6 avril 2016

Qualité Made In France - Acte XIII

CHICKEN DIAMOND - THE NIGHT HAS A THOUSAND EYES (2016)

Quatrième album "officiel" en cinq ans (le bonhomme a également sorti quelques CD-R à ses débuts) pour notre one man band favori. Et à chaque fois cette question, cette anxiété, va-t-il malgré une formule éprouvée parvenir encore et toujours à nous enthousiasmer ?
Et bien pour la déception, faudra repasser, cela ne sera pas encore pour cette fois.
On retrouve sur ce The Night Has A Thousand Eyes (titre d'un film de 1948 dont le thème est devenu un standard du jazz), la voix puissante et rocailleuse qui fait tout le sel de l’œuvre de Chicken Diamond, mais ce dernier continue de tenter d'autres choses, de s'ouvrir à d'autres sensibilités que ce qui constitue son fonds de commerce habituel.
Ainsi si on retrouve ça et là le même fonds punk blues vénéneux qu'à l'accoutumée ("Cursed Blood" ou "Badlands" plus bas du front dans son exécution mais porté par un riff addictif), le son se fait tour à tour plus garage ou plus métal et chaque piste contient son lot de surprise.
L'ombre des Stooges plane ainsi grandement sur "Speed Demon" mais également "Castle In The Desert" avec son sax très McKay et "Ghost On The Highway" reprise du Gun Club sonne comme un bel hommage (involontaire?) à Motörhead. Le terminal "I Feel So Good" quant à lui lorgne du côté du "The Butcher" de Rose Tattoo, les amateurs apprécieront.
Des titres comme "Slot Machine" et surtout "Body Snatchers" permettent de mesurer le chemin parcouru, notamment dans le chant, ponctué d'éructations, que le Chicken n'a que rarement utilisé préférant, en grand timide, se réfugier derrière les parpaings qu'ils assènent, d'ailleurs toujours avec autant d’à-propos.
On découvre également un Chicken Diamond plus aventureux que jamais sur ce "Slow Wave Sleep" aux légères effluves psyché. Jamais on n'aura connu Chicken Diamond aussi apaisé que sur ce titre. Un titre qui prend son temps mais qui s'impose au final comme un des temps forts de l'album.
Vous l'aurez compris, The Night Has A Thousand Eyes est un excellent disque, une nouvelle pierre à l'édifice, un jalon supplémentaire d'une discographie pour l'instant sans faille.
Pourvu que ça dure !



REBELS OF TIJUANA - #3 (2016)

A bien y regarder cela faisait une paye que l'on avait pas eu de nouvelles des Rebels Of Tijuana. La Bourgeoise leur précédent long format datant en effet de 2012 (un EP Mambo était tout de même sorti en 2013). Alexis Kacimi avait mis à profit ce hiatus pour sortir l'année dernière un très bel album Cookies & Motoriders.
Ce nouvel album partage quelques similitudes dans le son avec son prédécesseur et, sans surprise, le groupe conserve son goût immodéré pour le garage et la pop sixties, ses accointances pour le yéyé et son attrait pour l'ironie sous toutes ses formes.
Si l'ensemble, à première écoute, nous a apparu moins frontal, moins immédiat que La Bourgeoise, il n'en demeure pas moins que ce #3 est un très bon album, éminemment sympathique notamment grâce à son humour et ses rimes que l'on affectionnent..
Les influences gainsbourgiennes de leur précédent opus laissent ici la place à des penchants pour l'oeuvre d'un Dutronc (ou fatalement celle des Playboys) avec lequel ils partagent nombre de points communs.
 Et même si on lui préfère La Bourgeoise, question de goût, cet album a pour lui ce qui faisait parfois défaut à ce dernier : une unité de ton qui fait que même dans ses temps un peu moins fort on ne s'ennuie jamais.
Et puis les Rebels ont pour eux cette capacité à pondre de petites merveilles : "Bangs", "Le Marquis du Garage", "Pampa" ou encore "Burt De Roubaix" sont à ajouter aux nombreuses réussites passées du groupe.
Un disque solide qui fera sans doute dire à ses détracteurs que les Rebels Of Tijuana déclinent un peu toujours la même formule. Certes. Mais ils le font bien, et c'est bien là l'essentiel.


