20 décembre 2008

Sr.Chinarro - Ronroneando (2008)

Antonio Luque, l'homme qui se cache derrière le vrai-faux groupe Sr.Chinarro, livre ici son onzième album. Méconnue, la musique du Sévillan mérite pourtant que l'on s'y arrête. L'homme se dit influencé par Cure, Echo & the Bunnymen, New Order, et a commencé sur le label madrilène Acuarela, célèbre pour ses productions oscillant entre rock éthéré à la 4AD et pop sombre. Ce n'est donc pas chez Sr. Chinarro que l'on trouvera des espagnolades pour fin de repas de communion...
Avec son deuxième album pour Mushroom Pillow, label de La Corogne, Sr. Chinarro propose un disque aux belles teintes pop et folk, qui évoque parfois les New Yorkais de Luna. Elégant, le disque bénéficie d'une production soignée, qui met en valeur la beauté des guitares, dont les entrelacs illuminent l'album.
Le premier morceau, "Los Angeles", avec sa basse grondante typiquement new wave, débute l'album en beauté. Tout au long du morceau, un clavier jette quelques nappes froides. Luque, d'une voix détachée, murmure que les anges n'ont pas de sexe. La mélodie est parfaite, tout y est, on se dit que l'on tient un des meilleurs morceaux de l'année... Avec "Timidos", l'atmosphère se réchauffe un peu, tandis que, clin d'oeil à Morrissey, Luque scande "Timidos del mundo, unidos ! ". Rarement slogan n'aura été aussi paradoxal. Le morceau suivant, "Los amores renidos", aux guitares plus acérées, plonge un peu plus l'auditeur dans le bonheur. Les cordes sur "Anacronismo", le basson et la slide guitar de "La parra marchita" habillent avec beaucoup de classe ces deux titres. Plus loin se niche une véritable pépite. "San Antonio", entre bossa nova et jazz, est le bijou du disque, un morceau parfait. Curieusement, Luque enchaîne avec un morceau de fête foraine, où une mandoline se déchaîne. Plutôt balourd, le morceau fonctionne curieusement bien, en contraste à la beauté de "San Antonio". Les trois derniers titres de l'album sont moins convaincants, mais ne déméritent pas.
Avec Ronroneando, Sr.Chinarro donne la pleine mesure de son talent. L'écriture est racée et élégante, toute en finesse, avec un réel souci de variété. Peu d'artistes peuvent ainsi mixer pop, folk, new wave et bossa ! On ne peut que souhaiter un plus grand retentissement aux disques d'Antonio Luque, qui demeurent largement sous-estimés en France. Quoi qu'il en soit, c'est d'Espagne qu'est venu un des meilleurs albums de 2008.

Mr. Pop

(http://www.myspace.com/srchinarro)

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