4 octobre 2016

James Leg - Blood On The Keys (2016)

Un an après l'enthousiasmant Below The Belt, James Leg remet le couvert avec ce Blood On The Keys le bien nommé tant il résume assez bien l'ardeur et la foi que met James Leg dans chacun de ses enregistrements.
Ce qu'il y a de bien avec James Leg c'est que les albums ont beau se suivre, se ressembler, jamais on ne note de temps faibles, de coups de moins bien. La formule à beau être désormais éculée, James Leg reste impérial. Et ce Blood On The Keys ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

Au programme on retrouve comme d'habitude des pistes punk blues rappelant ces années passées avec ses compères successifs au sein des Black Diamond Heavies, une bonne grosse dose de gospel sa marotte depuis qu'il oeuvre en solo, quelques reprises bien senties et histoire de montrer qu'il n'est pas un artiste comme les autres une ou deux surprises.
De ce point de vue le cahier des charges est parfaitement rempli. Mais trois choses surprennent à l'écoute de Blood On The Keys.
La première c'est cette capacité à entremêler les styles, à concilier au sein d'un même morceau ce qui faisait le sel des albums précédents. La deuxième c'est la place faîte à la guitare. Oui la guitare car James Leg offre une plus grande place sur ces enregistrements à l'apport de musiciens extérieurs qu'il n'en a proposé par le passé.
Enfin c'est le niveau général. Passez l'introductif "Human Lawn Dart" qui permet de se mettre dans l'ambiance, le niveau monte d'un cran et ne redescendra plus tout au long ds neuf titres restants. "Huggin The Line" et son mélange punk blues / choeurs gospel (oeuvre des Foxxxfire soit Kristen Kreft et Beth Harris, déjà à l'oeuvre sur Below The Belt) envoie le bonhomme loin, très loin de la concurrence. Puis déboule LA reprise, cette relecture du "Mighty Man" de Mungo Jerry, excellente comme à l'accoutumée et qui laisse toute sa place au jeu débridé à la guitare de Ruben Glaser.
S'ensuit l'impeccable "St Michel Shuffle", ballade à la James Leg serait-on tenté de dire, ponctué de quelques notes de piano et porté par des violons ! Étonnant autant que brillant. Puis en grand sentimental qu'il est, James Leg balance la délicate "I'll Take It". Ces deux derniers titres ayant permis de faire une pause bienvenue, James Leg remet l'ouvrage sur le métier avec "Aint You Hungry" et surtout "Dogjaw (Do Some Things You Say)"  en compagnie de l'inestimable Johnny Walker.
"Tao Te Leg" et une autre ballade bluesy plus loin, "Blood On The Keys", et voilà que déboule le dernier temps fort du disque, et dernier morceau tout court, une reprise déjantée - avec violons ! - du "Should've Been HomeWith You" de Blaze Foley.

On ne sait si James Leg parviendra à continuer à nous offrir des disques de qualité comme il le fait maintenant depuis neuf ans (on pourrait remonter aux Immortal Lee County Killers mais l'acte fondateur reste Every Dawn Time avec les Black Diamond Heavies). On craint même ce moment inéluctable que connaisse tous les artistes. Mais même si ce moment devait arriver, quand on regarde la discographie sans faille du bonhomme depuis ses débuts, on ne cessera jamais de l'admirer.

Frank

Tracklist : 
01. Human Lawn Dart
02. Hugging The Line
03. Mighty Man
04. St Michel Shuffle
05. I'll Take It
06. Ain't You Hungry
07. Dogjaw (Do Some Things You Say)
08. Tao Te Leg
09. Blood On The Keys
10. Should've Been Home With You

Audio et vidéo :




9 septembre 2015

James Leg - Below The Belt (2015)

