6 juin 2011

Compte-rendu Cosmic Trip 2011 (1/2)

Difficile d'avoir les idées claires à l'heure d'évoquer cette quinzième édition du cosmic trip quand les effets dévastateurs des quelques litres de vin blanc ingurgités la veille font encore effet.
Et pourtant on va faire un effort pour vous faire partager ces quelques souvenirs et surtout nos impressions sur les groupes qui se sont produits ces derniers jours à Bourges.

Le cosmic c'est aussi une histoire de rencontres, celles de festivaliers muent par la même passion pour le rock and roll. L'occasion de faire la connaissance de quelques visiteurs de ces lieux et surtout d'échanger avec les éminents forumeurs de Planetgong.
Au niveau du public, on aura vu quelques personnages hauts en couleurs. On a noté que quelques tendances se dégagent : les incontournables tatouages, gomina et robes à pois ont ainsi cette année été concurrencés par les masques de catcheurs et les chemises à frange. Une foule bigarrée donc, venue communier, ensemble au nom du dieu rock and roll.

Encore une fois l'organisation fût quasi parfaite (on regrettera seulement que malgré les années les bénévoles ne sachent toujours pas quand changer un fût de bières, dommage quand on se tape les dernières bières éventées).
Malgré un programme chargé on a quand même eu le temps de faire les touristes, remonter la rue d'Auron pour visiter la splendide cathédrale, manger dans une cantine qui proposait en entrée de la couille d'âne (véridique mais on a pas osé la dégustation) et déguster de l'excellente bière au pub le Jacques Coeur..

Ah et comment évoquer le festival sans parler des joies du sandwich à l'andouillette, ce repas béni des dieux qui à permis à vos serviteurs de survivre durant ces deux jours....

Bref cessons ces digressions et revenons à l'essentiel : la musique !

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La première journée du festival, on a bien crû ne pas la vivre. Il faut dire que quand vous vous pointez à la gare et découvrez que l'on vous a vendu des billets sur un train qui n'existe plus il y a de quoi paniquer... Bon après 3 heures de périples, la découverte de charmantes communes (Mehun Sur Yevre, Marmagne et Foessy...) et quelques planteurs dégustés à même le sol entre deux wagons, on arrive enfin sur le lieu du festival mais malheureusement trop tard pour profiter de The Irradiates. Surtout que les deux derniers morceaux du groupe, les seuls que l'on a pu écouter, faisaient plaisir à entendre.


Le temps d'avaler une bière ou deux et c'est au tour de Sheetah & the Weissmuller de monter sur scène. Disons le clairement, bien qu'on adore le groupe sur disque, sur scène se fut une énorme déception. Balance apparemment mal faîte (on ne comprenait rien aux paroles, le comble quand on chante en français), beaucoup d'approximations dans le jeu des musiciens et on a eu peine à reconnaître le groupe qui nous a enthousiasmé avec Hola Yeah-Yé et I Need You.



La première grosse claque du festival viendra des irlandais de The Urges qui ont mis le feu, offrant un set remarquable et ce malgré des premiers (et nouveaux morceaux a priori) poussifs. Forcément vu la qualité des compositions de Psych Ward c'est tout de suite plus facile. Efficaces, bien en place et un chanteur charismatique, les Urges avaient tout pour réussir leur passage au festival. Contrat rempli.


Deux sandwichs à l'andouillette et quelques bibines plus tard on découvre un groupe assez hallucinant, Jancee Pornick Casino. Comment décrire le show proposé par ce groupe improbable ? Country, rock and roll, polka, reprise du Vol du Bourdon de Nikolaï Rimski-Korsakov, le trio ne s'impose aucune limite!!! Groupe improbable, avec un sens du spectacle certain, les Jancee Pornick Casino font n'importe quoi... mais ça fonctionne. A noter l'incroyable basse, une balalaïka contrebasse (merci Ratel).



Entre les concerts devaient se produire Dollar Bill qui finalement n'est pas venu, remplacer au pied levé par Chicken Diamond.
Dans des conditions moins favorables que les groupes à l'affiche (il joue dans l'entrée du Palais d'Auron!), Chicken Diamond a fait monter la température d'un cran. Les pistes de son premier album officiel (chez Beast Records) ont ravi les festivaliers. Un Chicken Diamond qui offrira en sus un TV Eye (Stooges) d'anthologie. Remarquable prestation.



