Le troisième album des Vicars est tout simplement... excellent. Ces jeunes Anglais ont bien progressé depuis leur disque précédent. Psychotic Beat (2009) est, sans conteste, un bon album, mais un peu trop monochrome. Avec I Wanna Be Your Vicar, le trio de Bury St. Edmunds fait un sans faute. Enlevé en une demi-heure, l'album n'a guère de temps mort ou de morceau inutile.
Tout, ici, répond à une seule nécessité : jouer une musique nerveuse, épurée, débarrassée de verbiages et d'afféteries. Le jeu est précis et les guitares de Chris Langeland sonnent idéalement, sèches et concises.
Les Vicars ont délibérément bloqué le compteur de leur « time machine » sur les années 1964-1966. Leurs tables de la loi, ce sont le R&B britannique et le rock garage. Mais la musique des Vicars n'est ni datée, ni vieillotte, ni confite dans les références et les révérences. Enjoué, plein d'une énergie communicative, le rock'n'roll de ces Anglais est d'une fraîcheur revigorante.
On en veut pour preuve le premier morceau de l'album, « I Wanna Be Your Vicar », idéal pour se décrasser les jambes. La rythmique balance un tempo R&B bien serré, les choeurs gouailleurs ajoutent une touche de drôlerie, un joli petit solo de guitare arrive à se nicher dans l'ensemble : ce morceau d'ouverture, parfait, procure une joie toute bête. La revancharde « I'll Be Gone » prépare le terrain à l'un des meilleurs moments du disque. « Lights », plus dure, plus garage, rappelle les Shadows of Knight : emmenée par un riff efficace, chantée d'une voix étranglée, la chanson est tout à fait percutante.
Dans cette veine, « Hauser & O'Brian », révèle bien le talent des Vicars : ces types ne confondent pas nervosité et frénésie, leurs morceaux ne se résument pas à une simple décharge électrique. Tout est parfaitement en place dans ce morceau : riffs, vocaux, solo, s'emboîtent de la meilleure des façons.
Cette maîtrise de la composition, on la retrouve sur « Your Eyes », un des sommets du disque. Ici, les Vicars ralentissent le rythme, pour un mid tempo admirable de justesse. Les guitares sont parfaites, tendues, distillant quelques accords énergiques qui structurent le morceau avec autorité. Du très beau travail
Cette qualité, on la retrouve avec « Every Day », le clou du disque. Le morceau démarre sur un beat R&B très martelé, puis vire plus « freak » : le solo de guitare est le plus agressif du disque, et la musique alors, pour le coup, devient rouge avec des éclairs violets. Après cet orage, la guitare tisse une résille sonique qui vibre d'une électricité menaçante.
C'est sur ce superbe morceau que se termine l'album. Dès lors, on n'a qu'une seule envie : le faire jouer encore et encore, car, au delà de ces grands moments, chaque morceau révèle un détail ou un gimmick qui fait mouche. Ainsi, le riff à la Kinks de « Satisfy You » accroche l'oreille. Et le tempo enlevé du « Crocodile Chomp » donne des fourmis dans les jambes.
Au final, on ne peut que recommander ce très bon disque ! Si Psychotic Beat marchait surtout à l'énergie, I Wanna Be Your Vicar s'impose par ses compositions, sa maîtrise et sa synthèse très efficace entre british beat et garage rock. Albion peut être fière de ses Vicars.
Bruno
Tracklisting :
A1 - I Wanna Be Your Vicar
A2 - I’ll Be Gone
A3 - Lights
A4 - I Feel Alright
A5 - Your Eyes
A6 - Rooftop Blues
B1 - Crocodile Chomp
B2 - Hauser & O’Brian
B3 - I’ll Do You Wrong
B4 - Satisfy You
B5 - Should Have Stayed At Home
B6 - Every Day
10 mai 2012
8 janvier 2012
Thee Vicars – 5/01/2012 (Espace B à Paris 19ème)
Après les avoir vu en excellente forme au festival « Cosmic Trip » de Bourges en juin dernier, nous n'allions pas manquer d'assister au retour de ce trio sur une scène parisienne.