On ira pas par quatre chemins, James Leg fait partie de ces artistes que l'on défendra aussi longtemps que l'on tiendra ce blog. C'est simple il pourrait se mettre à réciter le bottin accompagné de son seul Fender Rhodes que l'on trouverait surement moyen de crier au génie...
Il faut dire que le bonhomme à la voix rocailleuse, abimée par des années de consommation de whisky et de clopes, ne nous a jamais déçu, que ce soit au sein des Black Diamond Heavies ou en solo.
On avait donc peu de doutes sur la qualité de ce Below The Belt, successeur du très bon Solitary Pleasure dernier effort discographique du révérend s'il on excepte la collaboration avec les Left Lane Cruiser (Painkillers en 2012).
Avec Below The Belt on tient son album le plus varié à ce jour, sans que cela ne nuise à la cohérence d'ensemble, du moins pour les 3/4 du disque, nous y reviendrons.
Le son est juste ENORME, le travail de Jim Diamond étant comme à l'accoutumée remarquable. Un son plus ample qui doit aussi beaucoup aux musiciens qui l'accompagne : Andy Jody (son compagnon sur Solitary Pleasure) et Matt Ayers se partagent les fûts tandis que Paul Brumm tient la basse (la laissant à Jim Diamond sur "Can't Stop Thinking About It"). A cela s'ajoute comme sur Solitary Pleasure selon les pistes, guitare, trompette, trombone, violon... On est loin de la formule du duo qui a fait sa réputation.

Le début d'album permet tranquillement de se mettre dans l'ambiance, de retrouver cette voix si singulière et tout ce qui fait le sel des productions de James Leg, à commencer par son orgue : "Dirty South" reprise de Bob Reuter (1) photographe et musicien de St Louis et "Casa De Fuego" avec un vrai travail sur les choeurs, sont ainsi de parfaites mises en bouche.
Mais c'est avec "Up Above My Head" que l'album décolle vraiment. Reprise de l'immense (on pèse nos mots) Sister Rosetta Tharpe, ce titre capte la magie qui se dégage du garçon lors de ses prestations scéniques, capable de s'approprier n'importe quel titre. Les connaisseurs apprécieront.
"Drink It Away" poursuit dans une veine boogie de cabaret comme les a affectionné en son temps Jerry Lee Lewis avant la première pause de l'album avec la ballade "October 3rd". Ballade parfaitement maîtrisée, et dont il semble s'être fait une spécialité.
"Glass Jaw" permet à James Leg de renouer avec ses premières amours. Ce titre stoogien constitue la seule véritable déflagration sonore de l'album avec la reprise du "Can't Stop Thinking About It" des Dirtbombs (issu de Horndog Fest).
Curieusement c'est le moment choisi par James Leg pour envoyer une reprise du "A Forest" de Cure ! Attention il s'agit d'une très bonne reprise, c'est juste que le titre sonne quelque peu déplacé sur cet album varié certes mais qui tournait quand même autour de thématiques très ciblées.
On en dira pas autant de "Disappearing" et ses claviers à la Robert Miles qui a sonné à nos oreilles comme le seul titre dispensable de Below The Belt. Heureusement James Leg nous sert en guise de dessert "What More", tout en retenue, empreint d'une réelle mélancolie, la preuve que James Leg n'a pas fini de nous surprendre.

Au final, ce Below The Belt est une franche réussite et ne rend son auteur que plus indispensable à nos yeux (et à nos oreilles).

Frank

(1) un titre déjà repris par Mark Porchop en duo avec Johnny Walker (https://www.youtube.com/watch?v=iKcM2zHg__g)

Tracklisting :
01. Dirty South
02. Casa De Fuego
03. Up Above My Head
04. Drink It Away
05. October 3rd
06. Glass Jaw
07. Can't Stop Thinking About It
08. A Forest
09. Disappearing
10. What More

Audio et vidéo :



15 juillet 2012

Left Lane Cruiser & James Leg - Painkillers (2012)


Par le passé, les amateurs de rock'n roll et de punk-blues s'évertuaient vainement à compter - sur les doigts d'une seule main – le nombre de super-groupes ayant accouché d'une œuvre valable. Painkillers leur donne une magnifique occasion de démontrer le fonctionnement de leurs phalanges, quitte à utiliser celles du doigt coincé entre un majeur dénonciateur et un annulaire faiblard (à l'encontre des amateurs de easy listening par exemple).

