26 novembre 2010

Wyatt Atzmon Stephen - For The Ghosts Within (2010)

La sortie d'un disque de Robert Wyatt est toujours assortie d'un tas d'interrogations. Quelle orientation le facétieux bonhomme va-t-il prendre ? Quels seront ses collaborateurs ? Est-on en droit d'attendre de Robert Wyatt un nouveau chef d'oeuvre ?
Depuis Rock Bottom, on attend toujours de Robert Wyatt d'égaler ce pur joyau de la pop seventies. C'est injuste mais c'est ainsi.
Disons le d'emblée ce For The Ghosts Within n'égalera pas, loin s'en faut, la qualité de nombre de ses productions antérieures.
Sur celui-ci Robert Wyatt n'est pas seul, s'acoquinant avec le saxophoniste israélien Gilad Atzmon, virtuose capable de manier divers instruments de la clarinette à la flûte de berger (???) et la violoniste anglaise Ros Stephen qui dirige le Sigamos String Quartet. Car il ne s'agit pas cette fois-ci d'un album solo de Wyatt mais bien d'un travail collectif entre ces trois artistes venus d'horizons pas si divers qu'il n'y paraît.
Au programme, reprises de standards du jazz et compositions de Wyatt qui s'offre ainsi un nouveau lifting jazzy...
Ces choix ne surprendront pas les fans de Wyatt qui savent toute la fascination que l'artiste voue au genre. Le style très oriental du saxophoniste Gilad Atzmon promettait un mariage des genres pour le moins ambitieux sur le papier.

Et le résultat est assez inégal surtout quand le trio s'essaye un peu trop justement à ce mélange des styles : "Where Are They Now" rappé, "The Ghost Within" qui n'est pas chanté par Wyatt mais par Tali Atzmon (la femme de) qui ne convainc pas tout au long des huit minutes que dure le morceau,ou encore "Maryan" et ses nappes d'électro, sont autant de pistes quelque peu décevantes et où finalement on se met à regretter que le trio n'ait pas fait preuve d'un peu plus de sobriété. Surtout que ces pistes en milieu d'album en viendraient presque à occulter de réelles réussites.
Ainsi on citera rayon réussites "Lush Life" et surtout "Round Midnight" de Thélonious Monk sur lequel les parties de piano ont laissé la place à de somptueux arrangements de corde.

De même, Wyatt a l'occasion de nous démontrer qu'il reste un chanteur à part, posant sa voix si caractéristique sur des compositions qu'il transforme en moment de grâce : "Laura" qui après un début poussif enchante, le délicat "In A Sentimental Mood" (de Duke Ellington) et surtout "What A Wonderful World" dont il renforce la puissance mélancolique.

Sans être exceptionnel ce nouveau disque de Wyatt confirme qu'il reste un personnage à part, capable par sa seule présence de transcender un morceau bien aider en cela par des musiciens d'exception.
Pas un chef d'oeuvre mais un disque agréable, et à l'image de son auteur : hors du temps et hors des modes.

Tracklisting :
1-Laura 2-Lullaby For Irene 3-The Ghosts Within 4-Where Are They Now 5-Maryan 6-Round Midnight 7-Lush Life 8-What’s New 9-In A Sentimental Mood 10-At Last I Am Free 11-What A Wonderful World

Deezer :
http://www.deezer.com/fr/#music/wyatt-atzmon-stephen/for-the-ghosts-within-692910

Un lien pour écouter Wyatt parler de ce disque et assister à l'enregistrement de What A Wonderful World :
http://www.youtube.com/watch?v=3piRpB-OmYA

Quelques vidéos :

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