23 juin 2011

Arctic Monkeys - Suck It & See (2011)

Bien qu'adulés par un nombre conséquent de fans, les Arctic Monkeys ont toujours divisé médias comme blogosphère. Un peu vite monté au pinacle suite à un premier album brouillon mais attachant et un tube définitif "I Bet You Look Good On The Dancefloor", les Arctic Monkeys ont toujours suscité au minimum de la suspicion. Pourtant le talent d'Alex Turner est indéniable : que ce soit avec les Arctic Monkeys sur le (on persiste) très bon Humbug, en solo avec la BO de Submarine ou avec son compère Miles Kane au sein des Last Shadow Puppets.
Malheureusement cette nouvelle livraison risque d'apporter de l'eau au moulin de ses détracteurs.

Le début d'album est ainsi assez moyen : "She's Thunderstorms" est une ballade chantée remarquablement par Turner mais gâchée par un son de batterie outrancier tandis que "Black Treacle" voit son refrain mielleux anéantir la bonne surprise des guitares glam façon Mott The Hoople.
Pas en soi de mauvais morceaux mais alors qu'ils auraient pu lancer le disque sur d'excellentes bases, elles plombent quelque peu l'ambiance.
Remarquez même si elles avaient été très bonnes cela n'aurait sans doute pas suffit à masquer le naufrage des pistes suivantes : l'insupportable "Brick By Brick" (mais comment les Arctic ont-ils pu pondre un morceau aussi mauvais? cela reste une énigme...), "The Hellcat Spangled Shalalala" est une hérésie avec son refrain idiot à base de "shalala" et des fulgurances noisy, le style de morceaux qui ne mène nulle part et se révèle creux ; "Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair" risible tentative de faire du stoner ou "Library Pictures" qui sonne comme du sous- Rascals le groupe aujourd'hui dissous de son compère Miles Kane ; "All My Own Stunts" avec Josh Homme aux choeurs...
(on plaint d'ailleurs les anglais qui à l'occasion du Record Day on eu droit à un single composé de "Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair" en face A et "Brick by Brick" en face B...)

Et comme souvent quand on est au fond du trou, impression dans lequel est plongé l'auditeur après une telle avalanche de pistes médiocres, on finit par apercevoir la lumière. "Reckless Serenade" permet de remonter la pente et démontre que The Coral reste une influence majeure d'Alex Turner avant "Piledriver Waltz" morceau issu de la BO de Submarine qui redonne enfin un peu de tenue à l'album.
Malgré un quelconque "Love Is A Laserquest", la fin de l'album permet au moins de finir sur une bonne note, "Suck It And See" et "That's Where You're Wrong" permettent de constater que la bande à Alex Turner a encore des choses à dire.

Avec ce disque très en deçà de ce que peuvent réaliser les Arctic Monkeys, on est en droit de se demander si l'hyper activité de leur leader qui s'épanouit par ailleurs sans ses compères n'a pas eu un effet négatif sur l'écriture de ce Suck It And See. Le fait que Piledriver Waltz, échappé du premier effort solo de Turner soit la meilleure piste de l'album abonde en ce sens.

Frank

Tracklisting :
1. "She's Thunderstorms"
2. "Black Treacle"
3. "Brick by Brick"
4. "The Hellcat Spangled Shalalala"
5. "Don't Sit Down 'Cause I've Moved Your Chair"
6. "Library Pictures"
7. "All My Own Stunts"
8. "Reckless Serenade"
9. "Piledriver Waltz"
10. "Love Is a Laserquest"
11. "Suck It and See"
12. "That's Where You're Wrong"

Vidéos :




8 avril 2011

Alex Turner - Submarine EP (2011)

Alors que l'on annonce pour une date encore inconnue (juin 2011 a priori) un nouvel album des Arctic Monkeys, Alex Turner vient de se fendre d'un EP 6 titres, une excursion dans les eaux de la pop acoustique pour accompagner la sortie du film de Richard Ayoade, Submarine.
A noter qu'Ayoade avait déjà signé le clip de "Crying Lightning" pour Humbug.
Ballades sentimentales, où seule la guitare accompagne la voix de Turner (parfois agrémentées d'une batterie ou d'un piano), les morceaux de cet EP dénotent le goût d'Alex Turner pour les mélodies délicates bien plus proche dans l'esprit des Last Shadow Puppets que de son groupe habituel même si Humbug a bien démontré que les deux univers tendaient à se rejoindre.
Ce Submarine (toujours produit par l'incontournable James Ford) fait la démonstration du talent de songwriting d'Alex Turner qui dans un registre quelque peu différent réussit néanmoins à pondre des mélodies imparables.
A l'exception de "Glass In The Park" quelque peu poussif et surtout inutile à la suite du très bon et similaire "Hiding Tonight", pour le reste c'est un sans faute.
La coloration folk de ces pistes apportent un relief particulier à des paroles toujours brillantes (" But as long as you still keep pepperin' the pill /You'll find a way to spit it out, again" sur "It’s Hard To Get Around The Wind") voire surréalistes ("If you’re gonna try and walk on water make sure you wear your comfortable shoes" sur "Piledriver Waltz").