Ce fut donc chose faite lors de ce jeudi soir à l'Espace B, sympathique bar/restau juxtaposant le parc de la Villette dans le XIXème arrondissement de Paris. Petite et toute de noir vêtue, la salle de concert l'est assurément. En entrant dans la pièce, on comprend vite que l'on devra se boucher le nez si la batteuse lâche une caisse. Pour autant, c'est bien dans ces conditions que l'on est le mieux à même d'assimiler la bonne parole de ces hérauts du beat anglais période sixties.
Après une première partie des Guillotines au son brouillon qui ne parvint pas à nous convaincre, les choses sérieuses débutent donc à 22h pétantes.
Les Vicars sont calés, instantanément dans leur concert, ils ne relâcheront pas la pression durant les 55 minutes qui vont suivre. Le public semble conquis, enthousiaste devant l'énergie déployée par ce groupe décidé à lui envoyer son meilleur psycho beat en pleine poire, à coups de morceaux aussi courts que jouissifs.
La batteuse fait le job, le bassiste possède une voix un peu trop criarde par moment (presque caricaturale) mais celui qui cristallise l'attention et qui nous colla un sourire sur le visage à la vue de sa fougue et de son charisme, c'est certainement le guitariste. Complètement habité, ce gosse transcende le groupe et apporte un vent de fraîcheur appréciable à ce courant musical usé jusqu'à la corde.
Avec Thee Vicars, on pense aux Kinks, mais aussi aux Standells, et autres Shadows of Knight...(on notera une superbe reprise du « Raw-Hide » de Link Wray). C'est un véritable bond dans le temps auquel ces anglais nous convient, exercice d'autant plus périlleux que la parodie n'est jamais bien loin.
On aurait aimé un concert un peu plus long mais force est de constater que le trio s'est vraiment donné, envoyant tout le bois dont il était capable devant un public d'affranchis qui, à la fin du concert, aurait pu avoir à la main une pancarte « Approved »...
Mr BOF
P.S : Merci pour les photos signées Vidal.
Ce fut donc chose faite lors de ce jeudi soir à l'Espace B, sympathique bar/restau juxtaposant le parc de la Villette dans le XIXème arrondissement de Paris. Petite et toute de noir vêtue, la salle de concert l'est assurément. En entrant dans la pièce, on comprend vite que l'on devra se boucher le nez si la batteuse lâche une caisse. Pour autant, c'est bien dans ces conditions que l'on est le mieux à même d'assimiler la bonne parole de ces hérauts du beat anglais période sixties.
Après une première partie des Guillotines au son brouillon qui ne parvint pas à nous convaincre, les choses sérieuses débutent donc à 22h pétantes.
Les Vicars sont calés, instantanément dans leur concert, ils ne relâcheront pas la pression durant les 55 minutes qui vont suivre. Le public semble conquis, enthousiaste devant l'énergie déployée par ce groupe décidé à lui envoyer son meilleur psycho beat en pleine poire, à coups de morceaux aussi courts que jouissifs.
La batteuse fait le job, le bassiste possède une voix un peu trop criarde par moment (presque caricaturale) mais celui qui cristallise l'attention et qui nous colla un sourire sur le visage à la vue de sa fougue et de son charisme, c'est certainement le guitariste. Complètement habité, ce gosse transcende le groupe et apporte un vent de fraîcheur appréciable à ce courant musical usé jusqu'à la corde.
Avec Thee Vicars, on pense aux Kinks, mais aussi aux Standells, et autres Shadows of Knight...(on notera une superbe reprise du « Raw-Hide » de Link Wray). C'est un véritable bond dans le temps auquel ces anglais nous convient, exercice d'autant plus périlleux que la parodie n'est jamais bien loin.
On aurait aimé un concert un peu plus long mais force est de constater que le trio s'est vraiment donné, envoyant tout le bois dont il était capable devant un public d'affranchis qui, à la fin du concert, aurait pu avoir à la main une pancarte « Approved »...
Mr BOF
P.S : Merci pour les photos signées Vidal.
