19 juillet 2011

Okkervil River - I'm Very Far (2011)

Trois ans déjà se sont écoulés depuis The Stand Ins dernier effort du groupe mené par Will Sheff. Quatre ans même puisque The Stand Ins était constitué de chutes de studio de The Stage Names.
Entre temps, le groupe s'est offert une petite récréation en servant de backing band à Rory Erickson le temps d'un album (True Love Cast Out All Evil) et quelques dates sur le sol américain. Jusqu' à ce I'm So Far donc, 6e album du groupe.


Le résultat est aussi familier que déconcertant.
Familier car on retrouve bien la patte de Will Sheff sur ces morceaux toujours aussi bien écrits en sus de sa voix immanquablement reconnaissable.
Mais déconcertant car le groupe ne nous avait que rarement habitué à autant de lyrisme, d'emphase, de surenchère même.
Tout dans ce disque sonne "too much" : trop de cuivres, trop de cordes, trop d'orchestration (2 batteurs 2 basses et jusqu'à sept guitaristes!).
vous comprendrez donc notre surprise et notre désappointement à l'écoute de ces onze nouveaux morceaux.

Le résultat même s'il déconcerte est assez ébouriffant, luxueux même. Will Sheff donne l'impression d'avoir voulu bousculer ses habitudes tout en offrant autre chose à ses fans : un album démesuré à l'image du songwriter de talent qu'il est.
Et c'est bien là le paradoxe, son talent naturel de songwriting s'il sauve les pistes de ce disque ne saurait faire oublier que celui-ci n'a nul besoin de tels artifices pour fonctionner.
D'ailleurs il s'exprime nettement mieux sur la deuxième partie d'album et sur des pistes comme "Hanging From A Hit" ou "Show Yourself". En refusant une certaine forme de confort, censé certainement le pousser à dépasser ses limites, Okkervil River a sorti son album le moins bon à ce jour sans que l'on puisse dire que le résultat soit mauvais.
On apprécie le côté plus sombre de certaines compositions mais le résultat final pour les raisons évoquées plus haut ne nous a clairement pas emballé. Beaucoup moins que la trilogie Black Sheep Boy / The Stage Names / The Stand Ins...

Est-ce que ce disque marque une réelle rupture et une nouvelle voie que souhaite explorer Will Sheff et sa bande ? L'avenir nous le dira.

Frank

(http://www.myspace.com/okkervilriver)

1. "The Valley" - 3:50
2. "Piratess" - 4:00
3. "Rider" - 4:25
4. "Lay of the Last Survivor" - 3:51
5. "White Shadow Waltz" - 4:26
6. "We Need a Myth" - 4:38
7. "Hanging from a Hit" - 5:16
8. "Show Yourself" - 5:20
9. "Your Past Life as a Blast" - 5:32
10. "Wake and Be Fine" - 3:25
11. "The Rise" - 6:16

Quelques vidéos :


5 mai 2010

Roky Erickson & Okkervil River - True Love Cast Out All Evil (2010)

L'histoire de Roger Kynard Erickson est assez tragique. Leader des géniaux 13th Floor Elevators groupe psychédélique texan, Roky Erickson aura eu une carrière erratique marquée par divers internements dans des structure psychiatriques (au départ pour après avoir été pris en possession de drogues) il y sera notamment gavé de neuroleptiques... Malgré un retour chaotique dans les seventies, il disparaît plus ou moins de la circulation à la fin des années 80's (il aurait été de nouveau interné). C'est grâce à l'action de son frère que Roky Erickson reprendra progressivement le dessus, redonnant même quelques concerts.
Alors quand on a appris que le bonhomme allait sortir un nouvel album, le premier depuis quatorze ans, la nouvelle nous a réjouit. Et quand il s'est avéré que Roky Erickson s'entourait des excellents Okkervil River comme backing band, on était quelque peu impatient de jeter une oreille sur ce True Love Cast Out All Evil, produit donc par Will Sheff.
Le résultat est plus que plaisant et ce malgré une mise en place un peu poussive ("Devotional Number One"). Mais après le groupe enfile les perles. Ainsi "Ain't Blues Too Sad", "Goodbye Sweet Dreams" aux splendides guitares claires, "Be And Bring Me Home" aux cordes délicates et quelques cuivres discrets, sont des morceaux qui enchantent. Certaines pistes sont connues pour être présentes sur des compilations sortis il y a quelques années.
Accélérant le tempo sur "Bring Back The Past" aux accents byrdsien et surtout "John Lawman", on a la confirmation du net regain de forme de Roky Erickson qui semble avoir trouvé en Okkervil River le backing Band parfait.
Un Roky Erickson qui n'en oublie pas les ambiances quelque peu barrées qui caractérisaient certaines de ses compositions comme ce "Please Judge" qui se fait tour à tour tendre et noisy !
La fin de l'album est du même niveau qualitatif, autrement dit très bon : "True Love Cast Out All Evil" chanté en duo avec Will Sheff, "Forever" aux envolées lyriques...