TRUMPETS OF CONSCIOUSNESS (2016)

Derrière le nom un peu bizarre de Trumpets of Consciousness (après les portes de la perception, les trompettes de la conscience?) se cache le Lyonnais Thibauld Labey, ex A Songs. Un nom qu'il est urgent de retenir, toutefois, tant ce disque est une réussite. Nous sommes en effet en présence, avec ce premier LP, d'un album qui déborde d'amour pour le folk, la pop et le rock des années 60/70. Malgré son optique délibérément revivaliste, le disque ne bascule jamais dans le copier-collé de plans mille fois écoutés, pas plus qu'il ne s'enferme dans le pastiche. Clair, aéré, lumineux, l'album de Trumpets of Consciousness ne sent jamais le renfermé.
Dès le morceau d'ouverture, "Never Again", on est frappé par la facilité avec laquelle coule la musique et par le sentiment d'aisance qui baigne ce morceau touffu : une première partie voit alterner pop fluide et passage psychédéliques un peu sombres à la Morgan Delt, le second temps sonnant quand à lui plus easy listening.
Thibauld Labey semble avoir un goût pour les chansons aux constructions complexes. Si les vocalises de "Fruits In The Sun" laissent un peu perplexes, il ne faut pas chipoter, car ailleurs les réussites abondent. "The Game", tout d'abord, miniature alambiquée, toujours à deux doigts de sombrer dans l'excès de préciosité et de complication, se rétablit sur le fil, et emporte l'adhésion. "I'm In Love", ensuite, débute en hymne, sur un piano martelé, avant d'évoluer vers une pop classieuse à la Burt Bacharach. Les claviers rétro y sont superbes. Plus loin, avec le très beau "Let Down Let Flow", Labey assume une certaine grandiloquence (« I don't believe in music anymore »), et paie de belle manière son tribut à Big Star.
Le savoir-faire de Trumpets of Consciousness se révèle aussi dans des chansons à la facture plus classiques, à l'impact plus immédiat. "After All" est une réussite de pop enlevée, un morceau qui coule de source. Avec sa belle construction classique, et ses passages d'orgue bien tournés, "My Enemies" a quelque chose d'évident et de familier.
Et quand il s'agit de faire parler la poudre, Labey n'est pas non plus en reste. Sur la superbe "I Know", la tension ne se dément jamais, à la fois attisée et apaisée par des guitares qui évoquent le meilleur Crazy Horse. On passe un très bon moment à l'écoute de ce disque hautement recommandable.


JAROMIL SABOR - III (2016)

Avec une régularité de métronome voici que déboule le troisième album du précieux Jaromil Sabor, après les excellents Marmalade Sculpture (2012) et La Santa Roja (2014).
Précieux comme sa pop faussement lo-fi, comme sa capacité à proposer des mélodies brillantes qui renvoie à Tim Cohen ("Blue Sun").
Magnifiquement introduit par l'instrumental "Aedion", ce III est un condensé de toutes les obsessions de son auteur, un patchwork de ses influences.
Si la plupart des compositions font état de son penchant pour les mélodies léchées ("Until The End Of The World reprise de ses amis de Chiens de Faïence ; "Story Of Lisa"), Jaromil Sabor n'en oublie pas ses premières amours avec quelques saillies garage efficaces qui évoque le pas si lointain passé où il officiait chez Arthur Pym & The Gordons ("Knocked Out Circus" ; "Seagrave Station" ou encore "What I’m Saying").
Au rayon des pistes brillantes comment ne pas évoqué la suite "Becky Was A Carrion Siren" symptomatique de ses ambitions et de son absence de limite ? Une première partie, lente, traversée d'éclairs de banjo, trompettes, claviers, cuivres, la seconde braillarde, guitares en avant.
Deux facettes résumant l'ambivalence et le talent de Jaromil Sabor et expliquant dans une large mesure notre attachement pour les sorties du bonhomme.
Tout juste peut on noter une production certes bien calibrée mais qui donne un côté un peu propret par instant, sans aspérités, mais c'est quelque chose qui est très vite oublié au vu de la qualité des titres proposés ici. 


