6 avril 2016

Qualité Made In France - Acte XIII

CHICKEN DIAMOND - THE NIGHT HAS A THOUSAND EYES (2016)

Quatrième album "officiel" en cinq ans (le bonhomme a également sorti quelques CD-R à ses débuts) pour notre one man band favori. Et à chaque fois cette question, cette anxiété, va-t-il malgré une formule éprouvée parvenir encore et toujours à nous enthousiasmer ?
Et bien pour la déception, faudra repasser, cela ne sera pas encore pour cette fois.
On retrouve sur ce The Night Has A Thousand Eyes (titre d'un film de 1948 dont le thème est devenu un standard du jazz), la voix puissante et rocailleuse qui fait tout le sel de l’œuvre de Chicken Diamond, mais ce dernier continue de tenter d'autres choses, de s'ouvrir à d'autres sensibilités que ce qui constitue son fonds de commerce habituel.
Ainsi si on retrouve ça et là le même fonds punk blues vénéneux qu'à l'accoutumée ("Cursed Blood" ou "Badlands" plus bas du front dans son exécution mais porté par un riff addictif), le son se fait tour à tour plus garage ou plus métal et chaque piste contient son lot de surprise.
L'ombre des Stooges plane ainsi grandement sur "Speed Demon" mais également "Castle In The Desert" avec son sax très McKay et "Ghost On The Highway" reprise du Gun Club sonne comme un bel hommage (involontaire?) à Motörhead. Le terminal "I Feel So Good" quant à lui lorgne du côté du "The Butcher" de Rose Tattoo, les amateurs apprécieront.
Des titres comme "Slot Machine" et surtout "Body Snatchers" permettent de mesurer le chemin parcouru, notamment dans le chant, ponctué d'éructations, que le Chicken n'a que rarement utilisé préférant, en grand timide, se réfugier derrière les parpaings qu'ils assènent, d'ailleurs toujours avec autant d’à-propos.
On découvre également un Chicken Diamond plus aventureux que jamais sur ce "Slow Wave Sleep" aux légères effluves psyché. Jamais on n'aura connu Chicken Diamond aussi apaisé que sur ce titre. Un titre qui prend son temps mais qui s'impose au final comme un des temps forts de l'album.
Vous l'aurez compris, The Night Has A Thousand Eyes est un excellent disque, une nouvelle pierre à l'édifice, un jalon supplémentaire d'une discographie pour l'instant sans faille.
Pourvu que ça dure !



REBELS OF TIJUANA - #3 (2016)

A bien y regarder cela faisait une paye que l'on avait pas eu de nouvelles des Rebels Of Tijuana. La Bourgeoise leur précédent long format datant en effet de 2012 (un EP Mambo était tout de même sorti en 2013). Alexis Kacimi avait mis à profit ce hiatus pour sortir l'année dernière un très bel album Cookies & Motoriders.
Ce nouvel album partage quelques similitudes dans le son avec son prédécesseur et, sans surprise, le groupe conserve son goût immodéré pour le garage et la pop sixties, ses accointances pour le yéyé et son attrait pour l'ironie sous toutes ses formes.
Si l'ensemble, à première écoute, nous a apparu moins frontal, moins immédiat que La Bourgeoise, il n'en demeure pas moins que ce #3 est un très bon album, éminemment sympathique notamment grâce à son humour et ses rimes que l'on affectionnent..
Les influences gainsbourgiennes de leur précédent opus laissent ici la place à des penchants pour l'oeuvre d'un Dutronc (ou fatalement celle des Playboys) avec lequel ils partagent nombre de points communs.
 Et même si on lui préfère La Bourgeoise, question de goût, cet album a pour lui ce qui faisait parfois défaut à ce dernier : une unité de ton qui fait que même dans ses temps un peu moins fort on ne s'ennuie jamais.
Et puis les Rebels ont pour eux cette capacité à pondre de petites merveilles : "Bangs", "Le Marquis du Garage", "Pampa" ou encore "Burt De Roubaix" sont à ajouter aux nombreuses réussites passées du groupe.
Un disque solide qui fera sans doute dire à ses détracteurs que les Rebels Of Tijuana déclinent un peu toujours la même formule. Certes. Mais ils le font bien, et c'est bien là l'essentiel.