Mais le sommet de ce EP reste "Stuck On The Puzzle" remarquable pièce digne des sommets des Last Shadow Puppets, l'orchestration en moins.

Un EP de haute tenue, confirmant la percée d'Alex Turner qui se place de plus en plus dans la lignée des plus les grands songwriters anglais.

Frank

Tracklisting :
1. Stuck On The Puzzle (Intro)
2. Hiding Tonight

3. Glass In The Park

4. It’s Hard To Get Around The Wind

5. Stuck On The Puzzle

6. Piledriver Waltz


Quelques vidéos :

27 septembre 2009

Arctic Monkeys - Humbug (2009)

S'il on fait quelques recherches sur internet on se rend vite compte qu'alors que la presse, unanime, encense ce nouvel album des Arctic Monkeys, la blogosphère est beaucoup plus mesurée voire acerbe sur cette nouvelle galette de la bande à Alex Turner. Doit on en déduire que comme nous avons beaucoup aimé ce disque nous choisissons la facilité ou sommes nous juste devenus de vieux cons? Cette question on se la pose assez souvent pour que l'on puisse y apporter la réponse suivante : notre humble objectif est de vous faire partager notre passion et nos coups de coeur. Et bien une fois n'est pas coutume on va se ranger derrière l'avis de la presse écrite et défendre ce disque, car il le mérite. Tout simplement.
La petite récréation de The Last Shadow Puppets d'Alex Turner (ici) et Miles Kane (The Rascals - ici) aura finalement eu un grand impact sur l'écriture d'Alex Turner et explique sans doute pour beaucoup la génèse de ce Humbug.
Alors c'est vrai l'album ne contient aucun tube dans la veine de "I bet You Look Good...", les influences de groupes comme Wire (diffuses sur le 2e album) ont complètement disparues... Et alors ? The Horrors ont montré que l'on pouvait changer de registre tout en conservant son intégrité et assumer ces changements avec une égale qualité.
Le disque a été pour la grande majorité de ses titres produit par Josh Homme (Queens Of The Stone Age). Seuls trois titres le sont par l'habituel producteur James Ford.
Le son du groupe s'en ressent : plus carré, les musiciens donnent l'impression de jouer plus resserré, le travail sur la rythmique est à ce titre assez remarquable. Cette nouvelle approche renforce le caractère plus mâture des compositions.
Car passé un "My Propeller" qui aurait pu se trouver sur The Age Of Understatement, le groupe se fait plus aventureux, "Crying Lightning" porté par une splendide ligne de basse et "Dangerous Animal" à la violence sourde, contenue, portent la patte de Josh Homme.
Le contraste avec les morceaux produits par James Ford est d'ailleurs assez saisissant : "Secret Door" et "Cornerstone" aux ambiances plus apaisées quasi bucoliques tranchent avec le reste des morceaux. Toutefois l'agencement des pistes font que ces derniers s'intègrent bien dans le tracklisting et permettent une variation de tempo bienvenue.
D'ailleurs ce qui surprend à l'écoute de Humbug c'est l'unité de l'album qui s'écoute d'un bloc, sans qu'un morceau ne se dégage véritablement plus qu'un autre. Le groupe joue beaucoup sur la variété des ambiances tout en prenant soin de ne pas nuire à la tonalité générale du disque. L'enchaînement de "Potion Approching" (un des rares morceaux qui aurait pu se trouver sur le précédent album) et de l'éthéré et presque psychédélique "Fire And The Thud" se fait ainsi très naturellement. La géniale intro à l'orgue sur l'épileptique "Pretty Visitors", les splendides "Dance Little Liar" et "Jeweller's Hands" qu'aurait pu écrire The Coral : le rythme ne faiblit à aucun moment retenant l'attention de l'auditeur tout au long des 10 titres.
Un mot sur les paroles, splendides, qui confirment tout le bien que l'on pense d'Alex Turner abordant des faits et thèmes de sociétés avec un rare talent. On pense à Ray Davies mais aussi à Iggy Pop notamment sur "Dangerous Animals" (The way you keep me in pursuit / Shopping the heal of your boot / And you press it in my chest and you make me wheeze / Then to my knees you do promote me /I'm Pinned down by the dark) abordant le thème du sado-masochisme ou sur ce "Cornerstone" surréaliste où le personnage croît voir dans différentes choses la femme qu'il aimait (I thought I saw you in the rusty hook,/ Huddled up in wicked chair,/I wondered up for a closer/look And kissed who ever was sitting there. / She was close, /And she held me very tightly / Till I asked awfully politely,/please can I call you her name).


Le groupe arpente donc un nouveau territoire musical, s'ouvre de nouvelles portes comme si l'univers qu'ils avaient tissé sur les deux premiers albums était devenu trop exigüe pour eux. Les Arctic Monkeys ont changé de braquet, et passe du statut de jeunes loups talentueux à celui de groupe majeur de la scène britannique.