13 mai 2014

Chicken Diamond - My Name Is Charles "Chicken" Diamond (2014)

My Name Is ... est déjà le troisième album du one-man band ! Après deux albums de haute volée, on attend toujours (et c'est tant mieux) le moindre signe d'essoufflement. Adepte d'un raw blues guttural et sans fioritures, Chicken Diamond livre ici un nouvel opus une nouvelle fois impeccable.

On note un léger retour à des sonorités plus catchy, l'ensemble sonnant plus brut que son deuxième album. Sans véritablement parler de retour aux sources (pour ça encore eut-il fallu que l'ami Chicken mette le nez hors de son bayou), l'impression qui se dégage de ces dix nouvelles pistes est un sentiment de puissance, d'envie d'en découdre.

Dès les premières notes d' "Undercover", on sait que l'on va prendre une bonne dose de punk blues dans oreilles en même temps qu'undirect  en pleine poire, histoire de bien montrer qui est le patron. Car ce disque c'est indéniablement celui d'un homme qui maîtrise son affaire, distille son groove l'air de rien ("Wild Blood Confusion" aux accents zeppeliniens) avant de balancer le meilleur titre de ce début d'année, ce "(Don't Wanna Be A) Reptile" à faire damner un saint.

Et tout l'album est du même acabit, entre reprise surprenante ("Maggie's Farm" de Dylan), déflagrations en tous genres ("My Name Is Charles Chicken Diamond"), boogie endiablé ("Dark Boogie" forcément) et morceaux de bravoure en pagaille (la palme pour "Motorcycle" et "Mojo").
Le son est impeccable, pour un peu on se croirait à un concert du bonhomme, la sueur et les postillons en moins.

Un troisième album solide et inspiré, as usual en somme, doté d'une très belle pochette de surcroît, que dire de plus ? Juste ceci : ACHETEZ LE !

Frank

Tracklisting :
1 Undercover
2 Wild Blood Confusion
3 (Don't Wanna be a) Reptile
4 Maggie's Farm
5 My Name is Charles 'Chicken' Diamond
6 Dark Boogie
7 Cotton Field
8 Motorcyle
9 It's Not Him
10 Mojo

Audio et vidéo :

7 novembre 2012

Chicken Diamond - II (2012)

Enfin des nouvelles de Chicken Diamond ! Après un premier album enthousiasmant sorti l'an passé, on attendait avec une pointe de fébrilité la suite des aventures de notre one man band préféré. Fébrilité ? oui et ce à double titre. Tout d'abord, on était curieux de savoir si le gaillard en avait suffisamment sous la pédale (d'effet) pour sortir un deuxième album dans la lignée du premier. Ensuite, on était un peu en manque de raw blues ces jours ci, ce disque tombe donc à point nommé.

Et dès les premières notes de "Disappear", on est rassuré. Toujours aussi dense et percutante, la musique de Chicken Diamond envoûte et donne l'envie de s'acheter une bicoque au bord d'un marais et de pratiquer de la putain de magie vaudou !

Mieux, notre homme-orchestre réussit à surprendre là où on ne l'attendait pas : moins violent que son prédécesseur, les morceaux de ce Chicken Diamond II s'avèrent plus variés et même plus fins qu'à l'accoutumée. C'est simple, on jurerait entendre ici l'oeuvre d'un groupe et non le travail d'un seul homme, signe que ces années à tourner de façon incessante pour défendre ses morceaux sur scène ont porté leurs fruits. On a bien entre les mains le fameux album de la maturité, celui qui dans un monde idéal devrait ouvrir les portes de la reconnaissance à un artiste qui le mérite.

