17 juin 2010

James Brown - Soul On Top (1969)

Il nous était impossible de faire une rubrique consacrée à la musique noire sans parler de l'immense James Brown, le Godfather Of Soul. On aurait pu tomber dans la facilité et faire une chronique de ses albums les plus connus mais s'il y a bien un disque indispensable de James Brown c'est bien ce Soul On Top sorti en 1969 et qui curieusement est souvent oublié quand il s'agit d'évoquer la longue carrière de cet artiste hors norme. Et pourtant quel chef d'oeuvre.
Loin de la soul et du R'n'B qui ont fait sa gloire, James Brown enregistre donc en 1969 un album de jazz !
Bien entendu comme à l'accoutumée, James Brown souhaite ce qui se fait de mieux. Il s'entoure donc d'un orchestre de jazz de 18 pièces, le Louis Bellson Orchestra, comprenant entre autres Al Arons, Louis Bellson et Maceo Parker et enregistre sous la direction du talentueux Oliver Nelson. Le résultat est epoustouflant, magique. On peine à trouver des superlatifs pour un disque dont le maître mot est CLASSE tout simplement. Classe d'un James Brown qui n'a sans doute jamais aussi bien chanté, alternant hurlements sauvages qui n'appartiennent qu'à lui et moments chargés d'émotion comme sur "What Kind Of Fool Am I?" preuve que James Brown était bien plus qu'un hurleur de génie. Classe également d'un orchestre au travail d'orfèvre, qui transcende les onze (douze dans la réédition) compositions présentes sur ce Soul On Top. Surtout quand on apprend que le disque a été enregistré en deux jours, les 10 et 11 novembre 1969...
On retrouve sur ce disque des morceaux de jazz, des classiques ("For Once In My Life" popularisé par Sinatra ou "Every Day I Have The Blues" de Memphis Slim) mais aussi des versions forcément différentes de classiques du répertoire du Godfather Of soul ("It's A Man's Man's Man's World" ou "Papa's Got A Brand New Bag").
Il faut au moins une fois dans sa vie écouter "It's A Man's Man's Man's World" étiré sur 6'36, sur lequel James Brown éructe, harangue ses troupes (I Want The Band ! clame-t-il à mi-morceau).
Et que dire des arrangements somptueux de "The Man In The Glass" ou le charme délicat de "It's Magic" beau à en pleurer...
Ce disque est une pièce unique, on l'a dit, dans la carrière de James Brown mais aussi un des rares disques de jazz à s'adresser autant au fan de jazz qu'au néophyte. C'est là encore une fois la preuve éclatante de l'immense talent de James Brown capable de s'approprier les codes du jazz tout en conservant sa marque de fabrique qui a servi à asseoir son succès. Car oui James Brown savait tout chanter.
Le disque a été magnifiquement remasterisé en 2004, le son y est remarquable de finesse. Une raison supplémentaire de vous en procurer un exemplaire.

Frank

le lien deezer :
http://www.deezer.com/fr/#music/james-brown/soul-on-top-296704

Tracklisting :
1-"That's My Desire" (Helmy Kressa, Carroll Loveday)
2-"Your Cheatin' Heart" (Hank Williams)
3-"What Kind of Fool Am I?" (Leslie Bricusse, Anthony Newley)
4-"It's A Man's, Man's, Man's World" (James Brown, Betty Jean Newsome)
5-"The Man In The Glass" (Bud Hobgood)
6-"It's Magic" (Sammy Cahn, Jule Styne)
7-"September Song" (Maxwell Anderson, Kurt Weill)
8-"For Once in My Life" (Ron Miller, Orlando Murden)
9-"Every Day I Have the Blues" (Memphis Slim)
10-"I Need Your Key (To Turn Me On)" (Louie Bellson)
11-"Papa's Got a Brand New Bag" (Brown)
12-"There Was A Time" (2004 reissue only) (Brown, Hobgood)

Pour les complétistes, le backing band est composé de : Al Aarons - trompette, Jack Arnold - percussion, John Audino - trompette, Louis Bellson - batterie, Ray Brown - basse, Pete Christlieb - saxophone, Jimmy Cleveland - trombone, Buddy Collette - saxophone, Nick DiMaio - trombone, Chuck Findley - trompette, Jim Mulidore - baritone saxophone, Maceo Parker - tenor saxophone, Bill Pitman - guitare, Tom Porello - trompette, Joe Romano - saxophone, Louis Shelton - guitare, Kenny Shroyer - trombone, Bill Tole - trombone, Frank Vincent - piano et Ernie Watts - alto saxophone.


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