21 août 2011

Blacksad - T4 (2010) - Guarnido (dessin) et Dias Canales (scénario)

Il aura fallu attendre 5 ans pour que les auteurs de l'une des plus belles bandes dessinées européennes remettent le couvert pour prolonger les aventures du détective John Blacksad. Une attente interminable pour ses nombreux aficionados...
L'univers de Blacksad – première publication en 2000 – n'est ni plus ni moins qu'une adaptation des films noirs des 50's en remplaçant les hommes par des animaux anthropomorphiques, permettant aux auteurs de développer une galerie de personnages ahurissante. Si le concept n'est pas nouveau, le dessin est quant à lui incroyable. Un travail tout en finesse, une utilisation des couleurs remarquable, un esthétisme ayant séduit un lectorat considérable en France.

Alors pourquoi le tome 4 ? Et bien parce qu'il se déroule à la Nouvelle-Orléans, dans le milieu interlope, sombre et parsemé de piqûres...du jazz.
Commandité par un richissime homme d'affaire dénommé Faust (!), Blacksad est chargé de retrouver la trace d'un pianiste dont les secrets pourraient bien faire tomber quelques têtes... Ce pitch me rappelle l'excellent Angel Heart avec De Niro et Mickey Rourke : on y retrouve ainsi l'atmosphère poisseuse de ce jeu de pistes avec divers protagonistes qui ont la fâcheuse tendance de périr dans le sillage de l'enquête.

"Canales et Guarnido"

Très adulte dans les thèmes développés, ce tome 4 est beaucoup moins glamour que les précédents : point de chattes (ben oui...) dénudées exhibant leurs atouts à notre détective implacable. Les touches d'humour sont quasi absentes, seules comptent l'histoire et les révélations qui tombent au compte goutte, livrant leur lot de misère et de fatalisme. Encore une fois, le dessin de Guarnido fait des merveilles et l'on reste béat d'admiration devant la qualité de certaines planches. Pour autant, n'oublions pas l'excellente structure narrative de Dias Canales : L'enfer, le silence, superbe titre de ce 4ème volet nécessite plus d'une lecture pour s'approprier les subtilités glissées tout du long...le scénariste laissant également échapper quelques indices pour faire bouillir la tête du lecteur imaginant la suite !

Le retour de Blacksad est donc une réussite, le mélange des influences, savamment dosé par les deux auteurs espagnols, comblera de nouveau les nombreux adeptes de ce bestiaire en costard cravate avec la clope au bec...et les autres.


Mr BOF


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