Le disque révèle une parenté de plus en plus évidente avec les premières oeuvres des Black Keys, notamment quand ces derniers offraient avec Chulahoma, un album de reprises de JR Kimbrough, une influence commune.
Mais ce qui rend la musique de Chicken Diamond si attachante, c'est que ce dernier, outre l'influence parfaitement digérée de l'oeuvre des plus grands bluesmen (on aurait pu citer l'inévitable RL Burnside), incorpore différents emprunts à d'autres courants musicaux. Si cela était manifeste sur son premier album avec les deux reprises inspirées du Velvet Underground et des Cramps, ici ces éléments transparaissent de chaque morceau qu'il interprète.
D'ailleurs, niveau reprises la galette n'en comprend qu'une, "The Thrill Is Gone" de Roy Hawkins et Rick Darnell, popularisé dans les seventies par B.B. King.
 
Mais l'intérêt est bien ailleurs et des pistes comme "Gold Rush", "Highway", l'étonnante "Get Out Of This Town", "Spitting On Your Face", "Leaving In The Morning", "Rock An Roll People" ou "High Low Blues" devraient ravir tout amateur de punk blues qui se respecte.

Pour ne rien gâcher, la pochette est splendide. Une réussite à tout point de vue.

Frank

Tracklisting :
1. Disappear
2. Gold Rush
3. 31 Highway
4. Middle Class
5. Get Out of this Town
6. Spitting in your Face
7. The Thrill is Gone
8. Leaving in the Morning
9. Rock’n roll People
10. Country Song
11. High Low Blues

Extraits :




6 juin 2011

Compte-rendu Cosmic Trip 2011 (1/2)

Difficile d'avoir les idées claires à l'heure d'évoquer cette quinzième édition du cosmic trip quand les effets dévastateurs des quelques litres de vin blanc ingurgités la veille font encore effet.
Et pourtant on va faire un effort pour vous faire partager ces quelques souvenirs et surtout nos impressions sur les groupes qui se sont produits ces derniers jours à Bourges.

Le cosmic c'est aussi une histoire de rencontres, celles de festivaliers muent par la même passion pour le rock and roll. L'occasion de faire la connaissance de quelques visiteurs de ces lieux et surtout d'échanger avec les éminents forumeurs de Planetgong.
Au niveau du public, on aura vu quelques personnages hauts en couleurs. On a noté que quelques tendances se dégagent : les incontournables tatouages, gomina et robes à pois ont ainsi cette année été concurrencés par les masques de catcheurs et les chemises à frange. Une foule bigarrée donc, venue communier, ensemble au nom du dieu rock and roll.

Encore une fois l'organisation fût quasi parfaite (on regrettera seulement que malgré les années les bénévoles ne sachent toujours pas quand changer un fût de bières, dommage quand on se tape les dernières bières éventées).
Malgré un programme chargé on a quand même eu le temps de faire les touristes, remonter la rue d'Auron pour visiter la splendide cathédrale, manger dans une cantine qui proposait en entrée de la couille d'âne (véridique mais on a pas osé la dégustation) et déguster de l'excellente bière au pub le Jacques Coeur..

Ah et comment évoquer le festival sans parler des joies du sandwich à l'andouillette, ce repas béni des dieux qui à permis à vos serviteurs de survivre durant ces deux jours....

Bref cessons ces digressions et revenons à l'essentiel : la musique !

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La première journée du festival, on a bien crû ne pas la vivre. Il faut dire que quand vous vous pointez à la gare et découvrez que l'on vous a vendu des billets sur un train qui n'existe plus il y a de quoi paniquer... Bon après 3 heures de périples, la découverte de charmantes communes (Mehun Sur Yevre, Marmagne et Foessy...) et quelques planteurs dégustés à même le sol entre deux wagons, on arrive enfin sur le lieu du festival mais malheureusement trop tard pour profiter de The Irradiates. Surtout que les deux derniers morceaux du groupe, les seuls que l'on a pu écouter, faisaient plaisir à entendre.


Le temps d'avaler une bière ou deux et c'est au tour de Sheetah & the Weissmuller de monter sur scène. Disons le clairement, bien qu'on adore le groupe sur disque, sur scène se fut une énorme déception. Balance apparemment mal faîte (on ne comprenait rien aux paroles, le comble quand on chante en français), beaucoup d'approximations dans le jeu des musiciens et on a eu peine à reconnaître le groupe qui nous a enthousiasmé avec Hola Yeah-Yé et I Need You.



