2 juin 2012

Kraken - Antonio Segura / Jordi Bernet

Ouch ! Difficile de faire une bande dessinée encore plus Bis que « Kraken ». Pourquoi ? Mais parce qu'absolument tous les éléments inhérents à ce genre que nous chérissons tant sont au rendez-vous !
Imaginez...une ville appelée « Metropol », où le GAS (groupe d'action souterraine) est dirigé par le lieutenant Dante (sic) – un brun ténébreux aussi macho qu'il est intègre – afin de lutter contre la criminalité (mafieux, hobos déviants, serial killers) se déployant au sein des gigantesques égouts de la ville, sorte de labyrinthe où se cache le Kraken, une saloperie de bestiole qui n'apparaît jamais où on l'attend et qui absorbe ses victimes en les engloutissant au moyen de tentacules humides et visqueuses. Ajoutez à cela que les femmes ont toutes une grosse poitrine et des yeux à faire dézipper les braguettes par la pensée...Que demander de plus ?

des gros flingues...              des seins en danger....

Dans un esprit ouvertement pulp, l'histoire du Kraken est née de l'imagination du scénariste Segura et du dessinateur Bernet (voir son incroyable travail sur « Torpedo » ou « Bang Bang »). Plusieurs numéros parurent dans les années 80, de prime abord chez Gilou, puis les Humanos, puis Soleil...Mais la série est ENFIN rééditée dans son intégralité avec la plus grande classe : merci aux éditions Drugstore !

Parue au mois de mars dernier, il est donc indispensable de se jeter sur cette fabuleuse bédé qui ravira les amateurs de grands dessins en noir et blanc illustrant pléthore de scènes d'action trépidante où le sang gicle au delà des pages et dont les coups de feu résonnent jusqu'à vos oreilles.
Le style de Bernet est une merveille, le scénario lui permettant de s'amuser comme jamais avec les ombres dans ses égouts mal f amés, chaque recoin crasseux semblant dissimuler une monstruosité plus inhumaine qu'une autre. L'humour est cynique et le nihilisme de mise au sein de cette société corrompue dont les affaires se règlent sous le trottoir, dans les méandres d'un monde où personne ne souhaite poser les pieds...à moins d'avoir un corps à cribler ou à se débarrasser !

Un héro taciturne

La préface est signée de l'inénarrable JP Dionnet – véritable mémoire du Bis – afin de vous mettre dans les meilleures conditions pour attaquer cette intégrale qui, cerise sur le gâteau, est proposée sous la barre des vingt euros, un prix honnête (pour une fois) pour tant de pages et pour redécouvrir un trésor du passé.

Terrible.

Rick.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire