26 février 2013

John Wesley Coleman III - Trans AM Summer Blues (2012)

Et le prix du stackhanoviste pour 2012 est attribué à ... John Wesley Coleman ! Auteur de trois albums dans l'année en solo et d'un avec son groupe les Golden boys, le Trash Poet d'Austin dame le pion aux habitués du genre et coiffe Ty Segall au poteau, le blondinet californien n'ayant signé "que" trois albums en 2012 !

JWC fait partie de ces artistes pour lesquels on a une certaine tendresse. Ne comptez pas sur lui pour changer la donne, révolutionner le monde du rock et sortir de l'underground . Non. JWC fait juste partie de ses musiciens précieux qui, à leur humble niveau, sortent des disques parfois brillants, toujours enthousiasmants, et qui par leur humeur badine et leur immédiateté squattent durablement la platine. Des disques que l'on ressort régulièrement pour un plaisir sans cesse renouvelé. Cette année, le Dirty Fingernails avec les Golden Boys et The Last Donkey Show étaient de ceux là. Et si A Nightmare On Silly Street s'était avéré un cran en dessous, ce Trans Am Summer Blues est tout simplement l'un des meilleurs albums du texan.

Plus maîtrisé, varié, à l'aise dans tous les styles, JWC fait la démonstration sur cet album d'un talent rare : celui de sublimer des compositions qui en apparence peuvent sembler banales. Ainsi, "King And Cindy" se voit transcender par son piano baltringue ou "Go Around The World" par ses cuivres déjantés.
Et quand ce n'est pas l'apport d'un instrument, c'est tout simplement le timbre de voix si particulier de Coleman qui fait la différence (une écoute de l'entêtant "Klan Klan Of The Motherfuckers" est impérative). C'est simple, sur chaque piste il fait le show comme si le disque était enregistré en public, apposant sa gouaille sur des compositions qui deviennent alors autant d'hymnes à la bonne humeur.

En touche à tout de talent, Coleman se permet tout : saillies rock and roll ("Jam Pusher" qui renoue avec Personality Pancake), ballades touchantes ("Million Faces"), ou garage comme il en propose avec les Golden Boys ("House On The Hill"). Et il y a ce morceau-titre, "Trans Am Summer Blues", composition tour à tour hypnotique et rentre-dedans, étirée sur plus de huit minutes, où il déclame plus qu'il ne chante, s'avérant une nouvelle réussite, un des temps forts d'un disque qui ne manque pas, vous l'aurez compris, de qualités.

Du fun, encore du fun, toujours du fun. Tel est le leitmotiv de JWC. Pour notre plus grand plaisir.

Frank

Tracklisting :
#1 King and Cindy
#2 Saturday Night
#3 Go Around the World
#4 Jam Pusher
#5 Million Faces
#6 House On the Hill
#7 Klan Klan of the Motherfuckers
#8 Trans Am Summer Blues
#9 Box O' Donuts

en écoute ici :
http://www.deezer.com/fr/album/6021163

Pas de vidéos malheureusement ...

20 juin 2012

John Wesley Coleman III - The Last Donkey Show (2012)

John Wesley Coleman reste une de nos découvertes de l'an passé. Autoproclamé "trash poet", membre des Golden Boys avec lesquels il a déjà enregistré 5 albums dont le dernier Dirty Fingernails sorti cette année, John Wesley Coleman est un artiste prolifique et multi-facette.
Après un disque accompagné d'un livre de poèmes, American Trash en 2008, un LP Steal My Mind en 2009, un autre Bad Lady Goes To Jail en 2010 et ce très bon EP Personality Pancake l'an passé, le gaillard revient avec un nouvel LP sous le bras, Last Donkey Show, enregistré en Californie dans les studios de Greg Ashley.
Pour être complet, un autre album est sorti il y a peu sur Monofonus Press, intitulé Nightmare On Silly Street... 3 albums en quelques mois : il y a de quoi craindre légitimement un essoufflement artistique.

A l'écoute de ce LP on se dit que ce ne sera pas pour tout de suite. Le début de l'album est même plutôt flamboyant avec un "My Grave" gorgé de claviers et "A Clown Gave You A Baby" dans une veine similaire aux enregistrements des Golden Boys. La voix hésitante (alcoolisée ?) de John Wesley Coleman vient apporter un cachet très particulier à ces morceaux qui les rapprochent aussi de King Khan & BBQ. Mais derrière cette entrée en matière rassurante, John Wesley Coleman donne la mesure de son potentiel et de son attrait pour d'autres sphères et chapelles musicales : "Virgin Mary Queen" tout en mid-tempo où JWC chante de façon détaché, jouant parfaitement son rôle de troubadour texan, tandis que l'addictif "Don't Waste My Time" aux accords de piano entêtants, réhaussé de cuivres, confirme la capacité du bonhomme à écrire de splendides compositions. Au pire, même quand ce n'est pas excellent, il a cette capacité d'ajouter de la folie à des morceaux moyens comme sur "The Howling" où il donne dans du sous-James Leg version Solitary Pleasure.