Un « vrai » super-groupe donc ? Jugeons sur pièce : James Leg, chanteur-pianiste-organiste des Black Diamond Heavies et champion d'un certaine vision du rock'n roll basée sur le tryptique boissons / religion / déception amoureuse, et le duo guitare-batterie énergique formé par le Left Lane Cruiser en porteur de l'étendard punk-blues. Loin d'être seuls, ils reçoivent un coup de pouce de la part de Jim Diamond (bassiste des Dirtbombs, manager de Ghetto Recorders, proucteur et ingénieur studio) de Harmonica Shah (harmoniciste noir de 66 ans basé à Detroit, dont le grand-père - Sam Dawson - fut enregistré par Alan Lomax). Si on ne compte pas comme un pied, ça fait 5 musiciens, comme les 5 doigts ramassés dans une pogne bien serrée prenant la direction du visage de l'auditeur.

Dans leur bonté, ils préviennent sur leur pochette de l'arrivée imminente du KO technique. Les effets seraient d'autant plus graves qu'on profiterait de l'absorption des 8 pistes pour y joindre un verre de whisky. Bien qu'un médecin honnête vous déconseillerait l'écoute de Painkillers, Rawpowermag' vous y encourage... d'autant plus que ce disque est rempli de très bonnes reprises !

Dès « Sad Days Lonely Nights », du bluesman David « Junior » Kimbrough, on comprend que le groupe assurera une reprise fidèle des titres suivants : la mélodie répétitive est ici amenée par la guitare (avec l'emploi d'un bottleneck) et l'orgue avec un tempo considérablement plus énervé. J. Leg assure le chant tandis que Fredrick "Joe" Evans IV (Left Lane Cruiser) hurle à l'arrière-plan. Quelques courts solos pleins de saturation viennent parachever le tout, parions que cette reprise sera probablement dévastatrice en live.

Tandis que « She's Gone » de Hound Dog Taylor fait la part belle à Harmonica Shah, la présence de James Leg sur « Come to Poppa » (Bob Seger) au clavier et au chant montre clairement que ce titre aurait pu figurer sur un album précédent des Black Diamond Heavies (malgré l'emploi d'une wah-wah avec la guitare en 2nde partie).

La cover de « Red Rooster » de William James « Willie » Dixon est peut-être l'exemple parfait du titre « passeur », permettant à un auditeur débutant de découvrir le charme du blues à travers une version énergique : une guitare saturée pour une rythmique accélérée, une voix puissante et un harmonica brillant à travers le maelström sonore (en remplacement de la 2nde guitare sur le morceau originale). Bref, comme le rappelle le titre : les VU-mètre devaient être dans le rouge, et c'est tant mieux !

Reconnu depuis longtemps comme un dynamiteur de codes, notamment pour ses accords joués de façon « déconstruite », Jimi Hendrix fait aussi partie des artistes choisis par notre super-group. Malheureusement, avec « If 6 was 9 », l'exercice n'apporte pas grand chose mis à part une version plus courte avec un chant beaucoup plus guttural et une rythmique plus imposante (quitte à supprimer la partie de jam rempli de reverb de la version originale).

Histoire de rattraper le « raté » précédent (toute proportion gardée), la reprise de John Lee Hooker est un vrai tube ! « Shake it » sonne comme une seconde accélération : le boogie un peu syncopé de la guitare donne immédiatement une furieuse envie de remuer le postérieur. Harmonica Shah y est impressionnant : overblow, tremolo...

« Ramblin' on my mind » de Robert Johnson est radicalement remanié : le style dépouillé d'une association guitare accoustique / voix est délaissé au profit d'une orchestration basse / guitare / piano / batterie donnant à l'ensemble une énergie plus rock'n roll. Sans que le résultat soit mauvais (J. Leg est particulièrement à l'aise au piano), on préférera la version du bluesman mort à 27 ans, plus empreinte d'une certaine sensibilité.

Ne reculant devant rien, nos cinq maîtres de la pharmacopée blues vont jusqu'à chercher l'essence de « Chevrolet » et le groove inimitable de Taj Mahal. Oubliez l'enrobage d'une rythmique légère et la voix sèche de Taj Mahal, la présente version est nettement plus heavy mais se laisse facilement digérer. Les palais les plus raffinés se seront probablement épris d'une sensation de déjà-vu : « Chevrolet » rappelle furieusement « Can I Do it for You » de Memphis Minnie et Kansas Joe Mac Coy. Bien avant la norme ISO 14001, le blues était donc déjà l'objet de recyclage, diantre...