A ce moment de la soirée on trépigne d'impatience. Il faut dire que la présence en tête d'affiche des Oh Sees faisait saliver. Au vu des excellents concerts précédents, la tâche s'annonçait pourtant ardu pour le groupe. John Dwyer et sa bande ont offert en retour une prestation ébouriffante, mettant de côtés l' acid-folk-rock de Castlemania pour se concentrer sur leurs morceaux les plus noisy, déclenchant moult pogos et slam devant un public certes conquis d'avance mais qui n'attendait sans doute pas les Oh Sees à un tel niveau. Un véritable ouragan sonore qui nous laissera exsangue, sur le flanc. Un seul bémol la trop longue jam finale mais rien qui ne vienne gâcher cet extraordinaire moment de rock and roll.



Cédant à la fatigue on a pas assisté à la DJ Party, préférant profiter de quelques heures de sommeil bien méritées après une superbe première journée.


Frank & Mr Bof



la suite bientôt...

6 novembre 2008

The Urges - Psych Ward (2007)

Ce disque on a cru ne jamais pouvoir l'acquérir et donc vous le chroniquer... Sorti en 2007, il est vite devenu introuvable. Las, on s'était presque fait une raison : on aurait pas ce premier album de nos Irlandais découvert à l'occasion d'une soirée Gloria (avec les papys de The Remains) où ils avaient été tout simplement époustouflants.
Et il y a un mois le choc, on découvre une superbe version digipack de l'album en import avec une nouvelle pochette : l'album est enfin réédité! Un mois c'est le temps qu'il nous a fallu pour le digérer, le disséquer et comprendre comment un tel disque peut sonner aussi frais et être tout bonnement indispensable. Musicalement on croirait le disque enregistré en 1967, à la croisée des chemins entre The Seeds pour le garage, 13th Floor Elevators pour le psyché et The Artwoods pour l'usage de l'orgue. C'est simple cet album pourrait aisément remplacer votre compilation Nuggets!
12 titres, 12 tueries : le single "Jenny jenny" (découvert il y a 3 ans sur la splendide compilation Gloria!) qui dans un monde idéal envahirait les ondes, "I Gotta Wait", "You don't Look So Good" et ses guitares à la Yardbirds ouvrent l'album de la meilleure façon qui soit, tout en rage rock'n'rollienne...
"It Ain't Right" où la gouaille de Jim Walters fait merveille, rend finalement le plus bel hommage possible à Roky Erickson des 13th Floor Elevators tout comme "The 13th Elevator" construit sur un mid tempo et porté par un orgue lancinant, avant de sérieusement s'emballer. Ces deux morceaux impeccables sont entrecoupés par le rageur "You're Gonna Find Out" et montre l'étendue de la culture de The Urges, qui réussi le tour de force de sonner comme personne, de s'approprier les codes du genre sans jamais sonner comme une resucée des groupes susnommés!
La suite est toujours aussi enthousiasmante : un "Salvaje" déjanté, instrumental si on excepte les rires démoniaques parsemant le morceau ; "So Uptight" revient à des bases R&B histoire de calmer le jeu avant un morceau d'anthologie "The Urges Theme" s'ouvrant un peu comme le "Friday On My Mind" des Easybeats mais voit le groupe mélanger garage et des sons de guitares évoquant Ennio Morricone. Un mot : magistral !
"Read The Signs" simple et efficace nous permet de nous remettre avant ce "Curse It All" qui nous rappelle furieusement "Plasma Dive" des japonais de Thee Michelle Gun Elephant.
L'album se conclue sur ce "Psych Ward" parfait synthétisant parfaitement la musique de The Urges et faisant le pont avec les anglais de The Coral : rythmique carré, guitares inspirés mais jamais envahissantes, voix et choeurs à l'unisson et surtout cet orgue qui prend toute sa place.
Les morceaux n'excédant que rarement 3' (seuls 4 morceaux sur 12...) on arrive malheureusement vite à la fin de cet album quasi-parfait.

Si vous adorez les sixties, ce disque est un achat indispensable ! On ira plus loin : il est d'utilité publique et devrait être remboursé par la Sécu !

(Mr Rock)

(http://www.myspace.com/theurges)