21 mai 2014

The Revellions - Give It Time (2014)

Give It Time ... on en aura laissé du temps aux Revellions pour nous offrir le successeur de leur brillant premier essai ! 6 ans tout de même... Quand bien même le groupe avait refait surface en 2012 avec un single, on avait cru celui-ci perdu et ses membres dispersés. Jusqu'à ce que l'on apprenne la sortie imminente de ce nouvel album !

Remarquez, à la première écoute du disque, on aurait pu croire à un groupe homonyme, tant le son semblait si éloigné de la furia que générait nos irlandais à l'époque de leur premier disque. Plus que réellement assagi, c'est l'approche du groupe qui est différente. Fini le temps où celui-ci envoyait un garage punk plein de fougue et de panache, l'ampli bloqué dans le rouge. Désormais, le groupe se fait plus aventureux, agrémente ses compositions de cuivres, de guitares mariachis, fait des emprunts au country rock...
Le changement est radical. Le résultat n'en est pas moins remarquable et ce, que ce soit sur des morceaux up ou mid tempo.
Mais ce qui est plus remarquable, c'est que malgré ces changements, on retrouve la patte du groupe, ces giclées de fuzz, cette rythmique solide, ce farfisa inspiré et surtout cette gouaille inimitable de James Lister au chant. Et surtout, il conserve cette capacité à mettre de l'intensité, l'air de rien, sur leurs morceaux. L'introductif "Bitter & Twisted" en est la meilleure illustration.

"Sighs", le fameux single de 2012 - qui avait tant dérouté par son côté mariachi - s'intègre ici naturellement, dans cet ensemble hétéroclite mais homogène. Ainsi, "Don't Wait For Me" et ses cuivres, commence comme un titre des Saints période Prehistoric Sounds et se poursuit comme un morceau de garage soul qui fait le fonds de commerce des Tokyo Sex Destruction. Signe du changement, les cinq minutes de "Give It Time", pépite de rock psychédélique et lancinant sur laquelle la furia des guitares fait des merveilles ou le doorsien "Somewhere In Between" qui élargissent la palette musicale de nos irlandais. Le groupe est même touchant quand il se lance sur les traces d'un Johnny Cash ("Strung Out Bad").

Si l'on accepte le fait que les Revellions ne sont plus le groupe de garage rock que l'on a connu, ce Give It Time solide et souvent inspiré, s'impose comme une réelle réussite. Et puis un groupe qui balance un titre comme "In Vino Veritas" a forcément droit à tous les égards, non ?

Frank

Tracklisting :
1- Bitter & Twisted
2- Sighs
3- Don’t Wait For Me
4- Give It Time
5- In Vino Veratas
6- Somewhere In Between
7- Strung Out Bad
8- The Waltz
9- Drip


Audio et Vidéo :









27 mars 2009

Soirée Gloria (26/03/09)

Soulagement ! Tel est le sentiment qui nous étreint au moment d'entrer au Trabendo pour cette dix neuvième soirée Gloria. Déjà parce que ça faisait un moment que l'équipe Gloria n'avait donné signe de vie. Ensuite, parce que l'affiche était alléchante : les français de Carpet Sellers, les irlandais de The Revellions, et LA légende, les Pretty Things...
C'est avec un peu de retard (imputable à un apéro prolongé de Mr Pop) que l'on assiste à la prestation des Carpet Sellers. Malgré une tension palpable, les Carpet Sellers ont déroulé leur garage rock énergique et mélodique avec une conviction sans faille emportant l'adhésion de l'ensemble du public présent satisfait de découvrir ou de re-découvrir un groupe garage français capable de rivaliser avec leurs homologues anglosaxons notamment. Malgré un public forcément exigeant, les Carpet Sellers ont relevé le défi avec brio et repartiront certainement avec de beaux souvenirs en tête et surtout plein d'espoirs pour l'avenir. Vivement un disque !
A peine le temps de fumer une clope ou de descendre une pinte que les irlandais de The Revellions montent à leur tour sur scène. Précédés par une réputation élogieuse de bêtes de scène et d'un album tout bonnement excellent, nos irlandais étaient attendus au tournant. Leur prestation fut asez hallucinante, frénésie et rage rock'n rollienne mélées, le jeu du chanteur à chaque fois à la limite de la rupture contribuant à l'atmosphère de sauvagerie que dégage le groupe. Pour autant s'il on ne connaît pas leurs morceaux, on peut être quelque peu dérouté par la musique que propose le groupe sur scène. L'orgue en retrait et le jeu centré sur le chanteur rendant certains morceaux peut être moins percutants sur scène. Mais on fait la fine bouche. Le concert fut pour ma part exceptionnel. A noter que les deux derniers morceaux, absents de leur album, présentent un groupe sous forte inspiration stoogienne, et augure le meilleur pour la suite si cette orientation se confirme.
Les Pretty Things... On a tout dit sur ce groupe sauvage et authentique, responsable de 5 ou 6 albums indispensables. Et malheureusement un des grands oubliés du rock sixties. Le groupe se présente aujourd'hui sans Skip Alan et Wally Waller (pour problèmes de santé) et sont remplacés par deux jeunes loups, au demeurant excellents instrumentistes.
Bon laissons nous gagner par l'émotion, le concert fut époustouflant. On manque de mot pour décrire ce flot d'émotions qui nous a submergé après un tel concert, où comment un groupe de sexagénaires met la fessée à 99% des groupes actuels et renvoit les Rolling Stones à leurs chères études. Avec une puissance et une énergie remarquable, des musiciens au top de leur forme, les Pretty Things ont balayé l'ensemble de leur discographie, balayant toutes les époques et abordant tous les styles. Le groupe démarre avec deux classiques de leur répertoire rythm & blues, "Roadrunner" et "Don't Bring Me Down", deux pépites que l'on déguste sachant ces moments uniques. Le groupe proposera ensuite deux morceaux plus récents dont un "Beat Goes On" échappé de leur dernier album Balboa Island sorti en 2007.
Les choses sérieuses reprennent avec deux morceaux de SF Sorrow dont une version magistrale du morceau-titre. Alors que l'on aurait pu penser que le groupe pousuivrait sur cette voie, les musiciens quittent la scène, laissant Dick Taylor et Phil May seuls sur scène pour un des grands moments du concert, offrant au public deux blues sur lesquels Phil May démontre quel excellent chanteur il est, mais c'est surtout Dick Taylor qui tire son épingle du jeu, avec un jeu de guitare sans équivalent, si ce n'est chez Johnny Walker... Le groupe remonte ensuite sur scène pour une reprise boostée de "Hoochie Coochie Man". Après "Passion Of Love" (Rage Before Beauty 1999) et un excellent "Come See Me", le groupe convie sur scène Little Bob pour un "Midnight To Six" incandescent, avant d'inviter également Henri Padovani à prendre part à la fête !
Ne laissant pas le temps au public de reprendre son souffle, les Pretty Things exécuteront successivement "Judgement Day", un "LSD" enchainé à "Old Man Going" (excusez du peu!) avant de quitter la scène une première fois...
Le rappel sera constitué de "Rosalyn", "I'm Crying" (???) et une version explosive de "Mona" en compagnie des frenchies.

