6 février 2015

Qualité Made In France - Acte VII

Septième volet des Qualité Made In France avec un programme chargé, du garage, du post punk, de la pop et aussi du grand WTF. Pour tous les goûts en somme !

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Sapin - Wrong Way (2014)

Dans la série des "vaut mieux tard que jamais", on a un peu honte de n'évoquer ce premier album des estimables Sapin que maintenant ! Avec ses cavalcades surf, ses emprunts à la musique country et son garage rock braillard, rarement un album aura aussi mal porté son nom. S'il on s'en réfère à son contenu, c'est bien le meilleur des chemins qu'arpente Sapin.
Sorte de Black Lips breton, groupe avec lesquels ils partagent le plus de point communs, ce Wrong Way semble reprendre là où s'est arrêté Good Bad Not Evil (notre album favori des Black Lips). Mais les cantonner à être un Black Lips-like serait infiniment réducteur et ne leur rendrait pas le mérite qui est le leur à l'écoute de cet authentique brûlot.
Car les membres de Sapin savent y faire pour pondre de petites pépites de garage rock ("Get Out Of My Dreams" ; "Wrong Way" ; "Sugar In My Coffe") ou des plages plus contemplatives mais tout aussi jouissives ("Lost Beach" ; "Mama"). Et ce sans que le groupe ne sacrifie les mélodies sur l'autel du dieu Fuzz (écoutez le quasi powerpop "Diamonds And Pearls")
Curieusement, on retrouve disséminés quelques "tics", que l'on aurait pas forcément imaginer trouver là et dont on se sait pas si elles sont de réelles influences ou un simple fruit du hasard. Ainsi "Stolen Kisses" qui a un je-ne-sais-quoi d'Antoine millésime 1966 tandis que le thème de guitare de "White Bikini" se rapproche des Pixies de Bossanova.
Quoiqu'il en soit, un album plus que convaincant, et un de ceux qu'on aura le plus écouté l'année dernière.
Gros coup de coeur.



Volage - Heart Healing (2014)

On a évoqué ici même le très bon premier EP du groupe Volage. Si Maddie laissait entrevoir de réelles promesses, on était loin d'imaginer que le groupe réussirait un tel premier album.
Bien plus abouti que son prédécesseur, bien mieux produit également, ce Heart Healing voit le groupe s'émanciper quelque peu de l'influence manifeste de Ty Segall, si prégnante sur leur premier EP.
Alors certes on retrouve ça et là quelques gimmicks qui rappelleront immanquablement le blondinet le plus célèbre de la scène californienne ("This Ain't A Walk" ; "Paolina"). Mais Volage a mûri ou s'est découvert d'autres marottes (on penche pour un peu des deux).
On découvre ainsi un groupe suffisamment mâture et sûr de lui pour balancer sans fard des morceaux aux arrangements travaillés et aux mélodies savamment troussées. Il faut entendre le groupe se lancer dans la pop tout azimut avec "Upset" et ravir nos oreilles de ses très belles harmonies vocales. Un son plus pop que l'on retrouve en permanence sur ce disque, les quelques saillies de guitares ne venant pas masquer cette intention première ("Owl" ; Heart Healing" ; "6H15" ; la byrdsienne "Wait").
Mais que l'on se rassure le groupe est toujours capable de faire parler la poudre et n'a pas perdu son garage rock en route : l'enchaînement "Touched By Grace" la bien nommée, "Loner" et la très Fuzz "This Ain't A Walk" en attestent.
Cerise sur le gâteau, la pièce "Love Is All" de plus de six minutes qui clôt le disque, ouvre bien des perspectives au groupe en démontrant qu'il a plus d'une corde à son arc.
L'avenir s'annonce radieux pour Volage.



Strange Hands - Children Shouldn't Play With Dead Things (2014)

Deux ans après la sortie de Dead Flowers, les bordelais de Strange Hands reviennent avec un 12" sous le bras "Children Shouldn't Play With Dead Things" qui outre sa sortie vinyle chez Ayo Silver! et Azbin Records, fait également l'objet d'une édition cassette sur Burger Records. Ce 6 titre s'ouvrent sur un instrumental assez éloigné de la powerpop de Dead Flowers : "Tombs Of Walkyries" se vautre ainsi dans un rock psychédélique aux accents médiévaux parfaitement maîtrisé. Par la suite si on retrouve les claviers sautillants du précédent disque, le tout sonne nettement plus rock, nettement plus frondeur. La production assez sourde si elle offre un certain cachet à l'ensemble nuit quelque peu aux vocaux un chouia trop en retrait à notre goût. Reste que le groupe n'a rien perdu de sa capacité à sortir de bons morceaux comme "Golden Arrow" ou "Flying Cripple".



VeLO - EP (2014)

Bien que sold-out, il nous apparaissait injuste de ne pas évoquer ce premier EP remarquable du groupe VeLO sorti en début d'année 2014.
Quatre compositions de post punk, concises (seul "I'm In Hate" dépasse les deux minutes...), minimales sans être minimalistes mais surtout parfaitement maîtrisées et exécutées. S'il on ne savait pas le groupe originaire de nos contrées, il eut été aisé de croire à un groupe revival anglo-saxon ou à des morceaux inédits de leurs glorieux ainés.
Brillant.



Mountain Bike - S/T (2014)

Petite entorse au principe même du Qualité Made In France, puisque ce premier album de Mountain Bike est l'oeuvre d'un groupe... belge. Les amoureux du plat pays et/ou des bières trappistes nous le pardonneront.
Groupe monté en 2012 autour de membres de Thee Marvin Gays ou Warm Toy Machine, il s'est fixé comme principe de mêler mélodies pop et garage high energy. Il en résulte un premier album très varié, particulièrement bien ficelé. Des petites pépites pop aux refrains addictifs ("I Lost My Hopes (In Paradise)", quelques ballades ("Just Good Friends" ; "Hanging Around") et des titres plus garage (l'enchaînement "Cigogne" / "Torture" / "Got Power").
Si tout cela se fait parfois au détriment d'une homogénéité d'ensemble, force est de reconnaître que le groupe en a sous le pied. Et quand bien même certains titres pourraient paraître éculé, le groupe trouve toujours le petit gimmick qui va rendre le morceau attachant (le riff de "Worm Land" ; "Everything But A Gift" ; l'ambiance tissée sur "Is That All About Money").
Une bien belle découverte que l'on doit au label Humpty Dumpty Records.
A noter que leurs premiers enregistrements ont fait l'objet d'une sortie K7 chez Howlin Banana Records, sous le titre bien trouvé de ... Early Recordings.



Odessey & Oracle and the Casiotone Orchestra (2014)

Prendre comme patronyme le nom d'un album aussi culte que celui des Zombies dénote chez un groupe une forme de courage. C'est pourtant bien ce qu'a fait le trio lyonnais qui offre un album singulier, étrange et insaisissable. Après plusieurs écoutes attentives on ne sait toujours pas si on aime ou pas ce disque mais en tout cas il ne nous a pas laissé indifférent, raison pour laquelle on on en parle aujourd'hui. Mêlant instruments habituels et d'autres moins usités (viole de gambe ou clavecin), évoquant aussi bien Zombies, Robert Wyatt que la musique médiévale, le cocktail présenté là déroute, désarçonne. A mi chemin entre bon et mauvais goût (remarquez où se trouve la limite?), le disque avance sur la corde raide en permanence, l'overdose de chantilly n'étant jamais loin.
On vous laisse juger sur pièces.


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