TRUMPETS OF CONSCIOUSNESS (2016)

Derrière le nom un peu bizarre de Trumpets of Consciousness (après les portes de la perception, les trompettes de la conscience?) se cache le Lyonnais Thibauld Labey, ex A Songs. Un nom qu'il est urgent de retenir, toutefois, tant ce disque est une réussite. Nous sommes en effet en présence, avec ce premier LP, d'un album qui déborde d'amour pour le folk, la pop et le rock des années 60/70. Malgré son optique délibérément revivaliste, le disque ne bascule jamais dans le copier-collé de plans mille fois écoutés, pas plus qu'il ne s'enferme dans le pastiche. Clair, aéré, lumineux, l'album de Trumpets of Consciousness ne sent jamais le renfermé.
Dès le morceau d'ouverture, "Never Again", on est frappé par la facilité avec laquelle coule la musique et par le sentiment d'aisance qui baigne ce morceau touffu : une première partie voit alterner pop fluide et passage psychédéliques un peu sombres à la Morgan Delt, le second temps sonnant quand à lui plus easy listening.
Thibauld Labey semble avoir un goût pour les chansons aux constructions complexes. Si les vocalises de "Fruits In The Sun" laissent un peu perplexes, il ne faut pas chipoter, car ailleurs les réussites abondent. "The Game", tout d'abord, miniature alambiquée, toujours à deux doigts de sombrer dans l'excès de préciosité et de complication, se rétablit sur le fil, et emporte l'adhésion. "I'm In Love", ensuite, débute en hymne, sur un piano martelé, avant d'évoluer vers une pop classieuse à la Burt Bacharach. Les claviers rétro y sont superbes. Plus loin, avec le très beau "Let Down Let Flow", Labey assume une certaine grandiloquence (« I don't believe in music anymore »), et paie de belle manière son tribut à Big Star.
Le savoir-faire de Trumpets of Consciousness se révèle aussi dans des chansons à la facture plus classiques, à l'impact plus immédiat. "After All" est une réussite de pop enlevée, un morceau qui coule de source. Avec sa belle construction classique, et ses passages d'orgue bien tournés, "My Enemies" a quelque chose d'évident et de familier.
Et quand il s'agit de faire parler la poudre, Labey n'est pas non plus en reste. Sur la superbe "I Know", la tension ne se dément jamais, à la fois attisée et apaisée par des guitares qui évoquent le meilleur Crazy Horse. On passe un très bon moment à l'écoute de ce disque hautement recommandable.


JAROMIL SABOR - III (2016)

Avec une régularité de métronome voici que déboule le troisième album du précieux Jaromil Sabor, après les excellents Marmalade Sculpture (2012) et La Santa Roja (2014).
Précieux comme sa pop faussement lo-fi, comme sa capacité à proposer des mélodies brillantes qui renvoie à Tim Cohen ("Blue Sun").
Magnifiquement introduit par l'instrumental "Aedion", ce III est un condensé de toutes les obsessions de son auteur, un patchwork de ses influences.
Si la plupart des compositions font état de son penchant pour les mélodies léchées ("Until The End Of The World reprise de ses amis de Chiens de Faïence ; "Story Of Lisa"), Jaromil Sabor n'en oublie pas ses premières amours avec quelques saillies garage efficaces qui évoque le pas si lointain passé où il officiait chez Arthur Pym & The Gordons ("Knocked Out Circus" ; "Seagrave Station" ou encore "What I’m Saying").
Au rayon des pistes brillantes comment ne pas évoqué la suite "Becky Was A Carrion Siren" symptomatique de ses ambitions et de son absence de limite ? Une première partie, lente, traversée d'éclairs de banjo, trompettes, claviers, cuivres, la seconde braillarde, guitares en avant.
Deux facettes résumant l'ambivalence et le talent de Jaromil Sabor et expliquant dans une large mesure notre attachement pour les sorties du bonhomme.
Tout juste peut on noter une production certes bien calibrée mais qui donne un côté un peu propret par instant, sans aspérités, mais c'est quelque chose qui est très vite oublié au vu de la qualité des titres proposés ici. 