« When The Levee Breaks » de Led Zeppelin sonne l'arrivée de la fin de l'album : le tempo ralentit considérablement , les notes à la guitare et à l'harmonica s'étirent... Sans être fan des conducteurs de dirigeables plombés, il faut que reconnaître que le son de la version antérieure est meilleure pour sa gestion des effets (écho, stéréo) et son solo vers 2''40. Les chagrins rétorqueront qu'à l'époque les bandes ont été sciemment ralenties, rendant ce titre difficilement jouable en live. Encore une fois, rendons ses lauriers à César : nous devons cette chanson au duo Minnie – Mc Coy ! Encore eux !? Ça sent le complot ici...

La ballade des Rolling Stones, « Sway », n'est pas le feu d'artifice final attendu et termine petitement cet album. Sans vouloir être désobligeant, ses premières mesures évoqueraient presque une reprise (forcément horrible) de « Knockin' on Heaven's Door » par les Guns'n Roses. Heureusement, la suite démontrera la nullité de cette prime peur viscérale : voir un groupe apprécié se vautrer en fin d'album laisse toujours un goût amer.

Après un check-up complet et un bilan sanguin, le diagnostic est le suivant : si votre amour porté au rock'n roll et/ou au punk-blues est sincère et pur, alors vous classerez cet album de reprises parmi les 10 meilleures productions de 2012 et vous découvrirez ou retournerez à vos disques de R. Johnson, Jr. Kimbrough ou W. Dixon pour comparer les versions. Dans le cas contraire, vous connaissez le sort réservé aux phalanges mal soignées lorsque celles-ci rencontrent un coupe-cigares... Et une visite chez votre médecin traitant vous sera plus profitable qu'un retour sur Rawpowermag' !

John the revelator

Tracklisting :
« Sad Days Lonely Nights » (Jr. Kimbrough)
« She’s Gone » (Hound Dog Taylor)
« Come to Poppa » (Bob Seger {W. Mitchel/E. Randle})
« Red Rooster » (Willie Dixon)
« If 6 Was 9 » (Jimi Hendrix)
« Shake It » (John Lee Hooker)
« Ramblin’ On My Mind » (Robert Johnson)
« Chevrolet » (Taj Mahal {E. Young/L. Young})
« When The Levee Breaks » (Led Zepplin {M. Minnie & J. Mc Coy})
« Sway » (The Rolling Stones {Jagger/Richards/Taylor})

Extraits :
« She’s Gone » (reprise de Hound Dog Taylor)


« Ramblin’ On My Mind » (reprise de Robert Johnson)


Vidéos :

« Ramblin' on my mind » (Robert Johnson)


« Chevrolet » (Taj Mahal)


« Can I Do It For You ? » (Memphis Minnie & Joe Mc Coy)


« When The Levee Breaks » (Led Zeppelin)

4 mai 2011

Reverend James Leg - Solitary Pleasure (2011)

Après un passage remarqué dernièrement à la Miroiterie, c'est peu dire que l'on était curieux d'entendre la nouvelle livraison du Reverend James Leg alias John Wesley Myers des Black Diamond Heavies.
Toujours sous la formule du duo et avec la même formule gagnante (orgue/batterie) si ce n'est qu' Andrew Jody succède à Van Campbell derrière les fûts.
On avait eu l'occasion d'évoquer le jeu plus sec, plus brut d'Andrew Jody, l'impression est ici confirmée : les pistes proposées sont encore plus roots qu'à l'accoutumée, si encore cela à un sens quand on parle des disques du Reverend James Leg ou des Black Diamond Heavies...
Toutefois  les compositions de James Leg ne se résume pas qu'à des éructations punk blues.
Ainsi, si "Have To Get It On" et "Do How You Wanna" enrichi de la guitare d'un certain Dillon Watson d'entrée de jeu remplissent cette office, "Nobody's Fault", ballade de cabaret tranche singulièrement par son ton relativement apaisé même si la voix de James Leg apparaît encore plus déglingué qu'à l'accoutumée, tandis que "No License (Song For The Caged Bird)" enrichi de cuivres lorgnent quelque peu sur le jazz de la Nouvelle Orléans. "Georgia" conclue de fort belle manière cette face A, en offrant une nouvelle ballade détonante, splendide et réussie.
La Face B repart sur des bases élevées avec une reprise magistrale du "Fire And Brimstone" de l'immense Link Wray. Celles et ceux qui suivent les Black Diamond Heavies savent que James Leg (ou John Myers) est passé maître dans l'art de la reprise1, celle-ci ne fait pas exception à la règle.
"Whatever It Takes" splendidement orchestré, réhaussé comme "No License (Song For The Caged Bird)" de cuivres, est une nouvelle ballade touchante (notons que sur ces deux pistes les fûts sont tenus par un certain Tyler Coppage et qu'une ligne de basse fait son apparition sur ce "Whatever It Takes"). Le lent "Drowning In Fire", appuyé de choeurs féminins, lorgne vers le gospel et est assez proche des pistes les plus calme d'A Touch Of Someone Else's Class le deuxième album en date des Black Diamond Heavies.
L'approprié "Drinking Too Much" quand on pense au timbre de voix éraillé du Reverend James Leg (reprise d'un groupe australien en activité, Kill Devil Hills dont on ne savait rien) et l'enjoué "No Time To Quarry" confirme un James Leg, plus posé, loin des déflagrations habituelles, plus porté qu'à l'accoutumée sur des sonorités gospel. Même si le changement surprend, la réussite est une nouvelle fois au rendez vous et confirme une nouvelle fois qu'avec un Dan Auerbach, John Myers incarne une certaine idée du rock and roll : libre, sauvage et profondément joussif.
Pour notre plus grand plaisir.

