15 avril 2014

Night Beats - Sonic Bloom (2013)

Venus d'Austin, les Night Beats avait proposé en 2011, chez Trouble In Mind, un premier album plein de classe d'un grand classicisme mais en même temps d'une redoutable efficacité. Il aura fallu attendre deux ans pour pouvoir écouter un successeur à cet album homonyme, cette fois ci en co-prod Reverberation Appreciation Society (label de l'Austin Psych Fest) et Burger Records.

Dès les premières notes de "Love Ain’t Strange (Everything Else Is)" et jusqu'au terminal "The New World" on navigue en territoire connu, balisé, avec toujours les même influences, quelque part entre Seeds et 13th Floor Elevators et toujours ce timbre lancinant et nasillard de Lee Blackwell. La basse, débonnaire, se charge de rythmer les morceaux (l'extraordinaire "Playing Dead" devrait suffire à s'en convaincre) tandis que giclées de fuzz et accords distordus viennent dynamiter l'ensemble, la batterie s'occupant de lier le tout.

Avec Sonic Bloom on a affaire à un album de barons, le disque d'esthètes garage, de férus des compilations Nuggets ou Mindrockers, des mecs qui maîtrisent leur abécédaire du rock garage sur le bout des doigts.
Tout cela aurait pu paraître scolaire, et on ne masquera pas cet état de fait à nos lecteurs, mais les Night Beats ont pour eux deux atouts de taille : la voix et un songwriting au dessus de la normale auxquels s'ajoute un farfisa ou quelques notes de piano venant enrichir le son du groupe et couper court à toute possibilité de monotonie ("Satisfy Your Mind").
Et forcément, malgré toutes les réserves, certes légitimes, que l'on pourrait avoir, on craque pour ce style d'enregistrements lo-fi, à l'ancienne, qui n'apporte rien de neuf mais fait plaisir à entendre. Tout simplement parce qu'en plus d'avoir affaire à un groupe compétent, les Night Beats ont su capter l'essence des groupes dont ils s'inspirent et savent jouer sur leurs qualités, préférant exprimer leur savoir sur des rythmes plus lancinants, à l'intensité certaine, plutôt que sur des brulôts high energy qu'ils ne sauraient pas forcément maîtriser ("Playing Dead" ; "Sonic Bloom" ; "Catch A Ride To Sonic Bloom" ou "The New World"). On trouve même une piste surprenante avec un sax et un clavier à la James Leg, la géniale "At The Gates".

Les Night Beats ont compris, et on leur est gré, qu'avoir le son et l'attitude n'est pas une garantie suffisante et qu'il ne suffit pas de jouer systématiquement dans le rouge pour offrir un grand disque.
Rien que pour ça les Night Beats sont précieux.

Frank

Tracklisting :
A1 Love Ain’t Strange (Everything Else Is)
A2 Sonic Bloom
A3 Playing Dead
A4 Outta Mind
A5 Real Change
A6 Satisfy Your Mind
A7 Catch A Ride To Sonic Bloom
B1 The 7 Poison Wonders
B2 As You Want
B3 The Hidden Circle
B4 Rat King
B5 At The Gates
B6 The New World


Audio et vidéo :

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