21 octobre 2015

Qualité Made In France - Acte XI

11e volet de nos Qualité Made In France et un nouveau programme de qualité au menu !
Rassurez vous il y en aura pour tous les goûts !

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ALEXIS KACIMI - COOKIES ET MOTORIDERS (2015)

Tête pensante des estimés Rebels Of Tijuana, Alex Kacimi se fend d'un premier album solo. Enfin tout du moins d'un album sous son seul nom puisqu'on retrouve quand même sur ce dernier quelques compagnons de route des Rebels mais également des Monkberry Moon Orchestra.
C'est donc dans une ambiance familière, entouré de sa famille et de ses amis que le sieur Kacimi a enregistré ce Cookies et Motoriders, au titre révélateur de son contenu.
On retrouve donc ici tout ce qui rend l'oeuvre du garçon  si attachant : un goût immodéré pour les sixties, la pop gainsbourgienne, et des rêves évidents de grands espaces.
Il y a de tout ça sur ce disque entrecoupé d'instrumentaux (dont une reprise d'"And I Love Her" des Beatles) et d'extraits de films (?).
Mais il y a surtout une palanquée de titres brillants chantés majoritairement en français, comme l'addictive "Striptease Hollywood", les entraînantes "Un Milkshake Pour un Twist" et "Blonde et Blonde" ou "Cowgirl" notre titre préféré de l'album.
Varié, comme les multiples influences de son auteur, ce disque contient même un intermède soul ("Hey Mama") et une saillie rock and roll pour faire bonne mesure histoire de conclure sur une note plus seventies ("Bum Fuck Nowhere").
Cookies et Mootoriders, est un disque au charme suranné et au fort parfum d'insouciance, qui évoque un temps béni où on enregistrait des disques sans se soucier des effets de mode.
Rien que pour cela ce disque est précieux.



IRON BASTARDS - BOOGIE WOOGIE VIOLENCE

Comme en atteste les chroniques publiés en ces lieux, à RPM on est pas sectaire et de temps à autres un peu de heavy rock est le bienvenu. A ce titre Boogie Woogie Violence, premier album d'Iron Bastards vaut sérieusement le détour.
Power-trio venu de Strasbourg, les Iron Bastards s'inscrivent en droite ligne de l'oeuvre des estimés Motörhead. Comme la bande à Lemmy, nos strasbourgeois s'y entendent pour offrir un rock and roll chargé chargé en énergie, traversé de riffs incisifs et boosté par une section rythmique irréprochable. Un disque qui ravira les amateurs de la black trilogy de Motörhead (1916, March Or Die et Bastards).
Mais loin d'être un simple pastiche, les morceaux composant ce Boogie Woogie Violence font étalage du talent du groupe, capable sur ces bases, d'offrir des riffs inspirés, des refrains à hurler à tue-tête, des titres tout simplement marquants.
S'appuyant sur de subtiles variations lui évitant de s'enfermer dans une formule étriquée, Iron Bastards offre un premier album jouissif.
Avec des titres comme "Jungle Speed", "Pancho Villa", "Daily Cycle", "Rock This Place Animals" ou "Bastards Are The Future Of The World" (pour n'en citer que quelques-uns), nos frenchies font bien mieux que soutenir la comparaison avec leurs glorieux aînés.