La première grosse claque du festival viendra des irlandais de The Urges qui ont mis le feu, offrant un set remarquable et ce malgré des premiers (et nouveaux morceaux a priori) poussifs. Forcément vu la qualité des compositions de Psych Ward c'est tout de suite plus facile. Efficaces, bien en place et un chanteur charismatique, les Urges avaient tout pour réussir leur passage au festival. Contrat rempli.


Deux sandwichs à l'andouillette et quelques bibines plus tard on découvre un groupe assez hallucinant, Jancee Pornick Casino. Comment décrire le show proposé par ce groupe improbable ? Country, rock and roll, polka, reprise du Vol du Bourdon de Nikolaï Rimski-Korsakov, le trio ne s'impose aucune limite!!! Groupe improbable, avec un sens du spectacle certain, les Jancee Pornick Casino font n'importe quoi... mais ça fonctionne. A noter l'incroyable basse, une balalaïka contrebasse (merci Ratel).



Entre les concerts devaient se produire Dollar Bill qui finalement n'est pas venu, remplacer au pied levé par Chicken Diamond.
Dans des conditions moins favorables que les groupes à l'affiche (il joue dans l'entrée du Palais d'Auron!), Chicken Diamond a fait monter la température d'un cran. Les pistes de son premier album officiel (chez Beast Records) ont ravi les festivaliers. Un Chicken Diamond qui offrira en sus un TV Eye (Stooges) d'anthologie. Remarquable prestation.



A ce moment de la soirée on trépigne d'impatience. Il faut dire que la présence en tête d'affiche des Oh Sees faisait saliver. Au vu des excellents concerts précédents, la tâche s'annonçait pourtant ardu pour le groupe. John Dwyer et sa bande ont offert en retour une prestation ébouriffante, mettant de côtés l' acid-folk-rock de Castlemania pour se concentrer sur leurs morceaux les plus noisy, déclenchant moult pogos et slam devant un public certes conquis d'avance mais qui n'attendait sans doute pas les Oh Sees à un tel niveau. Un véritable ouragan sonore qui nous laissera exsangue, sur le flanc. Un seul bémol la trop longue jam finale mais rien qui ne vienne gâcher cet extraordinaire moment de rock and roll.



Cédant à la fatigue on a pas assisté à la DJ Party, préférant profiter de quelques heures de sommeil bien méritées après une superbe première journée.


Frank & Mr Bof



la suite bientôt...

26 mai 2011

Chicken Diamond - S/T (2011)

Dans la famille des "one-man-band" on a toujours gardé une oreille attentive sur les productions de Chicken Diamond. Il faut dire que son punk blues pêchu faisait plaisir à entendre sur les deux cds autoproduits "Snake Eat Snake" et "Naked Preach" (de larges extraits sont disponibles via son myspace).
C'est donc avec un plaisir non dissimulé que nous avons appris la sortie prochaine du premier LP de Chicken Diamond sur le label Beast Records (qui a accueilli entre autres Black Diamond Heavies, Shake It Like A Caveman ou Hipbone Slim).
Le 33T est composé de 10 titres issus des deux cds autoproduits mais remixés et remasterisés pour l'occasion. Que l'on se rassure, pas d'effets de manches sur ce disque très représentatif de ce que le gaillard peut proposer en live : du blues rugueux à souhait, des riffs bien saignants et une voix caverneuse qui devrait convaincre les fans du Reverend James Leg d'y jeter une oreille.
Le tracklisting et surtout son ordonnancement est parfait.
La pression monte tranquillement : "Damn' Old Sun" et "Factory Smoke" sont ainsi de parfaites mises en bouche permettant à l'auditeur de se familiariser avec le son et l'univers du bonhomme. "Power Of The Ancient People" permet de constater le savoir-faire de Chicken Diamond pour poser l'ambiance. on regrettera d'autant que le morceau s'achève sans l'explosion que l'on était en droit d'attendre. Frustrant. "Bones" remet les pendules à l'heure et surtout prépare magnifiquement le terrain pour une relecture inspiré de "Sister Ray" du Velvet Underground, preuve qu'en plus le garçon a du goût !

