7 décembre 2011

Howling Diablos - Ultra Sonic Gas Can (2011)

Au fur et à mesure que les Howling Diablos sortent des disques, on se rend compte de l'erreur que fût la nôtre en cataloguant le groupe comme punk blues suite à la sortie de l'excellent Car Wash. Il faut dire que le son du groupe à cette époque et le fait qu'il soit distribué par Alive Records pouvait aisément induire en erreur.
La sortie en 2009, de Divine Trash Highway, avait quelque peu remis les pendules à l'heure. Composés de titres enregistrés entre 1995 et 2003, il dévoilait un groupe plus focalisé sur le funk et le blues que sur des sonorités plus catchy qui faisaient pourtant tout le sel de Car Wash.
La sortie de ce Ultra Sonic Gas Can est à ce titre un véritable retour aux sources.

Le groupe alterne morceaux funky que l'on jurerait échappé de l'esprit d'un Georges Clinton et pistes bluesy qui permettent de varier les plaisirs. L'ensemble des morceaux ayant comme dénominateur commun l'usage bienvenu du saxophone et un recours systématique aux choeurs féminins apportant ce supplément de groove à des morceaux qui déjà n'en manquaient pas à la base.
Et il faut bien reconnaître que ça passe remarquablement. Ainsi "Mr Right Now" donne le ton du disque en proposant d'entrée un titre ultra funky aux vocaux rappés, on a l'impression de nager en pleine blaxploitation !
"Devora Brown" est un pur morceau de rock soul comme avait tenté d'en réussir Primal Scream sur Give Out But Don't Give Up sauf que là le résultat est ici à la hauteur des espérances, transition parfaite avant le retour au funk et à un "Hook Up" qui donne envie de se remuer le popotin sur le dancefloor !
Plus conventionnel, "Blues King" évoque à la fois le J Geils Band et le blues rock d'un Stevie Ray Vaughan tandis que "House Party" parsemé de sample sonne comme un premier coup de mou après un début brillant.
Surtout que les Howling Diablos enchaînent avec une ballade vaguement countrysante ("You Make Me Good") qui s'écoute sans déplaisir, mais qui à défaut de nous emballer montre un groupe à l'aise dans tous les registres et désireux de se faire plaisir, réservant à d'autres les affres de la modernité. Car avec des titres comme "Detroit On My Mind" ou "Too Broke To Break Up" c'est bien au milieu des seventies que nous transportent les Howling Diablos, loin des déflagrations de Car Wash, certes, mais avec un tel talent que l'écoute de ce Ultra Sonic Gas Can devrait ravir les amateurs du genre.
Et pas à un contre-pied près le groupe tente même l'improbable avec le très bon surf, "Surfin In Detroit" avant de revenir tranquillement au funk avec le bien nommé "Funky Parade". Si la fin d'album déçoit (le rap de "Sold Out" et "After Party Remix" ne retenant guère l'attention), cela ne saurait entamer le plaisir que l'on prend à l'écoute de cette nouvelle livraison des Howling Diablos, qui en dehors des modes continuent leur chemin. Peut être pas le disque de l'année, mais dans un registre où plus personne n'ose guère s'aventurer, les Howling Diablos réussissent à convaincre, une gageure pour beaucoup, pas pour eux.

Frank


01-Mr Right Now
02-Devora Brown
03-Hook Up
04-Blues King
05-House Party
06-You Make Me good
07-Detroit On My Mind
08-Too Broke To Break Up
09-Surfin In Detroit
10-Funky Parade
11-Whisky River
12-Sold Out
13-After Party Remix

En écoute intégrale ici :

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