SHERAF - EP (2015)

Hou la belle découverte que voilà ! Angers semble être devenu la nouvelle Mecque pour les amateurs de heavy psych. Alors que s'y tient désormais le festival Levitation, sorte de déclinaison française du Austin Psych Fest, voilà que déboule Sheraf, groupe local, avec un premier EP sous le bras.
Et c'est là du bien bel ouvrage que nous propose le quatuor angevin.
Ambiances bien lourdes et rythmique hypnotique dans la grande tradition du genre. Voix trainante et sombre renforçant le côté dark, Sheraf a tout bon.
Si "Real Home" creuse le même sillon que les Black Angels a leurs débuts, "Zero" n'est pas sans évoquer Warsaw le groupe pré-Joy Division. On a fait pire comme référence ! Surtout que cet héritage est fort bien assumé, les influences parfaitement digérées comme en atteste les deux autres pistes de l'EP, le dynamique "C&Speed" et surtout l'excellente et lancinante à souhait "Death Dealer".
Vivement la suite !




MY LOVELY UNDERGROUND - S/T (2015)

On avait eu l'occasion il y a deux ans de jeter une oreille sur le premier EP, Awake, du combo messin. On en était resté avec un sentiment de "peux mieux faire", mais aussi l'engagement de suivre de plus près ce que donnera le groupe à l'avenir, convaincu de ses qualités.
A l'écoute de ce LP, on est ravi des progrès affichés par le groupe qui a su s'approprier l'héritage des Ride et autres Slowdive.
Le résultat est bluffant, avec des titres shoegaze dans la grande tradition du genre et un groupe aussi à l'aise sur les morceaux plus concis que sur les envolées au long cours (trois titres dépassent les 8 minutes sur les cinq !).



SLAAP - 7" (2015)

Toujours source de découvertes, le label Close Up Records met à l'honneur Slaap, groupe strasbourgeois (avec un chanteur allemand) qui propose une cold wave qui rappellera des souvenirs aux amateurs de Joy Division (basse en avant, voix grave, batterie minimaliste).
"Iceberg Alley" et "After And Tomorrow" dénotent chez Slaap un goût certain pour les ambiances oppressantes qui ravira les amateurs du genre.




28 janvier 2015

The Monkberry Moon Orchestra - Velvet Glove (2014)

Réjouissons-nous, le groupe genevois est de retour...Et en format long ! Emmené au chant par Audrey Kacimi, la soeurette d'Alex (Rebels of Tijuana), les Monkberry Moon Orchestra sorte le grand jeu sur ce Velvet Glove, après trois premiers EPs de belle facture (Amanda And The Colored Feathers en 2011, A Beat For The Lovers en 2012 et The Invitation en 2013).

Toujours aussi sixties, la prod' est impressionnante, la voix d'Audrey tirant réellement le groupe vers le haut, un peu à la façon d'une Ambrosia Parsley avec Shivaree.

13 titres composent ce disque, 13 facettes d'une pop respirant à plein nez la Californie à pattes d'éph', le surf et le Pacifique ce qui, vous en conviendrez, donne plus la banane que faire du pédalo sur le lac Léman...

Apportant un soin particulier à l'ambiance justement, le disque est parsemé de quelques extraits sonores de films entre les titres, ajoutant un peu de liant à la sauce west coast. Débutant avec l'excellent "Are You In Trouble" et se terminant avec l'impeccable "Like A Mess", ce LP paru chez Pop Club Records ne fait aucun faux pas, ne tombe dans aucune facilité en dépit d'un genre archi rabbatu.
Car si l'écoute de "Velvet Glove" évoque tant les sixties/seventies, ce n'est pas pour autant que l'on tombe dans de pâles imitations, de vulgaires copies de ce qui fut fait et ne pourra jamais être reproduit. Non, Monkberry Moon Orchestra trouve son style et s'emploie à l'exploiter au mieux à travers des compositions travaillées, des titres peaufinés, mettant illico l'auditeur dans sa poche.

Une réussite sur toute la ligne...Vivement la suite !

Rick.

18 juillet 2014

Qualité Made In France - Acte IV

Quatrième volet des Qualité Made In France !