C'est le coeur léger et les yeux qui brillent que l'on quitte le Trabendo après une soirée parfaite !
Merci à Dave et Cedrico pour l'organisation de cette soirée. Et un grand coup de chapeau aux Carpet Sellers, The Revellions, et aux Pretty Things pour le plaisir qu'ils nous ont procuré.

Mr.Rock

4 février 2009

The Revellions - The Revellions (2008)

La scène dublinoise serait-elle la réponse du vieux Continent à la déferlante garage venue des Etats-Unis (disques Alive Records, Scène de Détroit, Black Lips...) ?
C'est la question que l'on peut décemment se demander après le génial Psych Ward de The Urges et le premier album de leurs potes de The Revellions ! Tout comme The Urges, The Revellions est fortement inspiré par les pépites dont regorgent les coffrets Nuggets. Néanmoins ces deux groupes sont loin d'être de simples groupes à 45T comme en attestent la densité et l'égale qualité des titres présents sur leurs albums respectifs.
The Revellions est composé de James Lister (Guitare/Chant), Ali Moore (Chant), Gareth J. Jenkins (Basse/Choeurs), Mick Smith (Batterie) et Thomas d'Arcy (Orgue/Percussion/Choeurs). L'album a été enregistré à Gijon en Espagne, produit par Jorge Explosion et Mike Mariconda et distribué par Dirty Water (les cousins de Gloria) en décembre 2008.
Disons le clairement, les dix pistes qui figurent sur cet album sont dix pépites indispensables à l'amateur de garage rock, dix brûlots qui réussissent haut la main l'épreuve de l'exercice de style dans un genre mille fois ressassé tout en gardant suffisamment de personnalité pour devenir un classique du genre.
En premier lieu ce qui surprend chez The Revellion c'est le rôle prépondérant du batteur au jeu puissant et subtil à la fois et qui assoit les morceaux du groupe permettant aux autres musiciens de s'exprimer pleinement. Ensuite c'est la place laissée à l'orgue de Thomas d'Arcy présent au premier plan sur l'essentiel des morceaux. L'introductif "Ain't No Fool" est d'ailleurs assez représentatif : batterie et orgue lançant le morceau, les guitares fuzz discrètes attendant la fin du morceau pour s'exprimer, les voix des deux chanteurs se répondant tout au long du morceau. Magnifique. La gouaille de James Lister fait autant penser à Sky Saxon (Seeds) qu'à Roky Ericksson (13th Floor Elevators).
"Down On Your Luck", basé sur un riff de guitare imparable (ce qui rappelle que bien souvent efficacité rime avec simplicité), rappelle d'ailleurs furieusement ces deux groupes, avant d'exploser littéralement sous la double impulsion des guitares et de l'orgue. Quant à "Up To You", ce morceau est la preuve éclatante du savoir-faire et de la maîtrise du groupe, chaque musicien tirant chacun à son tour son épingle du jeu.
Le groupe enchaîne ensuite deux morceaux pieds au plancher, le jouissif "I Don't Mind" qui rappelle autant les sixties que les Cramps, avec un jeu de guitare à la Link Wray et un "Groundswell" d'1'54 titre surf devant beaucoup à Dick Dale et dans un registre similaire à celui des français de The Cavaliers.
A mi-album, et poursuivant sur la veine surf rock le groupe balance tour à tour "Not The Attraction" à l'ambiance de train fantôme et "Walking Away", qui permettent au guitariste de faire étalage de son jeu flamboyant.
Le groupe revient ensuite au garage sixties mâtiné de psychédélisme et on retrouve le jeu inspiré de Thomas D'Arcy avec notamment une fin de morceau époustouflante sur "Have It All" et une partition oppressante sur le barré "Telling Lies".
L'album s'achève sur la fausse balade "One Of A Kind" montrant que le groupe est également capable de surprendre.

L'acquisition de ce disque est indispensable à tout fan de garage rock qui se respecte. Assurément un disque majeur de cette année 2009. On attend désormais avec impatience de les voir sur scène !

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/therevellions)

Pour la bonne bouche, quelques vidéos disponibles sur le net :

The Revellions au Dirty Water Club


Reprise de "Ward 81" des Fuzztones à Dublin

"Have It All" sur la même scène