Le temps de retourner la galette et ça reprend pied au plancher, les morceaux de bravoure s'enchaînant sans temps morts. Il faut dire que commencer cette face par une reprise survitaminée et réussie de "Teenage Werewolf" des Cramps ça en impose tout de suite.
Le plus posé "Civilized", et "Come Home" font encore monter la température avant deux excellentes pistes, le rugueux "Whisky + Coke" et surtout "Me And My 44".

Avec ce premier LP, Chicken Diamond réussit à offrir un album de très bonne tenue et ce malgré la formule fatalement minimaliste.
Plus qu'encourageant, ce disque est assez enthousiasmant. Vivement la suite.

Frank

(http://www.myspace.com/chickendiamond)

Le disque est disponible ici : http://beastrecords.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=78&Itemid=47

A Side
1.Damn’Old Sun
2.Factory Smoke
3.Power of the Ancient People
4.Bones
5.Sister Ray

B Side
1.Teenage Werewolf
2.Civilized
3.Come Home
4.Whisky + Coke
5.Me and My .44

Vidéos :




14 avril 2011

Reverend James Leg / Chicken Diamond / Sheriff Perkins (La Miroiterie - 13/04/11)

C'est dans le plus vieux squat de paris que rendez-vous était pris pour assister au grand retour dans nos contrées du Reverend James Leg aka John Myers, chanteur organiste des Black Diamond Heavies. Un Reverend James Leg décidément dans tous les bons coups après ses participations aux disques de Cut In The Hill Gang et des Left Lane Cruiser (en attendant une participation à celui à venir des Buffalo Killers d'après une info glanée par nos potes de Planetgong!).
Un lieu haut en couleur donc pour une affiche alléchante concoctée par l'ami Ratel.
Au programme Sheriff Perkins, Chicken Diamond et donc Reverend James Leg.

Bon pour être franc on a rien vu du concert de Sheriff Perkins pour cause de pinte à 2.50... oui c'est vil mais bon... la soif quoi...
Néanmoins mes acolytes du soir confirmeront, le Sheriff Perkins a fait une très bonne prestation, solide avec semble-t-il une surprenante reprise de Prince pour conclure !
Pour se faire pardonner on ira dégotter son LP sorti chez CloseUp Records...
(http://www.sheriffperkins.com/)
Quelques bières plus tard c'est au tour de Chicken Diamond de faire monter la température de quelques degrés. Malgré les limites imposées par l'exercice (c'est un one-man band), le gaillard a époustouflé l'assistance par son punk blues incendiaire.
A noter que Chicken Diamond a sorti un nouvel album (autoproduit) Naked Preach, fortement recommandable et que l'on chroniquera bientôt.
(http://www.myspace.com/chickendiamond)
Si le show de Chicken Diamond était incendiaire, celui du Reverend James Leg fût incandescent. La température est montée en flèche dès les premières notes de clavier... Dans une formule identique aux Black Diamond Heavies (clavier/batterie), Reverend James Leg accompagné d'Andrew Jody a proposé un show éblouissant : blues, garage, early rock and roll, gospel, tout passe à la moulinette James Leg pour offrir à l'auditeur transi sa dose de R&R pur jus.
Le duo apparaît plus roots que celui formé avec au sein des Black Diamond Heavies et surtout plus brutal (notamment le batteur !).
Les pistes de Solitary Pleasure, album que le Reverend James Leg est venu défendre (et dont on reparle également bientôt), passent haut la main l'épreuve du live.
On aura le droit à de nombreux rappels "One More, One More" s'époumonne un public conquis auquel le duo répondra à chaque fois jusqu'à ce medley d'anthologie "Jumpin' Jack Flash/Search & Destroy" qui a laissé votre serviteur exsangue mais heureux.
Une leçon de rock and roll a été donnée hier soir.

Frank