Frank

1 les Black Diamond Heavies nous ayant déjà gratifié de versions de "It's A Long Way To The Top" d'AC/DC, "Ain't Talkin' Bout' Love" de Van Halen ou l'extraordinaire medley "Search And Destroy/Jumpin' Jack Flash" (Stooges/Rolling Stones).

Tracklisting :
1. Have To Get It On
2. Do You Wanna
3. Nobody's Fault
4. No License (Song For The Caged Bird)
5. Georgia
6. Whatever It Takes
7. Fire And Brimstone
8. Drowning In Fire
9. Drinking Too Much
10. No Time To Tarry

Quelques vidéos :


14 avril 2011

Reverend James Leg / Chicken Diamond / Sheriff Perkins (La Miroiterie - 13/04/11)

C'est dans le plus vieux squat de paris que rendez-vous était pris pour assister au grand retour dans nos contrées du Reverend James Leg aka John Myers, chanteur organiste des Black Diamond Heavies. Un Reverend James Leg décidément dans tous les bons coups après ses participations aux disques de Cut In The Hill Gang et des Left Lane Cruiser (en attendant une participation à celui à venir des Buffalo Killers d'après une info glanée par nos potes de Planetgong!).
Un lieu haut en couleur donc pour une affiche alléchante concoctée par l'ami Ratel.
Au programme Sheriff Perkins, Chicken Diamond et donc Reverend James Leg.

Bon pour être franc on a rien vu du concert de Sheriff Perkins pour cause de pinte à 2.50... oui c'est vil mais bon... la soif quoi...
Néanmoins mes acolytes du soir confirmeront, le Sheriff Perkins a fait une très bonne prestation, solide avec semble-t-il une surprenante reprise de Prince pour conclure !
Pour se faire pardonner on ira dégotter son LP sorti chez CloseUp Records...
(http://www.sheriffperkins.com/)
Quelques bières plus tard c'est au tour de Chicken Diamond de faire monter la température de quelques degrés. Malgré les limites imposées par l'exercice (c'est un one-man band), le gaillard a époustouflé l'assistance par son punk blues incendiaire.
A noter que Chicken Diamond a sorti un nouvel album (autoproduit) Naked Preach, fortement recommandable et que l'on chroniquera bientôt.
(http://www.myspace.com/chickendiamond)
Si le show de Chicken Diamond était incendiaire, celui du Reverend James Leg fût incandescent. La température est montée en flèche dès les premières notes de clavier... Dans une formule identique aux Black Diamond Heavies (clavier/batterie), Reverend James Leg accompagné d'Andrew Jody a proposé un show éblouissant : blues, garage, early rock and roll, gospel, tout passe à la moulinette James Leg pour offrir à l'auditeur transi sa dose de R&R pur jus.
Le duo apparaît plus roots que celui formé avec au sein des Black Diamond Heavies et surtout plus brutal (notamment le batteur !).
Les pistes de Solitary Pleasure, album que le Reverend James Leg est venu défendre (et dont on reparle également bientôt), passent haut la main l'épreuve du live.
On aura le droit à de nombreux rappels "One More, One More" s'époumonne un public conquis auquel le duo répondra à chaque fois jusqu'à ce medley d'anthologie "Jumpin' Jack Flash/Search & Destroy" qui a laissé votre serviteur exsangue mais heureux.
Une leçon de rock and roll a été donnée hier soir.