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Frankystooge
2 commentaires:
7 juin 2011
Compte-rendu Cosmic Trip 2011 (2/2)
Quelques heures de sommeil bien méritées ont permis de recharger les accus. C'est donc en (presque) pleine possession de nos moyens qu'on attaque cette deuxième journée à Bourges.Un samedi après-midi farniente, passez à errer dans les rues de Bourges et à déguster une bonne bière en terrasse. On a donc il faut bien le reconnaître zappé les prestations de Chicken Diamond qui remettait le couvert (à 13h !!!) et du Massey Ferguson Memorial...
On pensait se rattraper avec les prometteurs Towerbrown malheureusement le set a été gâché par le volume sonore insoutenable qui n'a réussi qu'à nous faire fuir (et accessoirement nous faire se replier vers la buvette...). Vraiment dommage pour ce groupe qui ne méritait pas pareil traitement. D'ailleurs on a toujours pas compris ce qui s'est passé surtout qu'au même endroit Reverend Beat Man le même jour et Chicken Diamond la veille n'ont pas rencontré le moindre souci. Tiens d'ailleurs pour la peine on en reparle bientôt suite à la parution de leur premier EP.
Afin d'occuper les deux heures qui nous séparent de l'ouverture officielle du festival, direction le city stade pour un match de foot entre festivaliers qui restera comme un des instants les plus rock and roll du w-e. Il faut dire que le match s'est déroulé pour partie sous des trombes d'eau, dans une ambiance de fin du monde. Cela n'a pas empêché de passer un agréable moment.
Bon, retour aux choses sérieuses.
Ce sont les excellents Rivals qui ouvrent le bal. Energiques et efficaces, les musiciens ont assuré et offert un excellent set. Leur prestation fut l'exact contraire de celle des Sheetah la veille : balance parfaite et un chanteur audible. D'ailleurs il semble bien que globalement les groupes du 2e jour ont bénéficié d'un meilleur environnement sonore que la veille ce qui nous amène à relativiser la prestation des lillois la veille.
Pour en revenir aux Rivals, groupe que l'on a l'occasion de voir régulièrement sur Paris, ils semblent s'affiner et se bonifier au gré de leurs prestations. Plus qu'encourageant pour la suite.
Puis ce sont aux Vicars de monter sur scène. Jouissant d'une excellente réputation notamment grâce à un album ébouriffant, Psychotic Beat on attendait avec impatience la prestation des anglais. Et ce même si certains d'entre nous étaient dubitatifs suite à leur passage de 4 à 3 membres. La formule power trio allait elle leur permettre de conserver ce groove imparable qui fait tout le sel de leurs compos ? la réponse est indubitablement oui. La nouvelle formule, plus resserrée leur offre une puissance insoupçonnée tout en conservant une réelle capacité à faire remuer les popotins. Leur prestation remarquable et remarquée restera comme un des moments forts du festival.
(saurez-vous reconnaître un éminent blogueur en train de twister admirablement sur ce morceau des Vicars ?)
L'interplateau permet de découvrir le Reverend Beatman, one man band assez charismatique (le mot est faible). Un aperçu de la discographie du monsieur permet de deviner sa chapelle sonore : avec des titres comme "surreal folk blues gospel trash" ou "your favorite position is on your knees" pas besoin de faire un dessin. La prêche fut ahurissante, orchestrée par quelques déflagrations de guitare. Cru, sauvage et donc profondément rock and roll, le show du Reverend Beat Man a converti plus d'un festivalier.
A noter la "battle" improvisée avec un Chicken Diamond décidément partout ce w-e !
The Good The Bad qui succède aux Vicars sur la grande scène a un peu divisé l'assemblée. Si le surf proposé par le trio est de qualité (avec quelques plans de guitare assez hallucinants), les poses des deux guitaristes et des compositions parfois brouillonnes ont pu lasser. Pour autant on leur reconnaîtra suffisamment de talents et un concert qui sans être génial était de relative bonne facture.
Les espagnols de Wau Y LOs Arrrghs ! ne sont eux pas venus pour plaisanter avec un garage rock un peu bas du front mais volontaire et diablement efficace. Certainement l'un des concerts les plus violents du w-e qui a antraîné les festivaliers présents dans la fosse dans une suite ininterrompue de pogos. La formule nous est apparut assez répétitive mais exécutée avec une telle fougue et une telle énergie que cela impose le respect.
