30 septembre 2012

INTRODUCTION : CALIFORNIA MY LOVE

Mon intention profonde avec "Waiting for the Sun", c’est une étude de l’interaction typiquement californienne entre la lumière et l’obscurité, ou entre le bien et le mal.” Ainsi s'exprime Barney Hoskyns au sujet de son formidable ouvrage Waiting For The Sun. Sa démarche ? Évoquer non un groupe ou un style mais embrasser l'histoire musicale de Los Angeles tout en mettant en valeur ses paradoxes que l'on étendra volontiers à l'ensemble de la Californie.
La Californie, terre de contrastes où se télescopent Sea Sex & Fun et Zodiac, Flower Power et Hardcore, Russ Meyer et James Ellroy, hymnes pop et paranoïa. Ce que le même Hoskyns, pas avare de bons mots, appelle le "paradis perturbé". Le sous-titre de son ouvrage résume cet état de fait : Stange Days, weird scenes and The sound of Los Angeles.

Il faut bien dire qu'avec Brian Wilson, Roky Erickson, Phil Spector ou Arthur Lee, la Californie ne manque pas (et ne manquera jamais) de génies perturbés. Enfants de cette ambivalence, dans une contrée qui semble avoir développé un goût profond pour le clair/obscur (les amateurs de Tim Cohen ne me contrediront pas) et rassemblé en un seul lieu l'ensemble des facettes de l'âme humaine, les artistes californiens détonnent dans le paysage musical.

Nul par ailleurs on aura eu une telle continuité dans le temps, un tel foisonnement permanent qui se traduit encore aujourd'hui avec l'émergence d'artistes comme les Oh Sees, Ty Segall ou les Fresh & Onlys.

New York, Detroit, Texas, Londres, Australie, beaucoup de villes ou régions ont pu concurrencer et même surpasser à une époque Los Angeles et San Francisco. Aucunes d'entres elle ne les égalent sur la durée. Point de vue subjectif ? Oui, en partie.

Je ne saurais faire abstraction de l'attrait qu'exerce sur moi la musique californienne. J'ai beau de temps à autre m'écarter d'elle, il ne se passe pas une semaine sans qu'un disque californien trouve sa place sur la platine. Et pourtant, il m'a fallu de nombreuses années pour me rendre compte de son importance. Longtemps, j'ai adulé des artistes, des courants même, sans forcément faire le lien, la connexion.
Le choc fut la résultante de deux événements : la découverte du Paisley Underground et ces deux formidables compilations Rhino que sont Where The Action Is - Los Angeles Nuggets (1965-1968) et Love Is The Song We Sing - San Francisco Nuggets (1965-70). A partir de là j'ai commencé à mesurer la place des groupes californiens dans ma discothèque, décuplant mon intérêt pour les groupes West Coast, intérêt qui trouve une forme d'aboutissement aujourd'hui avec le renouveau actuel.

Non, la Californie n'a pas fini de me subjuguer.

Conçu au départ comme un projet minimaliste (le Paisley Underground), l'idée d'un dossier global consacré à la Californie s'est peu à peu insinué dans mon esprit. J'ignore si j'aurais le temps et l'énergie de le mener à bien mais je ferais en sorte de partager avec vous un peu de mon amour pour la musique californienne.

4 commentaires:

  1. EPIQUE!

    John the Revelator

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  2. Hourra, et courage. On en bave partout d'avance.

    Béro

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  3. Wouaïs, ça c't'un sacré beau papier!

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  4. Ouhla ! Ca me rappelle de vieilles discussions..!
    Si RPM rappelle ses réservistes, je vais devoir reprendre la plume ! :)

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