tous derniers maîtres traditionnels du downhome blues en activité -, Left Lane Cruiser - leaders incontestés du punk-blues -, et Lightnin' Malcolm - l'un des jeunes bluesmen majeurs de la scène du Nord Mississippi. Flèche d'Or, rue de Bagnolet, Paris. 24 euros, ce qui est bon marché pour une telle affiche.

  • Vendredi 07/06, 21h, autre évènement majeur : le légendaire Cedell Davis. Contrairement à Robert Belfour, il n'est plus au mieux de sa forme - mais l'occasion de le voir est unique. La Mécanique Ondulatoire, passage Thiéré, Paris. 15 euros

  • Samedi 08/06, 21h, retour parmi nous de Possessed by Paul James, le fils de prêcheur possédé et déchirant que vous devriez tous connaître. Le Chat Noir, rue Jean-Pierre Timbaud. 8 euros (avec premières parties très correctes)

    Voilà ! Plus sur le site : http://www.rawbluesparis.fr

    Ratel















    9 avril 2013

    Cosmic Trip et Blues Rules 2013 - L'art de la Transhumance

    Depuis Pline l'Ancien et ses observations sur les troupeaux traversant la Narbonnaise jusqu'aux observations scientifiques les plus récentes, les arguments scientifiques n'ont cessé de s'accumuler : le lecteur ou la lectrice* assidu(e) de Rawpowermag' doit sa vigueur et son ouïe à un savant mélange entre un biotope exceptionnel et un savoir-faire ancestral.
    Sans faire de foin, les bergers de Rawpowermag' perpétuent humblement tous les jours les gestes appris de leurs pères, s'assurant la préservation d'un terroir et la bonne santé de leurs modestes troupeaux.

    Ainsi, chaque année, ils organisent le plus beau des périples : la transhumance. Sur les drailles ancestrales du blues et du rock'n roll, ils mettent leur pas dans celui de générations précédentes et guident leurs troupeaux vers les estives.

    Afin de continuer ce cycle immuable qui rappelle à tout un chacun son passé de nomade, Rawpowermag' est heureux de vous offrir l'itinéraire de transhumance du mois de mai 2013.

    Etape 1 : le Cosmic Trip - 9 au 12 mai (Bourges, France)

    Pour la 17ème année consécutive, la capitale berruyère accueille pendant 3 jours des groupes français et internationaux avec une programmation marquée pour le garage et le rock'n roll. Cette année, les pâturages bordant l'Auron seront foulés par, entre autres, King Salami & the Cumberland 3 (Royaume-Uni), Wild Evel & the Trashbones (Autriche), les Limiñanas (France), the Monsters (Suisse) avec le Reverend Beat-man, King Khan & the Shrines (Canada/Allemagne)...avant de finir en apothéose avec the Fuzztones (Etats-Unis) !

    Soyez assuré(e)s de la présence des meilleurs spécimens ovins lors des DJ partys d'après concert. Les légendes racontent que la réalisation d'un danse idiosyncratique en 1ère ligne face à la scène apporterait protection et fécondité sur les troupeaux. Sans savoir si cela est vrai, sachez qu'aucun loup n'a fait de dégâts et de nombreuses naissances ont été constatées parmi les animaux présents en 2012. Foi de bergers de Rawpowermag' !


    Vidéos :
    Les Limiñanas - Je ne suis pas très drogue


    King Khan & the Shrines - Took My Lady To Dinner


    Wild Evel & The Trashbones - Let´s Go Right Now


    The Monsters - Blow Um Mau Mau


    The Fuzztones – My Nothing



    Etape 2 : le Blues Rules - 30 mai a 2 juin (France, Italie, Suisse)

    Afin de guider les brebis égarées dans la lande et combattre des brouteurs d'OGM culturels, le Blues Rules organise son propre convoi à travers la France, l'Italie et la Suisse. Depuis 2010, se déroule à Crissier (Suisse) un festival dédié à la veine bleue où la programmation s'équilibre agréablement entre vieux pairs du blues et jeune relève. Constatez par vous-même, Thomas Lecuyer et Vincent Delsupexhe vous offrent en 2013 : Robert Belfour - bluesman et guitariste dans la tradition du Mississippi (Etats-Unis), Lightnin' Malcom (Etats-Unis) – bluesman plus jeune et s'étant rapproché depuis 20 ans des familles Burnside et Kimborough, et Left Lane Cruiser (Etats-Unis) – un duo énergique de punk-blues (adulé par toute l'équipe de Rawpowermag').

    La transhumance se fera dans le sens de la descente cette année puisque le tracé démarrera de Suisse (Crissier le 30/05, puis Lausanne le 31/05) pour se diriger vers les grandes capitales européennées : Paris le 01/06 et Rome le 02/06. Pour la France, les bergers de Rawpowermag' s'arrêteront à La Flèche d'or ! Soyez là !

    Vidéos :

    Robert Belfour – Done Got Old (live)


    Robert Belfour – Norene (documentaire)


    Left Lane Cruiser – Big Mama


    Left Lane Cruiser – Wash It


    Lightnin' Malcom – Stop Fighting Over Me (live)


    Lightnin' Malcom – So Many Women (live)


    Qu'est-ce qu'on dit ?
    Mêêêêêêêêêêrci, évidemment...

    John the Revelator

    * Elles sont nombreuses, nous n'en doutons pas...