7 juillet 2008

Tokyo Sex Destruction

Tokyo Sex Destruction... Comme son nom ne l'indique pas ces adeptes du binaire nous viennent d'Espagne, de Catalogne, de Villanova au sud de Barcelone pour être précis. Influencés par le MC5 et la soul, ces Ibériques proposent un mélange détonnant de rock & Roll high energy, ponctué ça et là de sonorités Motown.
Les Tokyo Sex Destruction se forment au début du siècle et moins de deux ans plus tard accouchent d'un album monstrueux, Le Red Soul Comunnitte... 10 titres... du rock rageur sans fioritures hérité du MC5, des Stooges, comme de tous les groupes « garage » qui pullulaient aux states dans les sixties. La voix du chanteur ménage son petit effet, gorgée de soul ! Ce premier album est un coup de maître, de la dynamite sous cellophane, une galette indispensable : « Break Out Town », « Yesterday is gone », « She's so fine », « You gotta do It » sont des classiques instantanés. Les morceaux n'excèdent jamais 3' à l'exception des deux derniers « Don't make try your love » et le morceau titre « Le Red Soul Comunnitte »... Guitares rageuses, rythmique qui claque, voix soul, orgue inspiré... que demande le peuple? De plus le groupe est doté d'un bon sens de l'humour comme en atteste le titre « Capitalism plus dope equal genocide ». L'album aura son petit effet et attirera l'attention de John Sinclair mythique manager du MC5, qui leur donnera l'opportunité de tourner aux States. Un mot sur le son dantesque surprenant pour un premier album, le groupe semble jouer live, renforçant l'impression de brasier que donne l'écoute de ce disque.
Comment a-t-on pu passer à côté d'un tel brûlot? Cette question restera malheureusement sans réponse...
Le deuxième opus de nos Ibériques sort en 2004 et se nomme Black Noise Is The New Sound!... tout un programme! Bon disons le d'emblée, l'album déçoit quelque peu. Non qu'il ne soit pas bon ! C'est un très bon album, c'est juste qu'il n'atteint pas les sommets du premier album et ce malgré de très bons morceaux : « The New Sound (In Black Religion) », « New Magazines »... Le groupe ne retrouve que par instants la magie de Le Red Soul Comunnittee mais propose néanmoins 11 titres forts recommandables qui explorent d'autres pistes comme sur ce « Black Cold Heart » aux accents jazzy.
Un disque moins immédiat moins percutant mais très attachant néanmoins.
Toujours aussi prolifique, le groupe sort en 2005, un album composé de 8 titres, 5th Avenue South... et accouche d'un nouveau chef d'oeuvre. Le groupe apparaît recentré, semble avoir digéré toutes ses influences y compris celles venant quelques peu déstabiliser la qualité générale de Black Noise Is The New Sound!. D'entrée, « Prisonners of Our Ideas », cogne fort et juste, admirablement réhaussé de cuivres. « Songs to Apologize » enfonce le clou porté par sa guitare fuzz et des choeurs féminins. « L.U.V. Is The Feeling » surprend : 6'30'' psychédéliques avec un chanteur prenant des accents crooners et rythmé par un orgue convoquant le fantôme des Doors. « One more Sunday » vient rappeler que le groupe est un pur groupe de R&R, avant que le groupe ne balance un « FxxxU » rageur, où on craint pour la santé d'un chanteur au bord de la rupture, les guitaristes n'étant apparemment pas épargnées par la schizophrénie ambiante. Le morceau s'achève sur des sonorités indiennes relayées par l'instrumental « Good Morning » à la guitare acoustique. L'album s'achève par le furieux « I Can't Wait » bien soul et le planant « Tonite ». Sur ces 8 titres, le groupe fait étalage de toute sa classe et se montre capable d'évoluer en incorporant d'autres sonorités à son rock & roll. Chapeau!
Le groupe sortira pas moins de 9 singles après ce 5th Avenue South et ce sur différents labels. Ces singles sont ressortis en 2006, sur le bien nommé... Singles. A l'évidence le groupe en avait encore sous le pied... Même si les morceaux sont loin d'être tous indispensables (le disque contient quand même 15 titres...), ces singles réservent de très bons moments : comme l'introductif « All The People Get Ready » funky en diable, ou un « Old Man » où le groupe alterne guitares et tonalités pop. Le groupe parfois surprend notamment avec le bossanova « Summer Days ». Le son est quant à lui inégal passant du très bon au mauvais mix. A noter deux reprises : « People In Me » de Music Machine et « Get On Your Knees » de Los Canarios un groupe espagnol de la fin des années soixante, les deux reprises sont très réussies. On réservera donc Singles aux fans des trois premiers albums.
Au final on a quand même un groupe hallucinant transpirant le rock par tous les pores, les 5 Sinclair (en hommage au manager des MC5) n'ayant qu'un seul défaut commercialement parlant : être espagnol plutôt qu'américains ou scandinaves, ce qui semble-t-il les empêche d'obtenir la reconnaissance à laquelle ils peuvent prétendre. Pour cette raison ils méritaient bien un coup de projecteur.

(Mr Rock)

Site myspace :
http://www.myspace.com/tokyosexdestruction

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