Frank

25 décembre 2009

Black Diamond Heavies - Alive As Fuck (2009)

Pour celles et ceux qui ont un jour assistés à un concert des Black Diamond Heavies, la sortie d'un album live du duo constitue en soi un petit évènement. Car au delà de deux albums de punk blues parfaits (Every Dawn Time et A Touch Of Someone Else's Class), c'est bien en concert que se déguste le mieux le rock and roll puissant des Black Diamond Heavies. Voir Van Campbell derrière ses fûts assoir les morceaux d'une frappe chirurgicale pendant que John Wesley Myers agite sa crinière en martyrisant ses claviers tout en éructant de sa voix éraillée, constituent des moments magiques, des instants inoubliables pour l'amateur de rock. Vous l'aurez compris le groupe nous a traumatisé.
Alors c'est sur quand le père noël, en l'occurence Alive Records, sort un album live de nos gaillards du Kentucky, on s'empresse d'acheter la dîte galette. Disponible dans un premier temps en 33T (splendide vinyle bleu), ce Alive As Fuck enregistré à Covington dans l'appart' de Johnny Walker (Soledad Brothers / Cut In The Hill Gang), vaut le détour.
Pourtant à la première écoute on a été un peu déçu, le disque ne retranscrivant que moyennement la folie de leurs concerts. Mais en y réfléchissant bien, est-ce tout simplement possible ? Comment un album enregistré en public saurait retranscrire l'intensité d'un concert de rock ?Une fois cet état de fait admis, il ne reste qu'à déguster les pépites que le groupe nous livrent dans des versions brut(e)s de décoffrage.
C'est l'occasion d'entendre un titre de leurs débuts ("Hambone") ainsi qu'une sélection des deux albums. Le groupe offre ainsi à leurs fans des versions dantesques de "Might Be Right", "Take A Ride", "White Bitch" ou "Leave It In The Road".
Pour autant 9 titres c'est bien trop court surtout que l'album se termine par le calme "Fever In My Blood" qui bien qu'excellent ne remplace pas un "It's A Long Way To The Top" d'AC/DC ou un "Ain't Talkin' About Love" de Van Halen que le groupe avait pour habitude de reprendre à leur sauce lors de leurs passages en France. De même comment ne pas regretter l'absence de "Nutbush City Limit" ou de "Everythang Is Everything" ?

Au final on se retrouve avec un excellent disque mais un peu bancal comme s'il manquait un disque, un double album eut été bien plus judicieux pour rendre compte de la valeur du groupe, sans doute un des meilleurs de cette décennie.

Frank





On les a loupé à Mantes La Jolie récemment mais on a trouvé ça sur le net c'est noël !




20 janvier 2009

Black Diamond Heavies - Every Damn Time (2007) & A Touch Of Someone Else's Class (2008)