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Sudden Death Of Stars - All Unrevealed Parts Of The Unknown (2014)

Trois ans après le très bon Getting Up, Going Down, les Rennais de Sudden Death Of Stars reviennent avec un nouvel album sous le bras, sorti sur le label anglais Ample Play.
Signe que ce choix de label n'est pas anodin, les SDOS en profite pour offrir un disque plus léger, plus aérien
On retrouve bien sûr le même attrait pour  les compositions enrichis de sitar et l'ambiance gentiment embrumée chère aux enregistrements de rock psychédélique ("Halcyon Days" ; "Bright Sunday"). Mais avec ce All Unrevealed Parts Of The Unknown, l'intérêt est ailleurs.
Le disque se partage ainsi entre compositions baignant dans un spleen, une atmosphère qui évoque le Floyd de A Saucerful Of Secrets ("The Void"), titres plus enlevés qui rappelle que par le passée le groupe a pu proposer un titre comme "Uniforms" ("Over The Top" ; "The Break Up") mais aussi et surtout des pistes pop de haute volée ("All About You" ; "The Love Substitute" ; "Pony Tail").
Avec ce nouvel album, plus pop donc, les SDOS confirment tout le bien que l'on pensait d'eux.



The Lookers - Fucking Panda EP (2013)

Trio basque, The Lookers a sorti en décembre 2013, son 2e EP, le délicatement nommé Fucking Panda. Du rock garage plutôt cool, avec de vraies bonnes lignes de basse. On note même ça et là quelques éléments qui évoquent un peu le Gun Club. Une piste à explorer pour le groupe.
Des débuts encourageants dont on retient "Mario" et son génial "glasses don't make you smart mario", "Don't Want That", et "Organic Sea".



Armure - S/T (2014)

Voilà un disque bien étrange qui nous arrive de Toulouse. Derrière Armure on retrouve Tibo Padlock des Space Padlocks qui avaient sorti un très bon EP chez Close Up Records en 2012. Pour ce projet solo, le sieur Tibo offre un disque intrigant où se côtoie post punk minimaliste, rythmiques garage noyés dans des tonnes d'effets en tous genres et cold wave pour onze titres en mode lo-fi. Difficile de définir en quelques mots le cocktail improbable que nous sert Armure, le mieux est encore de l'écouter. Et croyez nous dans le genre c'est excellent !
Profitez en c'est dispo sur bandcamp (et aussi en K7).




Indian Ghost - Old Music Will Have To Go (2013)

Groupe fondé en 1993, par trois ex-Prehistoric Pop, les Indian Ghost nous étaient inconnus jusqu'à il y a peu quand on a reçu une newsletter du label Pop Sister Records. Si on a souhaité évoquer le groupe c'est que son cocktail entre americana et pop à la Big Star s'avère très rafraichissant.
Sans aucune prétentions, les dix titres de ce Old Music Will Have To Go, s'égrènent sans que ne vienne poindre la moindre monotonie ou lassitude, tout ici n'est qu'évidence mélodique ("In The Long Run" ; "Not A Rolling Stone" ; "Tangier Girl" ; "Except Me Darling").
A découvrir.



Rebels of Tijuana - Brasil 1970 (single) (2014)

Les Rebels Of Tijuana s'offre une récréation avec ce Brasil 1970, hommage à la mythique équipe brésilienne. Pas vraiment ce que le groupe a fait de mieux mais bon rien que le clip vaut le détour.





Frank


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3 novembre 2013

Rebels Of Tijuana - Mambo EP (2013)

Un an après La Bourgeoise, très bon album qui leur a offert un éclairage plus conséquent et mérité, les franco-suisses des Rebels Of Tijuana reviennent avec un nouvel EP sous le bras. Un EP en forme de récréation et à la facture très classique, qui voit le quintet oeuvrer dans un rock convenu mais toujours remarquablement exécuté.

Ainsi "Qu'est-ce que va dire ma mère?" évoque les Rolling Stones début seventies, un titre porté par un riff très efficace et où chacun tire à son tour son épingle du jeu.

"Mambo" qui donne son nom à l'EP aurait pu se trouver sur La Bourgeoise dans ce style inimitable entre effluves sixties et claviers eighties, qui devient au fil des sorties, une marque de fabrique pour le groupe.

