9 août 2011

Ty Segall - Goodbye Bread (2011)

Si vous êtes un lecteur assidu de ce blog, vous savez déjà en quelle haute estime on tient Ty Segall. Pour les autres sachez que le californien a offert trois albums en trois ans, trois disques certes abrasifs mais qui surtout forment une oeuvre passionnante à découvrir et à explorer. C'est dire que la sortie d'un nouvel album était attendue avec une réelle impatience. Le garçon ne chômant pas, il n'aura fallu attendre qu'un an avant d'écouter le successeur de Melted.

On va passer sur la pochette affreuse du disque pour se concentrer sur le contenu. Et là il faut bien reconnaître que Ty Segall a surpris son monde en sortant un album aux antipodes des trois précédents. Déjà le son plus clair, la production moins lo fi qu'à l'accoutumée, sont annonciateurs d'un climat plus apaisé. Pour autant Ty Segall n'en abandonne pas les saillies garage comme sur "California Commercial" le bien nommé ou un "Comfortable Home" que n'aurait pas renié ses contemporains et voisins des Oh Sees. Mais l'intérêt est ailleurs.
Le morceau titre "Goodbye Bread", ballade en mid tempo au jeu splendide de guitare et surtout "You Make The Sun Fry" donnent le ton. Ce morceau, le meilleur que n'aura jamais écrit Oasis, montre clairement un Ty Segall soucieux d'élargir sa palette musicale. Il faut bien dire que passer la surprise on peut comprendre la démarche, le californien ayant certainement décidé qu'il avait fait le tour de la question en matière de garage noisy sur ces précédents albums. "You Make The Sun Fry" est une pépite. Le genre de morceau qui dans un monde idéal devrait inonder les ondes. Malheureusement il arrive juste avec 16 ans de retard...
S'il on savait que Ty Segall avait un réel penchant pour les sonorités nineties (il suffit de se remémorer ses prestations au Point Ephémère et à la Gaïté lyrique), "I Can't Feel It" détonne avec ses accents glam seventies, sorte de ballade à la Marc Bolan. On oscille donc sur ce Goodbye Bread entre ses deux univers.
Ainsi "My Head Explodes" porté par, ô surprise, une guitare acoustique, explose dans sa deuxième moitié par l'ajout de guitares électriques qui sonne très Smashing Pumpkins sans que pour une fois cela ne soit pénalisant. La deuxième face du disque s'avère plus passionnante et surtout très convaincante malgré une hétérogénéité des styles assez marquée.
L'inventif "Floor" multipliant les breaks et changements de ton, s'avère être un des meilleurs morceaux du disque tandis que "Where Your Mind Goes" à la rythmique lourde et aux vocaux nimbés d'échos puisent au creuset du desert rock avec la même réussite. L'épique et très floydien "I Am With You" et le bucolique "Fine" concluent ainsi une face B en tout point remarquable.

Ce Goodbye Bread nécessite du temps pour que l'on se l'approprie. Les premières écoutes ne nous avaient que peu emballés, la variété des styles, l'absence de folie (le soupçon de tabasco cher à Mr Pop) et parfois un petit côté laidback nous empêchait de pleinement apprécier ces nouvelles pistes. Néanmoins, malgré tout, ces pistes nous fascinaient sans que l'on sache vraiment pourquoi, nous incitant à faire tourner encore et encore le disque sur la platine, jusqu'à ce que l'on se rende à l'évidence : ce disque est une oeuvre éminemment personnelle de la part de Ty Segall qui défriche de nouveaux territoires musicaux. Sans nul doute son disque le plus personnel à ce jour, celui qui lui permet de s'affranchir du carcan garage sans doute trop étroit pour son immense talent.
Un disque que l'on espère charnière et annonciateur du meilleur pour l'avenir.

Frank

(http://www.myspace.com/tysegall)

Tracklisting :
1. Goodbye Bread
2. California Commercial
3. Comfortable Home (A True Story)
4. You Make The Sun Fry
5. I Can't Feel It
6. My Head Explodes
7. The Floor
8. Where Your Head Goes
9. I Am With You
10. Fine

En écoute ici :
http://grooveshark.com/#/album/Goodbye+Bread/6259243

Vidéos :




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