La face B est encore plus détendue, John Wesley Coleman y apparaît en roue libre, avec un "The Last Donkey Show" à l'orgue, ce "Country Song" d'une coolitude absolue même si on peut regretter sa facture très classique tandis que "Hanging Around" lorgne du côté des Strange Boys et "She's Like Dracula" vers Jonathan Richman. Si ce côté éminemment cool est sympathique sur bien des titres, on peine à s'enthousiasmer pour la fin du disque qui tourne quelque peu en rond, John Wesley Coleman semblant s'essouffler sur ce "Running Into The Bulls", traînant malgré de bonnes idées (sa voix est doublé d'une voix féminine) ou "Flower In The Dark", ballade folk parfaite pour annoncer l'heure de la sieste ...

Moins essentiel, plus décousu que le dernier album des Golden Boys, ce Last Donkey Show reste un disque de très bonne facture qui porte finalement la patte de son auteur, un John Wesley Coleman touche à tout, qui s'essaye à divers styles avec plus ou moins de bonheur mais avec une envie de bien faire qui vaut bien des talents.

Frank

Tracklisting :
1 My Grave
2 A Clown Gave You a Baby
3 Virgin Mary Queen
4 Don't Waste My Time
5 Animal Bed
6 The Howling
7 The Last Donkey Show
8 Misery Again
9 Hanging Around
10 She's Like Dracula
11 Running Into the Bulls
12 Flower in the Dark





Animal Bed by John Wesley Coleman on Grooveshark

24 mai 2012

The Golden Boys - Dirty Fingernails (2012)

Les achats sur internet c'est sympa mais rien ne vaudra le passage chez un disquaire. L'acquisition de ce LP en est la parfaite illustration. C'est en effet lors d'un passage à Pop Culture que l'on tombe sur le nouvel LP de John Wesley Coleman III, un artiste d'Austin dont on avait salué le précédent EP dans ces colonnes. Quelle ne fut pas notre surprise d'apprendre, que non seulement John Wesley Coleman a un groupe, les Golden Boys, mais que ces derniers viennent de sortir leur 5e album à ce jour , ce Dirty Fingernails dont nous fîmes l'acquisition illico presto.
Sans ce passage à Pop Culture et les conseils avisés du taulier, Fred, nul doute que ce disque ne serait jamais passé entre nos mains...

Formé en 2000, le groupe se compose de John Wesley Coleman (guitare/chant), Matt Hoopengarder (guitare/chant), Pat Travis (batterie), Bryan Schmitz (basse) et Nay Nay Arbietman (claviers).
Musicalement on retrouve sur ce disque ce garage rock américain mâtiné de gimmick country /folk qui fait tout le sel des enregistrements des Reigning Sound auxquels font immédiatement penser les Golden Boys. Avec un soupçon de Plimsouls et une bonne rasade de Compulsive Gamblers sur certains titres ("Outta In The Dark"), vous obtenez le cocktail parfait, un des disques les plus rafraîchissant d'outre-Atlantique depuis le début de l'année. Car même si ce disque n'apparaît pas comme un "indispensable" (si on se contentait de disques indispensables nos discothèques seraient faméliques et surtout très chiantes), il s'agit assurément du genre de LP qui risque d'occuper durablement la platine. Il faut dire que nos gaillards savent y faire, douze ans de scène ça aide aussi, pour offrir un rock que peu de groupes osent encore proposer : du rock haut en couleurs, fun, au plaisir immédiat.
La Face A, à l'exception du délirant et incongru  "Daddy's Horsewife" au phrasé typique du hardcore, est pur ravissement pour les oreilles, guitares claires, rondeur des basses, rythmique puissante et souple à la fois, parties de clavier inspirées et voix à l'unisson... "California", "Run Away", "Dirty Fingernails" remplissent leur ouvrage et font de cette première moitié d'album, l'archétype de ce que l'on aimerait entendre plus souvent en rock and roll : un rock simple et énergique.
La Face B n'est pas en reste et démarre même avec deux excellents morceaux, pas loin d'être nos préférés de l'album, "Older Than You" et surtout "Curtains" avec ces guitares tranchantes et ses boucles kraut au milieu du titre, la classe absolue en 3'23". Pendant de Daddy's Horsewife sur la face A, "Sidewalk" voit le groupe balancer quelques phrases sidérantes ("I'm a wizard in the golden sand of 'the sidewalk") sur un rythme nonchalant qui vient casser la dynamique du titre même si l'exercice est réussit. Du coup, malgré leurs qualités, "Steal My Mind" et "We Are Young" laissent un sentiment d'inachevé.

