25 mars 2016

Kula Shaker - K 2.0 (2016)

Pour votre serviteur la sortie d'un nouvel album de Kula Shaker est une fête, un peu comme la sortie d'un nouveau Star Wars. A la différence près qu'avec Kula Shaker on a que peu de chances d'être déçu.
Il faut dire qu'au rythme de sénateur avec lequel le groupe sort des albums, peu de dangers d'un risque d'épuisement ou simplement d'apparaître blasé.
20 ans de carrière, 4 albums au compteur avant celui-ci, 3 classiques (Peasant Pigs & Astronauts mariage réussi de pop et de sonorités indiennes, Strangefolk le bien nommé et le classieux et délicat Pilgrims Progress).
La sortie de ce K 2.0 est l'occasion de fêter les vingt ans de la sortie de K, premier jalon discographique du groupe (et album le moins indispensable, celui où on sent les promesses d'un talent qui finira par s'exprimer sur les suivants).
Celles et ceux qui penseraient toutefois que ce disque marque le retour au baggy voire même aux titres de musique indienne en seront pour leur frais.
Certes on retrouve sur une poignée de morceaux quelques sonorités qui rappellent au bon souvenir K et Peasant Pigs & Astronauts, mais il s'agit plus de clins d’œil qu'autre chose comme sur "Infinite Sun" qui fait le grand écart entre Orient (l'intro) et la culture amérindienne avec ses accents tribaux et ses paroles pseudo chamaniques ("fly like an eagle") ou la très belle "Oh Mary" aux oripeaux orientaux discrets. Seul "Hari Bol (The Sweetest Thing)" témoigne de ce lointain passé.
Point ici non plus de titres du style de "Jerry Was Here" ou "Grateful When You're Dead" même si le groupe n'en abandonne pas le rock psychédélique ("Let Love B With U").
Non K 2.0 est plus une synthèse des œuvres passées, un patchwork des influences du groupe. Tout juste signalerons nous un recours plus affirmé à des rythmiques plus lourdes qu'à l'accoutumée.
Pour le reste on retrouve ici des pistes plus folk ("33 Crows") mais également  des titres plus western qui rappelle par moments le passage de Crispian Mills au sein des Jeevas (la magnifique "Death Of Democracy"), quand le groupe, fidèle à sa réputation, n'ose pas le grand écart comme sur le troublant "Here Come My Demons", qui se paye le luxe de sonner tour à tour folk, pop et ... indie !
En fait il manque juste sur ce disque quelques pépites pop comme "Peter pan RIP" ou "Ophelia" qui illuminaient Pilgrims Progress. "High Noon" étant ce qui s'en rapproche le plus.

Le hic avec cet album c'est que contrairement à ces prédécesseurs, il contient quelques temps faibles qui empêche d'en faire un must have du groupe. Ces coups de mou correspondent finalement aux titres sur lesquels le groupe privilégie la puissance à la délicatesse ("Mountain Lifter") perdant dans l'affaire la sensibilité et la retenue qui a toujours fait le succès de leur recette.
Signalons également la vraie sortie de route que constitue "Get Right Get Ready"  et sa tentative (ratée) de fusion funk.
Mais au final ces quelques creux sont peu nombreux et ne gâchent en rien le plaisir de retrouver nos anglais qui proposent encore une fois une belle moisson de titres impeccables dont ils ont le secret.

Frank

Tracklist :
1 Infinite Sun
2 Holy Flame
3 Death of Democracy
4 Let Love B (with U)
5 Here Come My Demons
6 33 Crows
7 Oh Mary
8 High Noon
9 Hari Bol (The Sweetest Sweet)
10 Get Right Get Ready
11 Mountain Lifter


Audio et vidéo :



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