Cette année, le Cosmic Trip a offert la tête d'affiche aux vétérans de A-Bones. Ce qui a de bien dans ce genre de situations c'est que le set se résume souvent à un best of live, ce qui dans le cas des A-Bones nous convient assez bien. Entre garage rock revival sixties et réminiscences fifties, les A-Bones ont offert un set honorable qui termine dignement une quinzième édition du festival de haute tenue cette année.
Enfin il convient de saluer le travail remarquable des bénévoles qui se sont démenés tous le w-e pour offrir aux festivaliers un accueil chaleureux. Sans eux le Cosmic Trip ne serait sans doute pas ce qu'il est : un des meilleurs festivals en France.
Frank & Mr Bof
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Frankystooge
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16 avril 2010
Thee Vicars -Psychotic Beat (2010)
Le courant garage revival sixties (ouais un peu pompeux mais le garage se décline en tellement de sous-genres que la précision est nécessaire) se caractérise par une formidable vitalité. On ne compte plus, à chaque décennie, le nombre de groupes, de part le monde, qui, en droite ligne des groupes des coffrets nuggets, se sont lancés dans le créneau.Pourtant la deuxième partie des années 2000, s'est particulièrement singularisée avec l'éclosion sur cette scène de groupes d'une rare qualité tant sur disques que sur scène. Il faut bien dire que les productions discographiques n'étaient jusqu'à présent pas souvent à la hauteur des prestations scéniques souvent excellentes des dîts groupes garage.
La scène garage avait bien besoin de se trouver de nouveaux hérauts/héros.
Avec les Staggers, Urges, Revellions ou Satelliters on a ainsi eu notre lot de disques massifs, très bien produits (merci Soundflat Records et Dirty Water Records), gorgés de pépites garage rock. Et bien Thee Vicars est de la même trempe que les groupes sus-cités.
Le groupe nous vient de Bury St Edmunds un bourg du comté de Suffolk, connu pour avoir accueilli en 2004 en sa cathédrale les funérailles de John Peel, le célèbre disc jockey.
Héritiers du rythm & blues anglais (Pretty Things notamment), le groupe déploie une énergie et un côté plus "brutal" parfois qui les rapproche de la scène américaine sixties. On pense en effet beaucoup aux Shadows Of Knight à l'écoute de ce Psychotic Beat.
Ce deuxième opus (après Back On The Streets), permet aux Thee Vicars de déployer tout leur savoir-faire. Enregistré à l'ancienne, sur des instruments vintage, on jurerait que le disque a été enregistré en 1965-1966 ! Si tel avait été le cas nul doute que le groupe se serait trouver en bonne place dans le Garageland d'Ungemuth.
Effectivement, ce qui surprend à l'écoute des douze titres de l'album c'est la spontanéité dont fait preuve le groupe. Malgré le fait que le genre n'a rien de nouveau, il arrive à insuffler un vent de fraîcheur assez jouissif. Thee Vicars selmble avoir trouver la recette du "comment faire du neuf avec du vieux" ! Car, des pistes de la qualite de "Baby Come On Home", "Mr Operator", "You Lie", "The Beat", "Yeah Yeah" ou encore "Last Night" cela faisait bien longtemps que l'on en avait pas entendu.
C'est bien simple dans leur créneau Thee Vicars n'a que peu de concurrents. Et si on ajoute une superbe pochette on est pas loin du sans faute.
Bien sur certains grincheux diront qu'il s'agit toujours de the same old song. oui mais the same old GOOD song et ça fait toute la différence.
Frank
(http://www.myspace.com/theevicarsuk)
Tracklisting :
1 Baby Come On Home
2 What’s The Latest?
3 Mr Operator
4 You Lie
5 Monkey Mess
6 Last Night
7 The Beat
8 Come On Stomp!
9 The Man Who Lived Next Door
10 Yeah Yeah
11 Feel So Good
12 Almost There
Quelques vidéos :
Le groupe en live à Perpignan !
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Frankystooge
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