30 octobre 2009

The Richmond Sluts (2001)

Avant la fin de cette décennie on va tenter de vous livrer les chroniques des disques à retenir de ces dix dernières années. On ne vise pas à l'exhaustivité bien sur, juste à vous présenter nos coups de coeur.
Composé de Chris Beltran (basse), Brad Artley (batterie), Justin Lynn (piano et orgue) et Shea Robert (chant et guitare), nos salopes de Richmond nous viennent de San Francisco. Venaient devrions nous dire vue que le groupe a tout simplement splitté juste après la sortie de ce véritable brûlot. Un one shot donc, qui dans un monde idéal devrait être cité dans toutes les anthologies rock qui se respectent.

Car les Richmond Sluts incarnent à merveille le rock'n roll. Musicalement bien entendu où le groupe apparaît comme le chaînon manquant entre les Stooges de Rawpower et les New York Dolls mais aussi dans toute sa dramaturgie : attitude provocatrice (voir la pochette), ton décadent et compositions qui n'ont rien à envier au meilleur d'Iggy Pop ou de Lou Reed.
En effet, les Richmond Sluts ont réussi à capter l'essence de leur quotidien et à en offrir une vision saisissante comme en témoigne les thèmes abordés par le groupe : sexe, drogues, mort...
Avec une énergie sans faille, le groupe enfile les perles. "Take You Home" qui ouvre l'album est le genre de morceau que bon nombre de groupes désespèrent d'écrire un jour : tout y est, la puissance de la section rythmique, une ligne de basse renversante à mi-morceau, des guitares rageuses. Shea Roberts couche son timbre de voix si particulier, chantant comme si sa vie en dépendait renforçant l'urgence qui se dégage de chacun des titres. On a l'impression qu'il est au bord de la rupture sur chacune des pistes.
Le plus surprenant, c'est que le groupe ne se contente pas d'écrire un ou deux morceaux et d'ensuite faire du remplissage. Bien au contraire, chaque titre révèle un haut niveau d'exigence et même d'excellence. Les claviers (orgue et piano) omniprésents font souffler un vent de fraîcheur bienvenu ("Drive Me Wild"). Sur chaque piste les Richmond Sluts font étalage de leur talent notamment en trouvant le gimmick ou l'idée qui transforme un bon morceau en pépite : la basse de "Take You Home" ou de "Sad City", les nappes d'orgue sur "Service For The Sick", l'attaque de guitare de "Junky Queen", les doublements de voix sur "Contagious", ou la présence (sic) féminine sur "Bittersweet Kiss". On pourrait décliner le principe sur chacun des morceaux...

La pression ne retombe jamais et l'écoute de cet album laisse tout à la fois exsangue et heureux. Surtout que l'album se conclut sur ce "Yeah Alright", très sixties, qui démontre à qui veut bien l'entendre que les Richmond Sluts avait tout pour devenir LE groupe des années 2000. Le destin en a malheureusement décidé autrement.

Ce disque constitue un achat indispensable. Vous venez de perdre votre emploi? Votre femme vous a quitté ou simplement vous vous trouvez (trop) loin de l'être cher ? Ce disque sera le compagnon idéal de vos moments de solitude. Une écoute de ce disque refile instantanément la pêche, recharge les accus, pour tout dire on se sent mieux. Un disque qui devrait être remboursé par la Sécu.


Frank

Tracklisting :

1 - Take You Home
2 - Service For The Sick
3 - Drive Me Wild
4 - Junky Queen
5 - Sad City
6 - Contagious
7 - Bittersweet Kiss
8 - Paddy Wagon
9 - City Girls
10 - Thought I Was Dead
11 - Yeah Allright

Très peu de vidéos sont malheureusement disponibles sur le net ... et deezer ne propose même pas l'album en écoute... Heureusement il reste le myspace du groupe :
http://www.myspace.com/therichmondsluts





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