26 juillet 2013

Plastic Crimewave Sound - Flashing Open (2004)

Steven Krakow est, de l'autre côté de l'Atlantique, considéré comme une figure de l'underground : musicien, dessinateur, écrivain, impresario, organisateur de festival et même historien de la musique à ses heures perdues ! Bigre. Bon, rassurez vous, il y a encore un an, on ignorait tout de ce personnage haut en couleurs.
Cette découverte, on l'a doit à Julian Cope qui tresse des louanges à Flashing Open, premier album du Plastic Crimewave Sound, le groupe de Krakow, qui se fait appelé Plastic Crimewave en hommage à un groupe psychédélique canadien, Plastic Cloud, et à un groupe de super-vilains de l'univers Marvel, Crimewave !

Le groupe se compose de musiciens prenant tous un pseudo délirant. Autour de Plastic Crimewave à la guitare et au chant, Mark Lux à la basse devient Raspberry Kidd, Lawrence Peters le batteur Skog Device et Adam Krakow, le frère de l'autre, Hands of Hydra !

Sorti en 2003, ce disque est un projet fou, sorte de trip psychédélique gorgé de fuzz, de boucles de guitares inversées, qui doit autant à Pere Ubu ou Hawkwind qu'à Spacemen 3 ou à Sonic Youth. Plus proche de nous, on se retrouverait entre les déflagrations d'un Jack Meatbeat et le psychédélisme déglingué des Clone Defects. D'ailleurs, à bien y regarder on peut voir en Plastic Crimewave un clone de Timmy Lampinen, tant ce Flashing Open présente de similitudes avec l'oeuvre postérieure du leader de Human Eye et Timmy's Organism : même goût pour les sonorités bruitistes, voix déclamée plus que chantée, paroles dignes d'une bonne série B de SF...

En face A, l'enchaînement "Caged Fire Theme" / "Go Away", introduit par le quasi instrumental et agrémenté de sitar "No Vision", devrait ravir les afficionados du genre. Preuve de l'ouverture du groupe sur diverses sonorités, "Perfect Glass Orchards", avec ses allures de faux-titres de Cure et qui prend des allures hawkwindesques dans son final, vaut des points !

Si l'album en soit sonne comme un patchwork des groupes sus-cités, le traitement, le caractère quasi improbable des compositions rassemblées ici, mérite que l'on s'y attarde. Là où le disque aurait du être décemment bancal, il est au final d'une grande cohérence, comme un moment de lucidité dans l'esprit que l'on devine enfumé de son géniteur.

La Face B repart sur des bases noisy avec "Giant's Eyes", suivi de l'étouffante "Husk". La voix de Plastic Crimewave se fait encore plus distante comme une voix au milieu du chaos.
Globalement, cette face B est plus éprouvante, plus claustro que jamais, le groupe poussant sa formule à son paroxysme.
Pas à un contre-pied près, "Roar Back And The Waves" conclue de façon bucolique un des disques les plus schizophrènes qu'il nous a été donné d'entendre.
Le genre de disque qui mérite parfaitement le terme d'O.M.N.I..

Frank
Side One
1. No Vision (3.37)
2. Caged Fire Theme (7.17)
3. Go Away (5.47)
4. Perfect Glass Orchards (6.52)

Side Two
1. Giant’s Eyes (5.27)
2. Husk (3.03)
3. Down & Out (Junky Lament) (5.48)
4. Roar Back and the Waves (2.47)

A Rocket Recordings ils sont sympas, ils ont mis l'album en écoute sur bandcamp !

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