La seconde face de ce EP comprend deux reprises. La première clacieuse et révérencieuse est une relecture fidèle de "Are You Ready For The Country ?" de Neil Young que le groupe exécute parfaitement, apportant sa touche dans le final. La seconde c'est "Lady Acide" en fait "No Man’s Land" de Syd Barret (sur The Madcap Laughs, 1970) sur des paroles, en français, de Fred Csupor pour un résultat assez déroutant.

Au final on se retrouve avec un nouvel EP agréable, révélateur de la multiplicité des obsessions du groupe d'Alex Kacimi qui a pris soin depuis le début du groupe d'essayer sans cesse de se renouveler.

On scrutera la suite des aventures (un album ?) avec intérêt.

Frank

Tracklisting :
1- "Qu'est-ce que va dire ma mère?"
2-  "Mambo"
3-  "Are You Ready For The Country ?"
4- "Lady Acide"

Audio et Vidéo :



4 octobre 2012

The Monkberry Moon Orchestra - A Beat For The Lovers (2012)

On avait eu il y a quelque temps l'occasion de vous parler du combo genevois, The Monkberry Moon Orchestra collectif accueillant en son sein Alexis Kacimi des Rebels Of Tijuana. La réciproque est aussi vrai puisque d'Audrey Kacimi et Claire Henschke jouent les guest stars de luxe sur les enregistrements des Rebels.

Le son du groupe a évolué, son style s'est affermit, et le groupe semble avoir voulu jeté un pont entre pop sixties californienne et pop anglaise façon Belle And Sebastian. Finement orchestrées les compositions de ce A Beat For The Lovers bénéficient du talent d'un Alexis Kacimi, qui tient notamment la basse (groovy à souhait sur le morceau titre "A Beat For The Lovers"), et de Fred Exertier (qui partage les guitares avec Kacimi). L'orchestration riche et surtout pleine d'a propos (les claviers de "I Had To Live Anyway" !), confère un cachet de grande classe aux morceaux de ce nouvel EP.

Audrey Kacimi, au chant, tire, elle, remarquablement son épingle du jeu de sa voix délicate, aussi à l'aise en mid tempo ("Old Songs From Home" ; "I Had To Live Anyway") que quand il s'agit de prendre des accents soul bienvenus ("Mystic Magic").

Si "21st Century" et "Things Don't Ever Last" sont un (petit) cran en dessous des titres susmentionnés, ce A Beat For The Lovers se révèle être une agréable surprise, et surtout annonciateur de belles promesses. Et ça tombe plutôt bien puisqu'un album est attendu pour début 2013 !

Frank

en écoute ici :
http://www.deezer.com/fr/music/the-monkberry-moon-orchestra/A-Beat-For-The-Lovers-Ep-2138731

A noter que A beat for the lovers est agrémenté d’un single numérique  "Velvet glove/ Old song from home", enregistré live à la Radio Suisse Romande :


28 février 2012

The Rebels Of Tijuana - La Bourgeoise (2012)

