3 mars 2010

Bill Callahan - Le Grand Mix (Tourcoing) 10/02/2010

Bill Callahan en concert au Grand Mix de Tourcoing, c'est le gage d'une soirée placée sous le signe de la découverte. Découverte du Grand Mix réputé pour sa programmation pointue et éclectique, découverte aussi d'un Bill Callahan dont on a entendu le plus grand bien lors de son passage remarqué à la Route du Rock l'année dernière.
Première surprise, la salle, de bonne taille, est presque comble, signe que le Grand Mix dispose d'une belle clientèle d'habitués.
A notre arrivée, nous sommes accueillis par des ululements suraigus. Il nous faudra quelques secondes pour saisir que ces glapissements proviennent de la scène où se produit l'une des deux premières parties de la soirée : un batteur-chanteur, bien seul, dont la prestation eu au moins le mérite de nous faire se rapatrier vers le bar où un grand choix de boissons nous attendent, l'occasion de patientier en attendant la suite en se remémorant nos concerts passés.
Sur scène notre Farinelli des temps modernes laisse sa place à un autre one-man band, américain, qui muni de sa seule guitare fournira une prestation mitigée, entre hommage à Ennio Morricone et ballades larmoyantes. Plaisant à défaut d'être totalement convaincant.
Une demi-heure plus tard c'est donc au tour de Bill Callahan venu donc présenter les morceaux de son nouvel album, Sometimes I Wish I Was An Eagle. Dès les premiers accords et surtout dès que Bill Callahan se met à chanter de sa voix de baryton on mesure le fossé qui sépare un artiste comme Callahan des deux premières parties sus-citées. Sur une formule ultra-minimaliste (Bill à la guitare accompagné d'un batteur), il proposera des versions très épurées de ses compositions.
Malgré le talent (considérable) du bonhomme, on a eu du mal à s'enthousiasmer pour ce concert. Le style très lo-fi peine à convaincre, surtout quand sur disque les morceaux bénéficiaient d'une orchestration extremement riche (piano, violons...). Le jeu monolithique du batteur évoquant une boîte à rythme n'arrangeant en rien la situation.
Heureusement, le timbre de voix si particulier de Bill Callahan (à mi chemin entre Nick Cave et le Iggy Pop d'Avenue B) ainsi que la grande qualité des compositions font que l'ensemble n'est jamais réellement déplaisant et font, du coup, regretter ce parti pris minimaliste, ce style si épuré.
On ressort donc de ce concert avec l'impression d'avoir passer un moment agréable, sans avoir ressenti les vibrations qu'ait supposé apporter un concert. A tout dire le moment eut été aussi agréable, chez soi en écoutant le disque, avec des amis, un verre de single malt à la main.
On était loin du concert-évènement annoncé par la presse.

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