15 février 2013

Jake Bugg - Jack Bugg (2012)

On avait vaguement entendu parler de Jake Bugg comme de la "révélation anglaise de l'année" ou du "nouveau Dylan"... La méfiance étant de mise vis à vis d'artistes montés trop vite au pinacle outre manche, on en était resté là malgré notre curiosité légendaire. C'est finalement sur la foi d'une chronique du toujours excellent blog Planetgong que l'on s'est décidé à franchir le rubicon.

Et ne nous le cachons pas, ce disque est très bon.

Dylan et Donovan sont effectivement certaines des influences de Jake Bugg. Toutefois, si évidentes qu'elles soient, elles ne sont jamais pesantes, son songwriting de grande qualité lui permettant de marcher sur les traces des plus grands.
De plus, résumer le garçon a un ersatz de Dylan serait extrêmement réducteur ! Jake Bugg faisant preuve, en bon artiste anglais qu'il est, d'une sensibilité pop affirmée et assumée.

On trouvera donc sur ce disque, deux types de pistes. Des morceaux folk de belle facture et des titres plus pop typiquement dans l'air du temps outre-manche (voir les albums de Noel Gallagher ou Miles Kane).
C'est d'ailleurs quand il se lance dans ces ballades que Jake Bugg fait souffler le chaud et le froid. Surtout qu'il a parfois un peu tendance à en rajouter niveau grandiloquence même si cela ne vient que rarement gâcher le plaisir de l'écoute ("Slide").

Mais comment ne pas convenir du talent du garçon quand il envoie des splendeurs comme "Two Fingers" qui nous a rappelé Nic Armstrong (1) ou "Broken" morceau d'équilibriste sur laquelle Jake Bugg, malgré l'emphase dont il fait preuve, ne tombe jamais dans la facilité à la différence de ces deux ballades poussives en fin de disque que sont "Note To Self" et "Someplace" ?
Il est d'ailleurs assez curieux de constater que ce soient les morceaux folk qui ont retenu l'attention alors que ce premier album est surtout un album de pop anglaise, l'un des meilleurs de cette année pourtant riche en réussites. "Seen It All" ou l'enjoué "Taste It" y contribuent largement.

Mais, convenons en, et rejoignons la critique, c'est effectivement quand il ravive la flamme d'un folk de haute volée que Jake Bugg est le plus intéressant. Citez moi un artiste actuel capable de balancer un modèle de morceau comme "Lightning Bolt" ? de réussir à envouter avec autant de simplicité que sur "Simple As This", "Country Song" ou l'imparable "Trouble Town" ? Peu de monde effectivement.

Le disque doté d'une production léchée (quoi de plus normal pour un disque de pop anglaise ?), devrait ouvrir des portes à Jake Bugg en même temps qu'il risque de rebuter plus d'un puriste. Tant pis pour eux.

Après Jim Noir, The Moons, Vicars, See See ou Kontiki Suite, Albion reprend du poil de la bête pour notre plus grand plaisir.

Frank

(1) un artiste honteusement oublié dont le Greatest White Liars mérite une réhabilitation en bonne et due forme dans ses colonnes. On va y travailler.

Tracklisting :
1-Lightning Bolt
2-Two Fingers
3-Taste It
4-Seen it all
5-Simple as this
6-Country song
7-Broken
8-Trouble Town
9-Ballad of Mr Jones
10-Slide
11-Someone told me
12-Note to self
13-Someplace
14-Fire

Vidéos :





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