Frank

Tracklisting :

1. "My Propeller" 3:27
2. "Crying Lightning" 3:43
3. "Dangerous Animals" 3:30
4. "Secret Door" 3:43
5. "Potion Approaching" 3:32
6. "Fire and the Thud" 3:57
7. "Cornerstone" 3:17
8. "Dance Little Liar" 4:43
9. "Pretty Visitors" 3:40
10. "The Jeweller's Hands" 5:42


(http://www.myspace.com/arcticmonkeys)

Le lien deezer :
http://www.deezer.com/en/index.php?incr=1#music/arctic-monkeys/humbug-401361




15 décembre 2008

Last Shadow Puppets - My Mistakes Were Made For You (2008)

The Last Shadow Puppets est, sans contestation possible, une des révélations de cette année 2008. Le magnifique The Age Of Understatement avait révélé au grand public le talent des deux compositeurs Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kane (The Rascals).
Issus de cet album deux singles avaient déjà vu le jour. Le 3e My Mistakes Were Made For You présente un intérêt tout particulier. En effet, désireux sans doute de conquérir le marché américain, la version US dudit single ressemble plus à un EP.
On y trouve pas moins de 8 morceaux ! Outre le morceau titre on y trouve trois prestations live. Deux enregistrées au New Theatre d'Oxford, "Separate And Ever Deadly" et "My Little Red Book" et une à l'Olympia cet été, "Paris Summer".
Ces prestations live ont un double intérêt. Tout d'abord elles montrent le professionnalisme de nos deux larrons dans cette exercice difficile et permet d'en savoir plus sur les goûts de ces derniers.
En effet, "Paris Summer" est une reprise de Lee Hazlewood (l'original en duo avec Nancy Sinatra) tandis que "My Little Red Book" est un morceau écrit par Burt Bacharach et Hal David (repris entre autres par Manfred Mann et Love).
A noter que sur "Paris Summer" le groupe est accompagné d'Alison Mosshart, plus connue sous le nom de VV, la guitariste-chanteuse de The Kills !
Les quatre derniers morceaux sont quatres prises acoustiques de morceaux se trouvant sur l'album : "The Age Of Understatement", "Standing Next To Me", "The Meeting Place" et "My Mistakes Were Made For You". Ces prises s'avèrent excellentes, apportant un éclairage différent sur des pistes que les fans comme nous connaissent déjà par coeur.
Avec ce vrai-faux EP, les Last Shadow Puppets font un véritable cadeau de noël à leurs fans (le disque est vendu 7,5 euros...) et permet de prolonger le plaisir en attendant de nouvelles aventures (lors d'une interview au Sun, il a été confirmé que de nouveaux morceaux verraient le jour en 2009...)

(Mr Rock)

6 juillet 2008

The Last Shadow Puppets – The Age Of Understatement (2008)

Sous ce nom se cache un duo : Alex Turner chanteur des Arctic Monkeys et Miles Kane guitariste des Rascals (dont on attend le premier album avec une impatience non feinte vu les qualités du EP Out of dreams). Réunion d'un tel duo on s'attend à quelque chose qui dépote... et bien il n'en est rien!
« The age of Understatement » qui ouvre l'album mélange pop et symphonie à la John Barry (vous savez le gars des James Bond), « Standing next to you » convoque the Coral (dieux vivants pour nos deux comparses) tout en conservant ce côté symphonique. Car c'est le trait commun entre tous les morceaux de cet album qui baigne dans une ambiance d'un autre temps, rythmée par moults orchestrations du London Metropolitan Orchestra, les arrangements étant réalisés par Owen Pallett violoniste du groupe Final Fantasy et collaborateur d'Arcade Fire. Enfin l'album est produit par James Ford (Klaxons).
La pop dévoilée ici à tout autant à voir avec la pop psychédélique de The Coral qu'avec David Bowie période Aladin Sane/Ziggy Stardust, notamment la guitare de Kane rappelant celle du regretté Mick Ronson. Chaque morceau révélant un suc particulier, une émotion particulière. « Calm like you » et « Separate and ever deadly » confirment cet impression, avant que « The Chamber « et « Only the truth » viennent apporter une couleur différente, plus enlevé, épique. La 2e face commence de façon plus calme, voix posée et apaisée sur « My mistakes are made for you », et « Black Plant » qui lui fait écho. Mais c'est pour mieux surprendre avec « I don't like you anymore » et ses multiples changements de rythme, le morceau, beaucoup plus sombre, s'achevant dans un maëlstrom sonore. Ce « coté obscur » s'affirme sur « In my room » avant de laissé place à l'enjoliveur « Meeting Place »... Toujours la même obsession de surprendre à chaque morceau. L'album s'achève par « The Time has come today », lancinant onirique presque sans artifices par rapport à la débauche de l'album, concluant de la meilleur façon qui soit un album splendide et original. Disque de l'année? Trop tôt pour le dire mais en tout cas avec Vampire Weekend et Mgmt, en 2008 l'originalité est de mise.
(Mr Rock)

http://www.myspace.com/thelastshadowpuppets