27 août 2013

The Mantles - Long Enough To Leave (2013)

On l'aura attendu ce nouvel album des Mantles ! Quatre ans séparent ce Long Enough To Leave de son prédécesseur, autant dire une éternité. On en aurait presque oublié l'existence du groupe californien. Presque, car on ne saurait oublier le plaisir procuré par cet album homonyme sorti en 2009, ni les promesses affichées par le groupe à cette époque.

Pour ce nouveau jalon discographique le groupe semble avoir voulu mettre tous les atouts de leur côté. Exit le côté lo-fi dans lequel baignait leurs compositions, le groupe a confié l'enregistrement à Kelley Stoltz, homme de goût, orfèvre en mélodies ciselées. Bye bye les velléités garage, le groupe opte ici pour des compositions plus pop aux mélodies addictives.
Le groupe opère sa mue, laisse tomber les masques et prends des risques. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le pari est largement gagné.

A l'écoute des douze titres de l'album, on sent que le groupe a mis à profit ces années pour mûrir leurs compositions. La palette de leurs influences semble s'être singulièrement élargie également. Sur le site de Slumberland, label du groupe, on peut lire que Long Enough To Leave est à classer entre les sortis du label néo-zélandais Flying Nuns et les groupes du Paisley Undergroud. C'est exactement ça ! On y ajoutera une petite dose de Feelies pour faire bonne mesure.
Le tout chanté de manière parfois curieusement détachée voire distancée par un Michael Olivares convaincant. Sa façon de chanter n'est pas étrangère à cette coloration mélancolique des compositions malgré leur caractère éminemment enjoué.
The Mantles aurait pu se cantonner à jouer des pop songs ensoleillés, tous les ingrédients sont là : mélodies chatoyantes, choeurs, guitares jangly ... Mais ce travail sur les voix, surtout quand elle se double avec la voix en écho de la batteuse Virginia Weatherby ("Hello") laisse une impression étrange, comme si derrière l'apparente tranquillité des compositions, le groupe avait voulu faire transparaître ses angoisses, ses anxiétés.
Le ton est d'ailleurs donné dès "Marbled Birds", premier titre de l'album quand Olivares envoie un "Turn the picture on itself / The images start to scream ahh ahh" ou quand  sur "Hello" il assène un "Maybe you can help me get out of here  /  Maybe you can help me disappear"
C'est sans doute la raison pour laquelle la première écoute nous avait laissé perplexe. C'est aussi ces éléments qui font de ce disque un album attachant mais pas confortable, passionnant mais toujours intrigant.

Des titres comme "Marble Birds", "Long Enough To Leave", "Brown Balloon" sont ainsi des merveilles d'indie pop à faire pâlir d'envie la concurrence. Le travail aux petits oignons de Kelley Stoltz est également pour beaucoup dans cette réussite. Il suffit pour cela de comparer la version de "Raspberry Thighs" initialement sorti en single avec la version de ce disque plus lumineuse, et tout simplement meilleure.

The Mantles fait un retour remarqué et remarquable en offrant avec ce Long Enough To Leave, un disque pétri de qualités qui trustera durablement la platine.

Frank

Tracklisting :
Face A :
1. Marbled Birds
2. Hello
3. Long Enough To Leave
4. Reason’s Run
5. Raspberry Thighs
Face B :
1. Brown Balloon
2. Bad Design
3. Don’t Cross Town
4. More That I Pay
5. Shadow Of Your Step

Quelques titres en écoute :

Hello - Brown Ballon - Shadow Of Your Step

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