Voilà un disque que l'on attendait tout particulièrement. Il faut dire que le parcours des Rebels Of Tijuana est jusque là sans accrocs : 2 EPs en français jouissifs (J'adore ce Flic en 2009 et Un Foutu Hippie en 2011) et un bon album en anglais au milieu (Where Did This Trip Go Wrong? en 2010), auront su créer de l'attente autour de ce groupe.
C'est donc avec une impatience non feinte que nous nous sommes plongés dans l'écoute de ce nouvel LP, intitulé La Bourgeoise. Ne nous voilons pas la face le début d'album n'est pas spécialement celui que l'on attendait. Pourtant après une intro parfaite, le groupe envoyait "Johnny Marr" un de leurs meilleurs morceaux qui n'avait jusque là eut droit qu'aux honneurs de la scène. Malheureusement la place prépondérante du violon vient quelque peu modéré notre ardeur, on ne retrouve pas ce morceau frondeur qui nous avait enthousiasmé lors du passage au 104 l'an passé. Mais finalement au fil des écoutes on se fait à cette nouvelle approche du morceau même si on ne peut s'empêcher de se dire que le morceau aurait été encore meilleure dans une version plus classique. On ne peut malheureusement en dire autant de "Bleu", ballade que le groupe peine à faire sonner convenablement. A tel point que si le morceau ne sonne pas "variété" c'est essentiellement dût à la voix sous-mixé, une constante sur ce disque et qui tranche d'ailleurs avec ce que le groupe avait produit par le passé.
Mais que l'on se rassure les approximations s'arrêtent là car derrière le groupe joue juste, bien et propose une avalanche de bons morceaux. Le salut commence par "Mauvais Trip Child" splendide morceau dans une veine british beat qui lance véritablement le disque ("Yer John" est un instrumental de 0'51"), avec notamment une partie de clavier qui renvoie aux Artwoods. Derrière, "Complètement Stone" relecture magistrale du "(I'm Not Your) Steppin' Stone" des Monkees, remet les pendules à l'heure et confirme tout le bien que l'on pense des Rebels Of Tijuana. Pas un contre-pied près, c'est le moment que choisi le groupe pour offrir une nouvelle ballade, "La Chimère" à l'orchestration riche et qui n'est pas sans évoquer certaines pistes de Something Else des Kinks par ses aspects baroques. A noter sur ce titre la présence d'Audrey des Monkberry Moon Orchestra qui vient (magnifiquement) pousser la chansonnette au côté d'Alexis Kacemi pour un résultat splendide. Toujours finement orchestré, "I'm Leaving My Way" prend quant à lui des accents vaguement western.
Et alors qu'après une telle déferlante de morceaux on pensait être à l'abri de toute surprise, la deuxième partie du disque change de tonalité. "La Bourgeoise Part 1" ressemble ainsi à un morceau-hommage à l'immense Serge Gainsbourg. D'ailleurs les Rebels ont semble-t-il beaucoup écouté Initials B.B. lors de l'enregistrement.
Car hormis quelques pistes plus enlevées ("Les Cryptones" ; le cajun "Gigolo") on nage en plein trip gainsbourgien ! Une influence que l'on retrouve sur "La Bourgeoise Part 1" donc, mais aussi et surtout sur l'extraordinaire "Dr Gonzo", un des meilleurs morceaux du disque en sus d'être une démonstration de bon goût.
Comment conclure un tel disque ? Après un tel assemblage hétéroclite, un nouveau contre-pied paraissait évident et c'est exactement ce que réussit à faire "La Bourgeoise Part 2" qui se paye le luxe au long de ces 6'15" de rendre un hommage à la fois au garage US et aux Doors !

Formidable condensé de l'ensemble des courants musicaux qui ont marqué les Rebels Of Tijuana, ce nouvel album malgré un début poussif, en impose. Riche, ambitieux, et surtout parfaitement maîtrisé, "La Bourgeoise" est sans doute le disque le plus abouti du groupe à ce jour. Mieux, même si les influences sont évidentes, elles sont parfaitement digérées et quand le groupe grossit le trait cela s'apparente à un clin d'oeil, un hommage et en aucun cas à un manque d'originalité.
Les 16 titres qui composent ce disque sont ceux d'un groupe attachant et qui mine de rien est en train de bâtir une discographie sans faute.

Frank

(http://www.myspace.com/therebelsoftijuana)

Tracklisting :
01 Intro
02 Johnny Marr
03 Bleu
04 Yer John
05 Mauvais Trip Child
06 Completement Stone
07 La Chimère
08 I'm Leaving My Way
09 La Bourgeoise (Part. 1)
10 Nazz
11 Les Cryptones
12 Dr Gonzo
13 Gigolo
14 Sa Majesté
15 Stax!
16 La Bourgeoise (part 2)


En écoute ici :
http://www.deezer.com/fr/music/the-rebels-of-tijuana/la-bourgeoise-1532957

Vidéos :