En ce moment on se fait une cure Alive Records, après les Buffalo Killers let me introduce you The Black Diamond Heavies !
Venus de Nashville les Black Diamond Heavies sont un groupe assez singulier. Duo composé John Wesley Myers et Van Campbell le groupe se démarque par le choix d'une formule batterie/orgue, ce qui surprendra donc l'auditeur habitué aux riffs de guitares...
Autre point : la voix du chanteur... Plutôt que de mettre des stickers "le tabac tue" sur les paquets de cigarettes, une écoute d'un morceau du groupe vaut toute les campagnes anti-tabacs ! On a rarement entendu une voix aussi abîmée même chez Tom Waits.
Musicalement, les américains parlent de punk blues pour qualifier le style proposer là : du blues rock sale et joué avec le refus de toutes concessions.
Leur premier album sort en 2007 et s'intitule Every Damn Time.
D'entrée de jeu, le groupe met la barre très haute avec un "Fever In My Blood" endiablé où Vic Campbell en fait des tonnes à la batterie, le morceau met d'entrée à genoux, rappelant le côté vaudou que l'on peut retrouver sur certains titres cintrés de Screamin' Jay Hawkins. Dès la deuxième piste le groupe prend le contre-pied de l'auditeur avec un blues/gospel magique "All To Hell" réhaussé de trompettes discrètes. "Leave It In The Road" trace le sillon blues avant le brutal "Poor Brown Sugar" introduit par l'intermède "Let Me Coco" (sur lequel une basse fait son apparition). "Switched In Sin" interprété par n'importe quel groupe serait une ballade quelconque ; porté par la voix appuyé de Myers il démontre tout le talent du groupe notamment lorsque l'orgue se met à s'emballer.
Certains morceaux sont plus conventionnels mais les Black Diamond Heavies par leur formule arrive à tirer le meilleur de styles mille fois usités comme sur "White Bitch" boogie rock au phrasé répétitif, le blues-rock de "Signs" ou le jazzy "Might Be Right".
Traduisant l'esprit qui a guidé cet album, "Guess You Gone And Fucked It All Up" conclute cet album excellent par un titre presque incantatoire, le batteur déployant toute sa dextérité tout au long du morceau. Cet album enregistré en deux sessions, montre un groupe techniquement très bon, jouant live et c'est sans doute ce qui explique la qualité de ce disque où est capté l'essence même du groupe.
A peine un an après ce premier opus, les Black Diamond Heavies remettent le couvert avec A Touch Of Someone Else's Class. Cette fois ils sont produits par Dan Auerbach des Black Keys. La collaboration paraît évidente tant le groupe présente des similitudes avec le groupe d'Akron (Ohio).
De cette collaboration sort un album avec un son digne du groupe, avec plus d'ampleur. La formule est identique au premier album avec plus de diversités dans les sonorités. Ainsi après un "Nutbush City Limit" explosif (reprise de Tina Turner), le groupe se lance dans un groove infernal avec le quasi funky "Everythang Is Everything".
Des reprises le groupe en propose deux autres : "Oh Sinnerman" de Nina Simone finalement assez proche de l'original et "Take A Ride" de James T Model Ford (bluesman noir déjà cité comme une référence par Dan Auerbach).
Le groupe n'en oublie pas le boogie rock énervé comme sur "Numbers 22" ou "Make Some Time" mais alterne encore plus que sur Every Damn Time avec des morceaux plus calmes. Le groupe arrive même à en être délicat notamment sur le magnifique "Bidin' My Time"... Le groupe surprend par tant de délicatesse sans doute pour affirmer le contraste avec le blues rock tout en saturation de "Take A Ride" et "Solid Gold"!
"Smooth It Out" fleurant bon le garage sixties montre un groupe complètement décomplexé, ce que dénote aussi la montée progressive de l'intensité sur un "Loose Yourself". "Happy Hour" conclut l'album sur un boogie à l'ancienne, Dan Auerbach y tenant la guitare. Jouissif.
Avec ce deuxième album en deux ans, les Black Diamond Heavies s'impose comme LA référence en matière de blues-rock et ce d'autant que les Black Keys ont opté pour une voie plus lo-fi.
Contrairement à ce que l'on aurait pu craindre, la formule batterie/orgue minimaliste n'empêche pas le groupe de surprendre et d'élargir son spectre musical et ce pour notre plus grand plaisir !

Mr.Rock

(http://www.myspace.com/blackdiamondheavies)

Tracklisting :

Every Dawn Time :
1. Fever In My Blood
2. All to Hell
3. Leave It In the Road
4. Let Me Coco
5. Poor Brown Sugar
6. Stitched In Sin
7. White Bitch
8. Signs
9. Might Be Right
10. Guess You Gone and Fucked It All Up

A Touch Of Someone's Else Class :
1.Nutbush City Limit
2.Everythang Is Everythang
3.Numbers 22 (Balaam's Wild Ass
4.Bidin' My Time
5.Take A Ride
6.Solid Gold
7.Smoothe It Out
8.Make Some Time
9.Oh, Sinnerman
10.Loose Yourself
11.Happy Hour

Quelques vidéos :




Un petit bonus :