Roky Erickson semble avoir exorcisé ses démons avec ce disque enthousiasmant dans une veine très folk qui sied à merveille à son timbre de voix. Et comme les musiciens derrière lui, sont comme d'habitude parfait...
On rêve maintenant d'une tournée de Roky Erickson avec les Okkervil River, histoire de prolonger ces moments. On en redemande.

Frank

(http://www.myspace.com/rokyerickson)

L'album en écoute sur deezer :
http://www.deezer.com/fr/#music/roky-erickson-okkervil-river/true-love-cast-out-all-evil-528258

Tracklisting :
01. Devotional Number One
02. Ain't Blues Too Sad
03. Goodbye Sweet Dreams
04. Be and Bring Me Home
05. Bring Back The Past
06. Please Judge
07. John Lawman
08. True Love Cast Out All Evil
09. Forever
10. Think Of As One
11. Birds'd Crash
12. God Is Everywhere

Quelques vidéos :


Allez un petit bonus :

8 septembre 2008

Okkervil River - The Stand Ins (2008)

Ce qu'il y a de bien avec les anniversaires (et quand on a des amis géniaux) c'est que l'on se retrouve souvent avec des disques comme cadeaux... Cette année n'a pas dérogé à la règle avec le nouvel Okkervil River dans sa version vinyle.
Okkervil River est un groupe américain, d'Austin au Texas, mené par le charismatique Will Sheff et signé chez le fabuleux label jagjaguwar auquel on doit entre autres Besnard Lakes, Black Mountain, Bon Iver, My Ion Truss et j'en passe...
Okkervil River est surtout responsable de deux albums fabuleux, Black Sheep Boy (2005) et The Stage Names (2007) que tout fan d'indie pop doit se procurer séance tenante!
Ce Stand Ins est en fait composé de morceaux issus des séances d'enregistrement de The Stage Names et ne constitue pas à proprement parler un nouvel album.
Aux premiers accords de "Lost Coastlines" on sait que l'on va prendre un extrême plaisir à retrouver nos chers texans surtout qu'ils innovent, sur ce morceau, au niveau des voix en doublant d'une voix plus grave celle plus plaintive de Will Sheff. On succombera aisémment à la country délicate de "Singer Songwriter" ou à la pop song de "Starry Stairs" réhaussée de quelques notes de piano et d'accords de trompettes.
Ce qui surprend néanmoins c'est la tonalité plus calme, presque feutrée par instant, comparée à la débauche (notamment sur sa face A) de The Stage Names.
Ce sentiment est renforcé par le poignant "Blue Tulip" qui vient clore une face A parfaite.
La face B commence avec le fringant "Pop Lie" rappelant que le groupe est aussi très à l'aise sur des tempos plus enlevés.
"On Tour with Zykos" et "Calling And Not Calling My Ex" sont deux ballades sympathiques mais qui dénotent toute la difficulté de réaliser un double album et de maintenir un tel niveau d'excellence.
L'album s'achève sur le délirant "Bruce Wayne Campbell Interviewed On The Roof Of The Chelsea Hotel, 1979" démontrant à qui veut bien l'entendre que ce groupe a un talent considérable et mérite mieux que le relatif anonymat dans lequel il est malheureusement maintenu.

(Mr Rock)

(http://www.myspace.com/okkervilriver)

PS : la quasi-totalité de l'album est en écoute sur myspace !
PS 2 : il y a sur le disque 3 plages intitulées Stand Ins One, Two et Three. Il s'agit de quelques notes de musique servant d'intros.