Samedi 13 mars 2010 : Laurent Garnier est à la salle Pleyel à Paris.
La salle Pleyel...Haut lieu de concert de musique classique.
Un symbole. 10 ans après son concert à l'Olympia (de la musique électronique dans une salle de concert...!), le Dj décide de mettre le feu là où transpire la quiétude des violoncelles.
20h15.
Les lumières s'éteignent.
Le son monte crescendo. La rythmique s'affole. Les projecteurs irradient la scène, couvrent les murs d'ombres chinoises, donnent la couleur juste à chaque son : l'atmosphère est électrique. Le public aussi. Évidemment, tout le monde est assis sur son joli fauteuil rouge bien moelleux. Laurent Garnier : « vous savez, personnellement, je n'ai aucun souci avec le fait qu'on se mette à danser... ».
Quelques minutes plus tard, sous l'assaut des saxos, le public se lève en transe...et restera quasiment debout jusqu'à la fin des plus de 2h30 du SHOW. L'assaut des saxos ? Parfaitement. Pas moins de 4 (!) bonshommes s'occupent des cuivres sur la gauche. Au fond, un batteur. A droite, un claviériste, qui claquera d'ailleurs plusieurs fois des accords rageurs sur une guitare. Au milieu, un mec à la console pour le déchaînement des sons. Et sur quelques morceaux, Anthony Joseph, poète britannique posant sa voix de grand black sur des instrus apaisés. En chef d'orchestre, Laurent apostrophe les musiciens, leur envoie des signes et ce, tout en haranguant régulièrement la foule : « vous êtes sûr qu'on peut jouer cette musique à Pleyel ?? ». Jusqu'à 9 musiciens sur la scène, alternant morceaux électro-jazz (façon Truffaz), drum 'n bass, dub, avec des éclairs de pur adrénaline explosant dans l'atmosphère, déchirant l'air qui finit par sentir la sueur à force de mouvements du bassin de spectateurs aux anges, hurlant les bras en l'air.
La priorité fut largement donnée au dernier album : Tales of a Kleptomaniac, fantastique album sorti en ce début d'année. Quelques classiques du maître Dj donneront le tournis à ses plus fidèles aficionados, tels Crispy Bacon ou The Man With The Red Face.
Non, vraiment, cette soirée à la salle Pleyel fut un sans faute.
Debout, tapant du talon, tambourinant le siège vide en face de moi (les gens étaient partis danser le long des murs...), les yeux happés par les jeux de lumière, j'avoue avoir vibré comme jamais.
Et...comme de bien entendu, l'acoustique de cette salle fut dément.
Il est plus de minuit, je termine de taper ce « rapport » sur le vif.
Nous sommes le 14 mars 2010.
J'entends encore cogner les basses et rugir le saxo.
Merci Monsieur Garnier.
Mr BOF.
Avec l'aimable autorisation d'ArteLiveWeb, une vidéo dudit concert !