Preuve si besoin était que la scène d'Austin n'a rien à envier à celle de San Francisco (rappelons que la scène locale comprends Black Angels, Strange Boys, Bad Sports et White Denim entre autres), ce Dirty Fingernails est assurément notre coup de coeur (un de plus) de ce début d'année et un sale coup pour nos finances puisque quatre LP ne sont pas encore tombés dans notre escarcelle...

Frank

Tracklisting :
Face A : 1. California / 2. Run Away / 3. Dirty Fingernails / 4. Outta The Dark / 5. Daddy's Horsewife / 6. Didn't I Tell Ya Babe
Face B : 1. Older Than You / 2. Curtains / 3. Sidewalk / 4. Steal My Mind / 5. We Are Young

30 septembre 2011

John Wesley Coleman III - Personnality Pancake EP & Followed By Static - Bacon Bear EP (2011)

Way Out There Records est un tout jeune label italien mené par Astrid de Miss Chain & The Broken Heels et Alberto de Il Buio. Pour leur première sortie, ils ont opté pour un split LP avec en face A, Personnality Pancake, EP de John Wesley Coleman III et en face B, Bacon Bear EP de Followed By Static. Les deux groupes sont originaires d'Austin qui rappelons le dispose d'une scène rock assez dynamique.
Et bien pour un coup d'essai, c'est un coup de maître tant la qualité de ces deux EP est remarquable

On ne savait rien sur John Wesley Coleman III mais à l'écoute de cet EP on va chercher à en savoir davantage (le garçon a sorti un album l'an passé...). Les quatre titres sont tous impeccables. Si "Funky Monster" avec son déluge de fuzz n'est pas sans rappeler les grandes heures de Jack Meatbeat & The Ugly Society avec lequel il partage la même fixette sur les Stooges, "Personnality Pancake" le morceau titre oeuvre dans la même mouvance que les Black Lips, à savoir un garage rock aussi foutraque que joyeux et jouissif. Ces deux facettes John Wesley Coleman les manie à la perfection, les deux pistes étant aussi bonnes que les influences sus-citées. La rythmique, solide, est l'élément qui permet de distinguer la patte du groupe malgré le grand écart que pourrait constituer ces morceaux ainsi décrits.
"I'm Fucked And I'm Cool" en remet une couche dans le garage high energy avant que le délirant "If Giuseppe Andrews Hears This Song, Tell Him To Give Me A Call And Let's Party", hommage au réalisateur américain, ne clôt remarquablement cet EP.
(http://www.myspace.com/johnwesleycoleman)

Dans le cas de Followed By Static, le premier morceau "Trash 2011" semble nous mettre en présence d'un groupe jumeau des Black Angels. Pour autant et même si les similitudes sont frappantes, le morceau, excellent, n'a rien à envier aux productions de leurs camarades texans. Surtout que le groupe se montre inventif notamment par l'apport d'excellentes parties de clavier.
Toutefois ce morceau, hypnotique, est un peu l'arbre qui cache la forêt car les trois pistes qui suivent  dévoilent un groupe garage assez inspiré, parfaitement exécuté et un peu à la manière des Strange Boys, autre groupe d'Austin, n'hésite pas à intégrer des éléments country dans son garage rock ("Bacon Bear"). Pour autant le groupe se démarque de son voisin en apportant une touche toute personnelle à ces compositions notamment grâce à son clavier qui décidément prend une place toute particulière dans le son des Followed By Static (l'excellent "Cop Gloves").
(http://www.myspace.com/followedbystatic)

Soyons clair ce disque impeccable constitue une des belles surprises de cette année 2011, deux groupes qui ont su à la fois digéré leurs influences et se démarquer de leurs illustres camarades de la scène d'Austin.
On ne saurait trop conseiller d'acquérir la dîte galette !

Frank

PS : les myspace des deux groupes dévoilent parfois des surprises et surtout des enregistrements parfois assez éloignés de ces deux EP notamment dans le cas de Followed By Static.

PS 2 : pour trouver les sites de ditribution : http://wayoutthererecords.blogspot.com/p/distribution.html

John Wesley Coleman III - Personality Pancake by Way Out There Records

Followed By Static - Cop Gloves by Way Out There Records