11 septembre 2009

The Black Crowes - Before The Frost ... Until The Freeze (2009)

On a déjà tout dit des Black Crowes : piochant aux racines du blues, mariant ces influences à un rock pêchu qui doit beaucoup aux disques sortis à la charnière des sixties et des seventies, Led Zeppelin et Rolling Stones (période Mick Taylor) en tête sans oublier bien entendu les deux tenants de ce que l'on a appelé le rock sudiste à savoir les Allman Brothers Band et Lynyrd Skynyrd. D'où parfois le procès de dénaturer le blues dont il s'inspire. Le débat n'est pas neuf mais explique pour partie que le groupe ne jouisse pas de la même côte auprès des puristes que les Black Keys par exemple.
Pourtant cela serait oublier que le groupe a un don pour les mélodies fiselées et les riffs tranchants comme en attestent Shake Your Money Maker (1991), The Southern Harmony And Musical Companion (1992) et plus récemment le très bon Warpaint (2008).
Désireux de récompenser leurs fans qui les soutiennent depuis maintenant plus de vingt ans, le groupe sort un nouvel album intitulé Before The Frost... accompagné d'un code afin de télécharger sa seconde partie ... Until The Freeze.
Ces deux enregistrements sont le fruit de cinq séances, enregistrées devant quelques fans.
Pour les mordus du vinyle que nous sommes, les deux albums sont regroupés en un seul avec un tracklisting identique mais dans un ordre différent : les titres des deux albums sont mélangés et suivent un ordre différent. Pour autant cette version vinyle apparaît plus cohérente même si le risque d'overdose est toujours présent quand on se lance dans un double album...

La face 1 comprend 4 morceaux dont 3 sont d'une longueur comprise entre 6'40 et 7'47...
Introduit par l'hypnotique et quasi incantatoire "Aimless Peacock" le groupe propose une facette plus folk et surtout plus psychédélique qu'à l'accoutumée, enchaînant presque naturellement avec un "Good Morning Captain" où l'on retrouve après une intro façon cabaret le groupe que l'on connaît, plus sudiste que jamais. Malheureusement celui-ci se fourvoie quelque peu avec un "Been A Long Time (Waiting For Love)" assez convenu même s'il finit par emporter l'adhésion, à l'énergie, sur la deuxième partie du morceau quand il se décide à lâcher la bride. On ne peut pas en dire autant de "Greenhorn" sur lequel les Black Crowes s'embourbent littéralement dans une ballade larmoyante, avec force tremolos dans la voix arrivant même à faire pleurer leurs guitares, et l'auditeur par la même occasion, frustré après les trois premiers titres.
La face 2 s'ouvre sur le très bon "Appaloosa" dans une veine très Byrds. L'influence des Byrds est très palpable sur cette face que ce soit dans son volet pop-folk ("The Shady Grove") ou country ("Shine Along"; "Garden Gate" ; "Roll Old Jeremiah"). On prend beaucoup de plaisir à l'écoute de ces titres qui tranchent singulièrement avec l'habituelle production des frères Robinson. Seul regret "Houston Don't Dream About Me" qui ne retient guère l'attention.
La face 3 voit le groupe avec "I Ain't Hiding" s'orienter dans une veine presque dance-floor avec des claviers qu'on ne connaissait que chez The Killers ou the Bravery! Ce titre est vite insupportable avec ses sonorités eighties, sa ligne de basse convenue et ses ouhouhouh de rigueur. Entre morceaux lourdeaux ("Kept My Soul" ; "Make Glad") et ballades pleurnichardes ("Lady Of Avenue A"), l'écoute de cette face s'apparente à un chemin de croix et ce jusqu'à ce "And The Band Played On" qui évoque The Band en nettement moins bon...
La face 4 comparativement s'écoute sans déplaisir même si l'ambiance générale comme finalement énormément de morceaux de l'album est plutôt apaisée. "What Is Home ?" et ses belles parties de banjo, le folk de "So Many Times" (très bonne reprise des Byrds) ou de "The Last Place That Loves Lives", les morceaux s'égrènent sans que l'on s'ennuie mais sans réellement nous enthousiasmer non plus.

Que retenir donc de cet album fleuve ? Car à l'écoute de la version vinyle on se rend bien compte que l'agencement des morceaux est tout sauf anodin, ce qui rend encore plus surprenant le tracklisting de la version cd.
En premier lieu on retiendra qu'il est toujours difficile de livrer un double album qui plus est en l'enregistrant en quelques séances et en live!
Pour autant certaines pistes sont très bonnes comme l'essentiel de la face 1, toute la face 2 et une partie de la quatrième... ce qui nous fait dire que les Black Crowes avait du matériel pour ne sortir qu'un seul album qui n'est malheureusement pas celui proposé. Et c'est bien dommage car en changeant quelque peu d'orientations musicales, le groupe était parvenu à nous surprendre notamment quand il joue dans la veine des Byrds.

On ne conseillera donc l'acquisition de ce disque qu'aux fans ce qui était finalement le but recherché par les frères Robinson.

Mr Rock

(http://www.myspace.com/theblackcrowes)


6 juillet 2008

Black Crowes - Warpaint (2008)

Sept ans que l'on attendait le successeur de « Lions », sept ans que les frères Robinson ne donnaient de leurs nouvelles qu'à travers lives, divers collaborations avec d'autres artistes ou albums solos. Sept ans, une éternité dans le monde du rock. C'est donc avec une impatience non feinte que l'on insère cette nouvelle galette dans le lecteur.
Et dès ce « Goodbye daughters of the revolution », on sent que les gaillards sont en forme balançant un rock sudiste incandescent que n'aurait pas renié un Duane Allman. Car sur cet album, les Black Crowes réussissent le tour de force d'égaler voire de surpasser leur maîtres, que ce soit Lynyrd Skynyrd (« Walk Believer Walk » ; « Movin on down the line ») ou Led Zeppelin (« Evergreen » ; « We who see the deep »). Mais cet album sait aussi ménager son petit effet sur des ballades bluesy qui renvoient au meilleur du « Layla & Other Assorted Love Songs » des Derek and The Dominos, pseudonyme sous lequel se cachaient Eric Clapton et Duane Allman (« Oh Josephine » ; « Locust Street »). Alors que ses prédecesseurs avaient tendance à baisser de rythme, ce « Warpaint » tient la route de bout en bout comme en atteste le blues texan « Gods got it » ou le country « There's gold in them hills » avant de s'achever par un « Whoa Mule » réhaussé d'harmonica.
Une réussite, un classique instantané.
(Mr Rock)

http://www.myspace.com/theblackcrowes