22 octobre 2010

Morgen - Morgen (1969)

Un type qui pour son premier album en 1969 choisit un tableau de Munch pour illustrer son disque ça mérite un minimum d'intérêt ? D'ailleurs sortir une telle pochette alors que de nombreuses personnes ont du mal à se remettre de la fin du mouvement hippie c'est peut être déjà ça être punk ?
Car franchement, Le Cri (1893) du norvégien Edvard Munch, symbolisant une crise d'angoisse existentielle à la fin des années soixante... A sa manière et concomitamment avec la sortie du premier Stooges, Steve Morgen referme (violemment) la page des sixties.
Avec son groupe, Morgen, c'est à un déluge de guitares fuzz que nous convie un Steve Morgen qui se révèle un excellent guitariste, un de ceux qui mérite vraiment le qualificatif galvaudé de guitar-hero.
Si on y ajoute une rythmique de plomb et notamment un batteur à la frappe chirurgicale qui pourrait rivaliser avec John Bonham, vous comprendrez qu'il est question ici d'un petit bijou de heavy rock psyché.
L'introductif "Welcome To The Void" donne le ton, fûts martyrisés, basse bien ronde, voix tantôt chevrotante ponctué de poussées de dément, riffs de guitare incisif... Joué sur un tempo volontairement lent, ce morceau hypnotique est un des tout meilleurs morceaux du genre.
"Of Dreams" chanté d'une douce voix féminine contrebalançant la fuzz de Morgen synthétise bien la fin du mouvement hippie tandis que "Beggin' Your Pardon (Miss Joan)" voit le groupe s'orienter vers le blues rock façon Cream ou premier Led Zep, sur lequel Steven Morgen éructe quelques paroles surréaliste (I Want To Touch You / I Want To Kiss Your Soul / I want To Feel Your Breath).
C'est alors le moment que choisit le groupe pour proposer "Eternity Of Between" pièce pop psychédélique qui laisse à penser que le groupe marque une pause.... jusqu'à mi morceau où le groupe se livre à une jam aussi surprenante qu'excellente.
D'ailleurs le groupe se plaît sur la fin d'album a brouiller les pistes : "Purple" qui sous son intro menaçante se révèle être une petite merveille de rock psychédélique, "She's The Nightime" qui prends quelques couleurs country façon Byrds équilibrant la fuzz omniprésente et le définitif "Love" longue plage hypnotique de près de onze minutes...

Cet album est un des grands chef d'oeuvre oublié des sixties, le genre de disque que l'on ne trouve que rarement dans les anthologies consacrées à cette période. Il n'en demeure pas moins indispensable.

Frank

Tracklisting :
1. Welcome to the Void

2. Of Dreams

3. Beggin' Your Pardon (Miss Joan)

4. Eternity In Between

5. Purple

6. She's the Nightime
7. Love

Quelques Vidéos :


4 commentaires:

  1. C'est noté ! Quand même, ça fait drôlement envie, là^^
    Messire De Fuzz avait déjà cité ce nom en d'autres contrées, je sais sur quoi me pencher ;)

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  2. Ouaip Béro a du en parler sur le forum PlanetGong... D'ailleurs il rate jamais l'occasion de placer ce disque dans une discussion !

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  3. Je connaissais pas. J'avais même jamais entendu parler de lui. Pourtant, promis juré, j'écoute un peu de musique depuis longtemps. D'ailleurs je suis né la même année que cet album. Bref, je me croyais presque parfait... Ben voilà, welcome to the void, c'est le petit caillou dans la godasse, le truc qui ferait presque acheter des lampes à huile plutôt que des jeux à gratter. Thanx a lot!!!

    Arthofzaft.

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  4. Ah ! ça fait toujours plaisir de faire découvrir un disque ! Et puis ce Morgen c'est quand même le genre de disque injustement oublié. Pourtant ça fait un bien fou aux esgourdes :-)
    Je te conseille les articles sur Blue Mountain Eagle et Twentieth Century Zoo...

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